Ca : Chapitre 2 (It Chapter 2)

Dernière adaptation en date du maître de l’horreur (du moins avant Doctor Sleep fin octobre 2019), It Chapter 2 était un film sacrément attendu. La raison ? L’utilisation d’un des matériaux les plus populaires de la carrière de Stephen King et le giga-succès du premier volet auprès du public lors de sa sortie en 2017, déjà dirigé par un Andy Muschietti dont le précédent et principal fait d’arme se situait dans la réalisation du film d’horreur Mama, sorti en 2013. Qu’en est-il donc de cette suite tant attendue ?

Nous voilà de retour à Derry. 27 ans après les événements du 1er volet, les meurtres recommencent. Mike Hanlon, seul membre du club des losers à être resté dans la ville après avoir vaincu Ça, rappelle ses anciens camarades pour tenter d’éliminer définitivement la créature. Pour ce faire, ils devront renouer avec un passé sombre enfoui dans leur mémoire.

Ça 2 est loin d’être un film parfait, déjà en tant que film d’horreur. En effet, Muschietti exacerbe ici un « défaut » déjà bien présent dans le premier volet, une utilisation abusive de jumpscares, niveau zéro de la transmission de la peur au cinéma. Le recours à ce genre d’outil n’est pas forcément un défaut, je pense d’ailleurs qu’une portion non-négligeable du public-type actuel du cinéma d’horreur est attiré justement par ce type de procédé. Ce que je reprocherais à ce second volet tient plutôt dans la systématisation de ces effets, un point noir qui cause 2 gros problèmes. Tout d’abord, le procédé peut très vite devenir assez irritant, surtout après s’en être ramassé 2 ou 3 en pleine tronche en l’espace de 5 minutes. Ensuite, le tempo du film étant tellement calibré, cela permet une lecture des scènes si évidentes que l’on peut sans problème anticiper les effets chocs au bout d’une demi-heure de film. À partir de là, la plupart d’entre eux ne sont même plus irritants, mais deviennent carrément monotones. Le film se rattrape tout de même grâce à quelques séquences bien pensées, notamment une scène où le clown tente d’attirer une petite fille sous des gradins en la manipulant. La situation crée de la tension en passant surtout par les dialogues et ménage ses effets graphiques, un parti-pris qu’il aurait été intéressant de voir ressurgir plus régulièrement.

Du point de vue de la direction artistique, ça reste cependant une belle claque visuelle, tant au niveau de la photographie, que des décors ou de la créature. C’est beau. Je lui reprocherais bien une surutilisation du numérique dans la représentation du clown, tendant à rendre relativement factices ses apparitions dans ses formes les plus graphiques, mais même là, ce que le film perd en réalisme, il le gagne en beauté graphique et le réalisateur, plutôt doué en composition de money shot, tend à imprimer assez efficacement nos rétines de certains plans iconiques.

A côté de ça, It Chapter 2 se coltine malheureusement un autre gros défaut, une hésitation perpétuelle dans son traitement entre pur film d’horreur et comédie horrifique. Les notes d’humour parsemant le récit arrive généralement tellement à contre-courant qu’elles désamorcent complétement les situations dramatiques dans lesquelles elles prennent place et font souvent l’effet d’un insupportable cheveu dans la soupe.

La plupart du temps.

Eh oui, à côté de ça, il faut reconnaitre que certaines scènes font mouche et ont même tendance à souligner et renforcer le sentiment de cohésion que l’on peut ressentir au sein du groupe de protagonistes. Ces interactions se manifestent plutôt via différents duo (Bev avec Ben, Richie avec Eddie) mais il n’empêche que ça fonctionne plutôt bien, comme dans le 1er volet, et amène un côté « feel good » pas du tout inintéressant pour une production horrifique.

Au final, It Chapter 2 tente réellement d’être bienveillant vis-à-vis du spectateur, il se loupe peut-être parfois, peut faire de drôles de choix d’adaptation, surtout au vu de sa longueur, 2h50 de film (je garde un sacré sentiment de frustration de la sous-exposition des compagnes et compagnons de certains membres du groupe), mais fait les choses avec panache et propose un spectacle visuel généreux, et finalement, c’est l’essentiel.

D’Andy Muschetti (2019)

Avec : James McAvoy, Jessica Chastain, Bill Hadler, …

Vinouze
Atteint du virus depuis ma découverte d’une trilogie se déroulant dans une galaxie très lointaine, mon dada à moi, c’est le cinéma « bigger than life », même (et surtout) lorsque celui-ci est fauché comme le blé. Du blockbuster dantesque à la série Z gore, ma curiosité m’amène partout, avec une fameuse préférence pour les univers abordant le jeu vidéo depuis mes pérégrinations de gosse dans la peau d’un certain hérisson bleu.

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