Dreamscape

Qui n’a jamais eu envie de pénétrer les rêves d’autrui ? Avouez que l’idée est plutôt sympa, non ? A l’époque de la sortie de Dreamscape, le thème du rêve et de l’interaction dans ceux-ci était assez peu présent au cinéma. On peut toutefois se remémorer les deux classiques que sont Au-delà du Réel de Ken Russel et Brainstrom de Douglas Trumbull, plutôt sérieux. Ici, c’est plus le divertissement qui est à l’honneur mais comme ce n’est pas sale de se divertir au cinoche, plongeons-nous dans les délices multiples de Dreamscape.

Alex Gardner, un surdoué en télépathie, utilise ses dons pour gagner aux courses. Paul Novotny, un de ses anciens professeurs d’université, le convoque : à la tête d’un projet top secret du gouvernement, supervisé par Bob Blair, un haut fonctionnaire de l’état, Novotny voit en Alex un outil pour mener à bien ses recherches. Le projet consiste en effet à pénétrer les violents cauchemars de certains patients afin de les aider à vaincre leurs angoisses. Pour ce faire, il utilise des télépathes et Alex est tout désigné. Avec l’aide de l’assistante du docteur, la belle Jane De Vries, Alex se prête au jeu. Les premières expériences sont difficiles, en particulier avec le petit Buddy, dont les nuits sont hantées par un abominable homme-serpent. Bientôt Alex découvre que Novotny utilise un second télépathe, Tommy Ray Glatman, personnage peu recommandable, et il met le doigt sur un complot visant ni plus ni moins que le président des Etats-Unis…

Dennis et Kate jouent à Puissance 4

Pur divertissement donc écrivais-je plus haut, très eighties dans l’âme et mélangeant habilement fantastique et science-fiction avec une grosse pincée de thriller politique, le plat proposé par Joseph Ruben est également parsemé de petites scènes au potentiel purement horrifique, chose assez surprenante mais qui offre au spectateur quelques surprises sympathiques. Celles-ci sont d’ailleurs plutôt bien exploitées par le réalisateur notamment à travers les différentes réalités fictives dans les séquences fantasmées, variées et jamais redondantes. On passe du pur cauchemar – dans les rêves du petit Buddy ou dans les scènes finales – à un érotisme  un peu suranné lors du voyage dans le subconscient d’un patient victime d’impuissance sexuelle ou également dans la scène d’amour obligée entre le héros et l’assistante de Novotny. De vrais moments de tension sont également présents, ainsi que des réflexions habiles sur le pouvoir et ceux qui le détiennent, sur la course au nucléaire et à l’armement. Autant d’éléments qui permettent au film de ne pas sombrer dans une routine calculée et au spectateur de varier les plaisirs.

Navigant donc entre horreur, humour bon enfant et scènes de sexes, assez prudes mais présentes, le film adopte diverses ruptures de ton qui font qu’étrangement, il est plutôt destiné à un public adulte alors qu’il a été vendu différemment par la production. Ce qui a probablement nuit à sa carrière au box-office où il n’a pas fait des étincelles alors qu’il méritait pourtant bien mieux. En effet, la promo a été plutôt mal orchestrée – euphémisme – par la production : l’affiche, sous-titrée « L’Aventure est au bout du rêve » le présentait comme un sous-Indiana Jones ce qu’il n’est évidemment pas du tout. Détail amusant, l’héroïne du film est d’ailleurs interprétée par la belle Kate Capshaw qui jouera par la suite dans…Indiana Jones et le temple maudit, sorti la même année et qui deviendra Mme Spielberg à la ville. Le héros est campé par Dennis Quaid, alors au début de sa carrière en tant que tête d’affiche, charismatique en diable, défenseur de la veuve et de l’orphelin. Sympathique, on ne peut que s’y attacher malgré (ou grâce à) son côté chien fou.

