La Mort au Large (L’Ultimo Squalo)

La Mort au Large, le Décalquage au Tournant. Qu’est-ce que ça donne quand une production italienne sans le sou cherche à copier des concepts à succès du cinéma populaire américain ? Ca donne des films comme La Mort au Large, ou L’Ultimo Squalo, dans sa langue originale.

Nous sommes en 1981, soit 6 ans après le succès (monstre) de Jaws, et ses recettes colossales au box-office. De nombreuses productions partout dans le monde, envieuses d’un tel succès, ont depuis repompé le concept, parfois en l’adaptant un peu (Piranhas), et parfois en le réappliquant tel quel, au point de méchamment flirter avec le plagiat. C’est le cas de La Mort au Large, film d’Enzo G. Castellari, auteur de nombreux et excellents westerns et polars dans les années 60-70. Le film profitera en effet du filon développé par la Universal avec Jaws 2 et fera honteusement passer cette petite production très bis pour le 3ème volet officiel. Ce sera tellement voyant qu’ils iront jusqu’à se ramasser un procès de la part de la société-mère, qu’ils perdront évidemment, et sans avoir eu le temps de récolter quelques bénéfices sur marchandise auparavant.

Voilà donc, tout simplement, ce qu’est La Mort au Large, une copie au rabais des Dents de la Mer, un pur décalquage, tant dans son esthétique que dans sa structure scénaristique : un personnage découvre des morts inquiétantes en mer, suspecte la présence d’un dangereux requin et tente par tous les moyens de faire fermer les plages. Il se heurte malheureusement au refus des autorités de la ville, trop soucieuse des conséquences d’une fermeture des plages sur leurs activités touristiques. Un carnage finit inévitablement par se produire, ne laissant plus de doute sur la présence du squale, et pousse donc le personnage principal à partir à la chasse au requin en haute mer, accompagné (bien sûr) d’un vieux marin bourru ayant pas mal roulé sa bosse dans l’art délicat de la chasse au requin.

Le film souffre pas mal de la comparaison avec son aîné, évidemment. Déjà, si Jaws avait l’intelligence de prendre son temps quant à l’apparition du prédateur aquatique, ainsi que de se servir d’éléments de décor pour suggérer la présence du requin, La Mort au Large nous offre rapidement une succession de gros plan sur la bête, alternant entre stock-shot de vrai requin et gros plan sur un animal mécanique totalement inerte qui transpire le fake par tous les orifices. De plus, une bonne partie du casting semble clairement se demander ce qu’elle fout là vu son acting peu inspiré, un élément probablement pas mal renforcé par la VF du film (que je conseille bien sûr, ça le mérite d’être souvent très drôle).

La musique reste toutefois à sauver, une composition de Guido & Maurizio De Angelis, qui bien qu’un peu répétitive (bon, c’est aussi le type de production qui veut ça), a souvent le mérite d’amener une belle énergie à des séquences parfois un peu molles. Certes, ça ressemble furieusement à une grosse rustine mais c’est déjà pas mal. D’un autre côté, certains éléments de mise en scène très stylisés de Castellari, et là, je pense notamment aux ralentis, rendent certaines scènes d’attaque de requin très dynamiques, et ce malgré le caractère factice du monstre aquatique. Ça ne concerne bien sûr que quelques scènes-clés du métrage mais c’est déjà suffisant pour justifier un minimum les 84 minutes (ben oui, c’est de l’exploitation, c’est court) à investir dans le visionnage du film. Dans l’ensemble, La Mort au Large reste finalement un plagiat honteux et presque pas assumé du classique de Spielberg, mais un spectacle qui peut cependant rester plaisant pour toutes les amatrices et tous les amateurs de cinéma bis à l’italienne. Hé, et en plus, le film est disponible sur YouTube, et dans sa VF d’époque ! Au cas où la curiosité vous titillerait.

d’Enzo G. Castellari (1981)

avec : James Franciscus, Vic Morrow, Joshua Sinclair, Micaela Pignatelli,…

Vinouze
Atteint du virus depuis ma découverte d’une trilogie se déroulant dans une galaxie très lointaine, mon dada à moi, c’est le cinéma « bigger than life », même (et surtout) lorsque celui-ci est fauché comme le blé. Du blockbuster dantesque à la série Z gore, ma curiosité m’amène partout, avec une fameuse préférence pour les univers abordant le jeu vidéo depuis mes pérégrinations de gosse dans la peau d’un certain hérisson bleu.

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