Jaws : La Revanche (Jaws : The Revenge)

On ne va pas vous recauser encore et encore du chef d’œuvre inégalé de Spielberg hein, rassurez-vous. Ni même de l’opus 2, suite on ne peut plus honorable, tendue et bien foutue, reprenant le personnage de Brody (Roy Scheider) qui repart à la chasse au squale pour une histoire qui, si elle est fort proche de l’original, se suit avec bonheur. La longue scène finale est même un excellent moment de suspens qui tient vachement la route. Quant au 3ème épisode, moins glorieux et qui pourtant se laisse voir sans déplaisir aucun, l’ami Tom s’en est chargé (ici) avec son brio habituel. Tout au plus, et avec son accord, j’insisterais sur le fait que la 3D (présente sur le Blu ray français) apporte un vrai plus et une bonne dose de plaisirs supplémentaires : profondeur de champs incroyable, projections, débordements et jaillissements très nombreux, un vrai plaisir coupable s’il en est car à l’époque, la 3D c’était du tape à l’œil et pour un film pareil, c’est tout ce qu’on demande. On a donc droit à toute la panoplie qui se respecte : membres arrachés, harpon, mâchoires de la bestiole…tout dans la gueule ! Clair que cette 3D apporte une réelle plus-value au métrage et qu’il FAUT le voir ainsi pour l’apprécier à sa juste valeur. Du fun en barres quoi. Ici, nous allons donc nous arrêter sur l’ultime opus de la saga de la famille Brody avec cette revanche qui va prouver que certains requins ont la dent dure, au propre comme au figuré.

A table, le dîner est servi !

Quelques mois après la crise cardiaque fatale de son shérif de mari (Roy Scheider refusa de reprendre son rôle donc zou, on le tue), attribuée selon elle à sa peur du grand requin blanc, la veuve Brody – toujours interprétée par Lorraine Gary – voit son fils cadet mourir également, dans des circonstances « mystérieuses » (dans le scénar hein parce que nous, on sait…). C’en est trop pour elle, qui pète alors un câble et commence à voir des requins partout (d’autres ce sont des nains, chacun son truc…). Son fils ainé, pas con, lui propose de le rejoindre aux Bahamas, où il est expert en biologie sous-marine, avec à la clef un double bill bienvenu : elle ne sera plus seule et elle pourra enfin revivre sans craintes puisque c’est bien connu, les requins blancs ne se baladent pas dans les mers chaudes. Aucune chance donc de voir apparaître la plus petite trace du moindre aileron, à part peut-être dans un potage au resto chinois du coin.

« Je l’avais dit qu’il nous fallait un plus gros bateau… »

Aucune chance ? Que nenni bien sûr, vous l’aurez compris. Sinon, 1) pas besoin de faire le film 2) la phrase de clôture du premier paragraphe – requin/dent dure, pour ceux qui ne suivent pas – n’aurait plus lieu d’être. Car notre squale préféré n’en a pas fini avec la Brody’s family et compte bien en boulotter tous les membres survivants (et les membres DES survivants aussi d’ailleurs). Animé d’un sentiment de revanche – ça tombe bien c’est dans le titre – il va traquer ses proies sans relâche, gros gourmand qu’il est. Et c’est donc reparti pour la mère Brody : au grand dam de son benêt de fils qui la croit repartie dans ses délires, elle va devoir affronter son ennemi juré pour qu’au final il n’en reste qu’un (Highlander’s style). Elle sera aidée par Hoagie, un pilote d’avion faisant visiter les îles avoisinantes aux touristes et qui aimerait bien aussi faire visiter son plumard à la veuve Brody. Hoagie c’est Michaël Caine. Enfin au générique c’est Michaël Caine, car à l’écran c’est autre chose. Sir Michaël déambule nonchalamment, peu préoccupé par ce qui se passe et l’air de s’en foutre royalement, en mode « je viens toucher mon blé et je vous emmerde ». Il ne s’en est d’ailleurs pas caché comme le prouve sa déclaration, pleine de flegme typiquement britannique, reprise dans la photo juste en dessous.

Savoureux, isnt’it ?

Caine est présent dans une des scènes les plus rigolotes du film : démentant de la plus belle manière le principe d’Archimède qui dit que « tout corps plongé dans l’eau en ressort…mouillé » (enfin, c’est presque ça…), l’ami Michaël, après une plongée dans la mer, remonte sur le bateau, sec et chemise repassée. Du faux raccord comme on les aime. Autre moment cocasse, dû cette fois à l’échec du film aux states : ze happy end de la mort qui tue ou plutôt qui ne tue pas ici. Je m’explique : lors de la sortie en Europe, le final du film fût modifié puisque Mario Van Peebles, qui finissait dévoré par le requin dans la version ricaine, s’en sort quasi sans une égratignure chez nous. Et franchement, quand on voit le gars qui se fait happer par le requin, entrainer dans les grands fonds, mâchouiller à grands coups de geysers de sang et quasi digérer mais qui revient à la fin faire coucou, frais comme un gardon, on se dit que c’est limite du foutage de gueule. Ou alors que la viande trop cuite n’était sans doute pas au goût de notre squale ( Stop Racism✌ )

Pas de panique Mario, contrairement aux apparences, tu vas t’en tirer…

Le film présente donc parfois des allures de grand bêtisier tant certaines situations prêtent à rire. Mais il n’est pas nul pour autant et nous offre quand même notre quota de séquences sympatoches. Le réalisateur Joseph Sargent (Le Cerveau d’Acier, Les Pirates du Métro), au contraire de tonton Spielby, n’hésite pas à montrer sa star aux dents longues, la dévoilant sous toutes les coutures : de près, de loin, sous l’eau ou hors de celle-ci lors de bons saisissants. Mais toujours impressionnant et instaurant la peur car de ce côté-là, le film est plutôt réussi – en témoigne l’agression d’une espèce de grosse banane pneumatique où ont pris place quelques gosses malchanceux – même si l’exagération est souvent de mise. Ainsi, là où un hélico faisait les frais de l’appétit vorace du requin dans le 2ème volet, ici c’est carrément un petit avion qui se retrouve au fond de l’océan. Vous avez dit surenchère ? Oui, mais on s’en tape un peu, c’est pas du côté de ce genre de film qu’on cherche la crédibilité.        

Bananaaaaaaa !

Fendard par instants, consternant dans d’autres, Jaws : Le Revanche reste amusant à revoir si on le prend pour ce qu’il est : un gros film de studio (23 millions de $ de budget quand même) qui fleure bon la série B, pas désagréable mais qui se prend parfois les tongs dans le sable et qui fait quand même souvent sourire…à ses dépens.

De Joseph Sargent (1987)

Avec : Michaël Caine, Lorraine Gary, Lance Guest, Mario Van Peebles, ….

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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