The Walking Dead

Pour rester dans le casting, impossible de passer sous silence l’acteur qui incarne l’homme de main du vilain de l’histoire : David Patrick Kelly. Avec sa belle tête de rat musqué, il s’est fait une spécialité des rôles de fourbe, teigne, fouine et autres qualificatifs du même calibre. Deux de ses rôles les plus marquants : dans Les Guerriers de la nuit de Walter Hill, c’est lui qui déclenche la chasse aux Warriors ; et dans le Commando avec Schwarzy, il fait partie de la bande qui enlève la fille de ce dernier, l’ineffable Sully, auquel Arnold ment effrontément 😊 . On l’a revu récemment dans l’ultra jouissif John Wick où il joue un sympathique nettoyeur de cadavres. La distribution est complétée par le savoureux Christopher Plummer et par l’immense, par la taille et le talent, Max Von Sydow, comédien fétiche d’Ingmar Bergman (ron zzzzzz ron) mais également coutumier du cinéma dit populaire. Le président des Etats-Unis est quant à lui interprété par Eddie Albert, second rôle aperçu entre autres dans Le jour le plus long, Un silencieux au bout du canon (Duke ♥) ainsi que dans pléthore de séries télévisées.

Bouh !

Outre Brainstorm et Au-delà du réel, un autre film auquel on pense quand on découvre Dreamscape est Les Griffes de la Nuit de Wes Craven, sorti à quelques mois d’intervalle. Ce premier opus de la saga de notre Freddy préféré présente d’étranges similitudes avec le film de Ruben. La plus frappante, outre le point de départ, reste le personnage de David Patrick Kelly présentant des mains griffues lors de la scène du train dans le film de Ruben. Coïncidence ? Sans doute. Plus récemment, l’Inception de Christopher Nolan est basé sur un sujet très proche du film de Ruben et il n’est pas illégitime de penser que celui qui a ressuscité Batman s’est inspiré en partie du scénario du film qui nous occupe ici…

Freddy Krueger ? Une tapette !

Dreamscape accuse certes le poids des années, notamment par ses effets spéciaux qui peuvent sembler datés, à replacer cependant dans le contexte de l’époque. Mais des effets plus modernes commencent à y faire leur apparition et se mêlent donc aux techniques plus anciennes mais toujours pleines de charme comme la stop motion. Le film, certes parfois un peu bavard, reste constamment fluide à suivre et présente suffisamment de rebondissements pour tenir en haleine, rythmé comme il se doit et jamais emmerdant et la mise en scène de Joseph Ruben y est pour beaucoup. Ce dernier réalisa par la suite l’excellent Le Beau-père – l’original pas le remake qui pue du cul – avec le non moins excellent Terry O’Quinn mais le reste de sa filmo ne sera plus composé que de métrages largement dispensables tels que Les Nuits avec mon ennemi, Le Bon fils, Money Train ou Mémoire effacée.  

Petite remarque à l’attention des pervers pour terminer :  sur les éditions Dvd et Blu Ray sorties il y a quelques années chez Carlotta, la version proposée est très légèrement cut, avec un plan de quelques secondes sur la poitrine de Kate Capshaw qui est manquant… Triste nouvelle tant la demoiselle est charmante mais pas vraiment rédhibitoire pour apprécier le film qui reste encore aujourd’hui un excellent divertissement, intelligent, sympathique, parfois avant-gardiste sur certains points. Un vrai pop-corn movie dans le bon sens du terme. Un voyage dans le temps où le cinéma populaire ne s’appuyait pas sur des ficelles archi-rabattues pour séduire les spectateurs. Notons que le film s’est vu décerner le Corbeau d’or lors du Festival international du film fantastique de Bruxelles en 1985. Ah ces belges, quel peuple de bon goût…

Dreamscape : de Joseph Ruben (1984)

avec Dennis Quaid, Kate Capshaw, Max Von Sydow, Christopher Plummer, David Patrick Kelly, Eddie Albert

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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