LES DENTS DE LA MER 3

On en aura déversé des hectolitres de bile sur la gueule humide du squale star de ce troisième opus de la mythique saga Jaws. Scénario improbable, effets spéciaux complètement foirés, rythme à chier et paquet d’autres joyeusetés viennent témoigner de l’amour que porte le public envers cette œuvre que les analystes issues de l’intellect suprême du cinéma de genre se plaisent à catégoriser « nanar ». Alors c’est certain, et il n’y a même pas matière à débat sur ce sujet, la comparaison à l’égard de la bombe de Spielberg s’arrête bel et bien au titre du film. Mais en y regardant de plus près, la suite des méfaits initiateurs du gros Bruce n’est finalement, si l’on fait abstraction de la performance toujours impeccable d’un Roy Scheider plutôt chaud pour en découdre à nouveau avec du grand blanc, pas vraiment une franche réussite. Bestiau peu présent à l’écran, sérieux indéfectible dans le déroulement d’une intrigue molle de la caudale, et quelques passages à vide conséquent plombent méchamment l’ensemble du métrage. Là où Les dents de la mer 3 a au moins le mérite, malgré un lot assez monumental de défauts sur lesquels on va se pencher, d’être une pure série B fun et décomplexée…

Les restes du festin…

Le Sea World. Voici le nom que porte le parc d’attractions novateur imaginé par le businessman Calvin Bouchard. Un centre de loisirs conçu à coup de million de dollars et qui, comme son appellation l’indique, aura pour thème principal tout ce qui a attrait à l’océan. Et cela tombe bien, car les frangins Brody – les fils de qui vous savez – vont s’y retrouver afin de passer quelques bons moments en famille. Mais Mike, ingénieur en chef sur le complexe, va pourtant être rapidement confronté à un détail quelque peu perturbant : l’un de ses plongeurs a mystérieusement disparu. Et histoire de pimenter l’ensemble, ce qui reste du malheureux va être retrouvé le jour de l’inauguration tant attendu. Simple noyade ? Agression par un crustacé énervé peut être ? Ben non. Il semblerait qu’un requin doté d’un appétit dévastateur rôde au cœur du lagon…

THE séquence culte du film avec Simon MacCorkindale coincé dans la gueule du monstre.

Conçu à l’origine dans l’optique de devenir une parodie, le projet fût en définitive abandonné… partiellement… Jaws 3D a été mis en scène pour jouer ouvertement la carte du relief qui faisait alors fureur au sein des productions bis de cette glorieuse décennie (Amityville, Vendredi 13, ou encore en 1991 l’abominable Freddy l’ultime cauchemar). Une technique d’ailleurs souvent maladroite à l’époque, mais qui garde indéniablement un caractère hautement sympathique. D’autant plus que la bande de Joe Alves n’est pas avare dans ce domaine : tête de poisson sectionnée en introduction, membre amputé remontant lentement à la surface de l’eau, et gloumoute du mangeur d’hommes sont au programme du banquet annoncé. Certes, le rendu est parfois un peu grossier et pas super élaboré mais, même si clairement nous ne sommes pas sur Pandora, cela donne un réel plus à cette rocambolesque pellicule.

Après, c’est certain que si l’on s’attarde sur une poignée de détails parfois quelque peu embarrassant, on est en droit de la maudire cette satanée péloche. Mais moi je trouve ça drôle. Squale qui grogne avant de passer à l’attaque ou qui, coincé à l’intérieur d’un tuyau de filtrage va se mettre à nager en marche arrière : n’importe quoi… Un type happé par le fier descendant du mégalodon se retrouvant malgré lui à se débattre au beau milieu de la mâchoire géante du monstre; jusqu’à cette extraordinaire séquence de clôture voyant la créature boulimique traverser l’écran géant de la salle de contrôle du Sea World afin de régler définitivement leurs comptes à ses occupants ! Au niveau de la surenchère nous sommes copieusement servis. Et c’est ce qui fait en grande partie le charme de ces Dents de la mer 3.

Un requin qui a les crocs, et en 3 D qui plus est!

Ne tirant aucun avantage d’un casting pourtant très qualitatif, comptant tout de même Dennis Quaid, Louis Gossett Jr. et Léa Thompson (la jolie Beverly d’Howard une nouvelle race de héros mais aussi madame McFly de Retour vers le futur), Joe Alves, responsable des secondes équipes sur les deux premiers Jaws, va néanmoins accoucher d’une oeuvre hybride, se cherchant sans ne jamais se trouver, mais toujours généreuse dans ce qui va être porté à l’écran. Le stéréotype même d’un film conçut pour se savourer en laissant ses neurones en veille, et qui a le mérite d’offrir un spectacle relativement divertissant sans passer par la case Efferalgan en fin de projection. Et c’est déjà pas si mal !

LES DENTS DE LA MER 3

Joe Alves – Etats-Unis – 1983

Avec Dennis Quaid, Bess Armstrong, Simon MacCorkindale, Louis Gossett Jr, John Putch, Lea Thompson, P. H. Moriarty…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *