LES ENQUÊTES DE SPOOK ET NEWTON

Il aura suffit d’une petite excursion à la fête médiévale de Comblain-au-Pont (pour nos amis lecteurs, c’est un petit patelin en Belgique) et un arrêt sur le stand, bien achalandé, de l’éditeur Séma, pour y découvrir une pile d’un roman à la couverture alléchante.
L’Amérique de l’Étrange : Les Enquêtes de Spook et Newton, ne put qu’attirer mon regard, ce qui n’étonna en rien épouse et beaux-parents qui connaissent mon penchant pour le paranormal et ses mystères.
Force fut de constater, à la lecture du résumé, que ce bouquin était fait pour moi ! Une plongée dans l’Amérique post-sécessioniste faite de surnaturel et d’enquêtes haletantes, il n’en fallait pas plus pour sortir ma carte de banque.

États-Unis, New-York, 1868 ! Le pays de l’Oncle Sam se reconstruit doucement après la terrible guerre de Sécession. Thémis Newton, une jeune femme pleine de ressource, est la première du genre à rejoindre les forces de police.
Férue de sciences et de technologies, elle compte mettre à profit ses talents en la matière pour résoudre les enquêtes les plus ardues. Pour y parvenir elle pourra compter sur l’aide précieuse de son automate octopode: Sam !
Malheureusement, être une femme à cette époque n’est pas simple, et la pauvre est reléguée aux tâches les plus ingrates.
Jusqu’au jour où la chance vint à lui sourire. Un de ses supérieurs étant incapable de mener à bien une enquête mettant en vedette un voleur invisible, le commissaire lui confie le dossier. Pour Thémis, parée de certitudes, c’est l’occasion de démontrer à tous ces machistes ce dont elle est capable.
Au cours de ses investigations elle fera la rencontre de Jack Spook, un journaliste passionné par le paranormal. Á l’instar de la jeune policière, le bonhomme aura tôt fait de s’égarer sur les chemins les plus obscures – et assurément les plus invraisemblables – pour tenter de trouver les explications les plus farfelues à l’inexplicable.
Se retrouvant dans l’obligation de collaborer avec le journaliste, Thémis devra faire preuve de biens des largesses pour entrevoir les nombreux indices invisibles aux yeux d’un esprit aussi cartésien que le sien. Et si, finalement, les théories de Spook s’avéraient fondées ?

Quel bonheur ! Mais quel plaisir difficilement dissimulable que la lecture de ces premières aventures de Spook et Newton.
Un véritable coup de cœur qui trouve ses racines dans la nature même de ce qui est évoqué tout au long des cinq histoires qui parsèment l’ouvrage : du paranormal à la sauce X-Files ! On pourra d’ailleurs s’amuser de la similitude – volontaire ou non ? – avec les agents biens connus Scully et Mulder. Á croire que Spook et Newton sont de lointains ancêtres.
Des histoires courtes disais-je, mais reliées les unes aux autres par un fil rouge qui fait office d’intrigue rondement menée, et dont le danger guette continuellement nos fins limiers. De quoi tenir en haleine sur 271 pages avant de se heurter à la fracassante vérité. Mais avant d’en arriver là, il vous faudra plonger dans les méandres de l’inconcevable ! Vous êtes vous déjà demandé d’où pouvait provenir le goût si subtil d’un Johnny Walker ? N’avez-vous jamais eu l’envie d’en savoir plus sur les premiers pionniers qui ce sont installés à Roswell ? Des questions qui amènent à de surprenantes révélations – et encore je ne vous parle de celles qui sont de tailles – et qui, en dehors de ce fil rouge, nous invitent à vivre intensément ces petites histoires remplies de mystères et de choses étranges. La lecture en devient obsessionnelle tant on s’attache aux deux protagonistes et à leur fantastique voyage dans cette Amérique qui renaît de ses cendres.
Par ailleurs, on sent poindre une touche d’émotion par moment, par exemple lorsque les horreurs liées à l’esclavage sont évoquées sans équivoques, ou encore lorsqu’un homme éperdument amoureux croit avoir à jamais perdu sa bien aimée. Car la force de L’Amérique de l’Étrange réside aussi dans sa capacité à apporter une vraie profondeur narrative, évitant de tomber dans le piège trop facile de la simple présence d’éléments fantasques qui risquaient alors de plomber l’ensemble.Son auteure, Delphine Schmitz, a donc eu le nez fin en ne se laissant pas totalement envahir par une plume trop fougueuse. Elle parvient alors à distiller une ambiance qui place le lecteur en confiance et parvient à le captiver si fortement qu’il en redemande encore et encore.
S’il est à ce point galvanisé, c’est grâce à l’écriture rythmé de l’écrivaine. Sans jamais se parer d’effets de styles encombrants, Delphine Schmitz sait parfaitement garder l’équilibre pour mettre en valeur l’essentiel de ce qu’elle souhaite raconter. Ainsi, pas de grandes logorrhées qui finissent par rendre le tout complètement amphigourique, pas même d’interminables descriptifs pompeux qui alourdissent notre lecture. Non ! La fluidité est le seul mot d’ordre et l’évocation de cette Amérique qui sort à peine de ses souffrances est d’une beauté qui vous fera irrémédiablement voyager. Vous allez rêver et vous émerveiller, vous allez trépigner et frissonner, vous allez vivre une expérience haute en couleur qui vous ravira jusqu’au plus profond de votre chair.
C’est à cela qu’on reconnaît un grand auteur ; cette facilité qu’il peut avoir pour transporter son lecteur au cœur de son imaginaire fertile. Delphine Schmitz est de cette trempe et gageons qu’elle perdura dans cette voie, en tout cas moi, je n’en doute pas un seul instant. Par ailleurs, je vous invite déjà à découvrir son précédent ouvrage : Élixirs de nouvelles Steampunk ! Un pur régal lui aussi.

Auteur : Delphine Schmitz

Éditeur: Séma (http://www.sema-editions.com)

Genre : Steampunk, Western

Nombre de pages : 276

Format: A5

Ced Valentin
Avec un papa cinéphile qui me berça trop près du magnétoscope, il était tout naturel que j'attrape la bosse de la cinéphilie.
Ainsi, de mes petits yeux émerveillés je pu découvrir tout un tas d'univers qui, aujourd'hui encore, me fascinent : Horreur, S-F, Action, Polar, Western,... des genres divers et variés que mon daron aimait partager avec un fiston qui en demandait toujours plus et plus encore !
L'âge adulte n'ayant rien arrangé, je continue à m'approvisionner à un rythme frénétique, à regarder le plus possible de péloches, histoire de satisfaire un appétit insatiable.

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