Tales from the crypt – Saison 5 (partie 1)

Samedi 2 Octobre 1993, les Américains qui zappent le soir sur HBO ont la chance de visionner le premier épisode de la cinquième année des Tales from the Crypt ! Ces gros veinards ne le savent pas encore, mais ils vont bientôt découvrir une avalanche de pépites horrifiques ! Cette cinquième saison est clairement la meilleure de toute, elle contient beaucoup d’excellents épisodes et va assez loin dans l’horreur graphique et les délires cradingues… Si vous n’appréciez pas la boucherie-charcuterie et que la vue du sang vous fait mouiller votre slibard, passez votre chemin ! Pour les autres, accrochez-vous (et attachez votre ceinture, si vous êtes en voiture), on commence avec les quatre premiers épisodes…

Death of Some Salesmen
La saison cinq déboule avec enthousiasme, le couteau entre les dents et la bite à l’air, tel un rhinocéros en rut dans une jolie nurserie. Parfaite entrée en matière pour une saison qui s’annonce sanglante, Death of Some Salesmen est une véritable perle de l’anthologie, sans aucun doute l’épisode le plus répugnant de la série toute entière. Ce petit classique télévisuel offre à l’immense Tim Curry (le cousin de John Coriandre) pas moins de trois rôles à la mesure de son incroyable talent. L’histoire est basique, mais elle s’acharne avec un tel entrain sur le protagoniste principal (un abominable enculé, et le mot est faible) qu’on ne peut que jubiler ! Une sorte de Rape and revenge inversé, dans lequel le « héros » finit par payer son mauvais karma. Ed Begley Jr. (vu entre autre dans Six Feet Under ou plus récemment dans Better Call Saul) est un démarcheur à domicile doublé d’un arnaqueur sans envergure qui entube de pauvres petites vieilles fraîchement veuves… Tout va pour le mieux pour lui jusqu’au jour où il tombe sur la mauvaise maison, celle d’une famille de dégénérés dans la plus pure tradition du film de Redneck. C’est donc Tim Curry qui interprète la fratrie consanguine toute entière (mère et fille incluses) sous d’épais maquillages particulièrement malsains. Les trois personnage sont bien dégueulasses, mais la plus écœurante reste Winona, la progéniture difforme. L’ignoble fillette va d’ailleurs découvrir les plaisirs de la chair avec le pauvre escroc, qui préférerait sans aucun doute se faire sodomiser par un ours plutôt que de partager une partie de jambes en l’air avec ce monstre. Une scène incroyablement romantique qui pourrait bien rendre abstient les plus sensibles et fragiles des spectateurs (ou de provoquer un bon gros vomito, si vous vous aventurez à le regarder en mangeant)… Répugnant, vous voilà prévenus  ! Un concept trippant, une ambiance poisseuse qui lorgne du côté du survival et un festival Tim Curry, c’est ça qu’on veut  !

Et encore, là elle est habillée…

As Ye Sow
Après la déferlante gerbeuse du premier épisode, As Ye Sow semble diablement plus sage. C’est d’ailleurs un scénario adapté d’une histoire des Shock Suspens Stories, on est donc dans un tout autre registre, qui se rapproche davantage du polar. Et c’est finalement très bien comme ça. La vignette est réalisée par Kyle MacLachlan, fraîchement débarqué de Twin Peaks et venu se faire les dents derrière la caméra. Résultat, un épisode malicieux et amusant, mais aussi assez sage et appliqué, comme le gus lui-même en fait. En gros, aucune violence explicite ici, pas un poil de cul non plus, alors qu’il y avait quand même largement matière aux débordements graphiques ! Et y a pas de monstre non plus ! Remarquez, je ne vois vraiment pas ce que viendraient foutre des monstres dans celui-là. Il s’agit en effet d’une sorte d’enquête que mène un rustre à l’accent de mafioso (très bon numéro d’Hector Elizondo) qui soupçonne sa jolie fiancée de le tromper. Il faut dire que la donzelle est bien plus jeune que lui, qu’elle esquive chaque tentative d’accouplement et que franchement, il est quand même super con ce mec, qu’est-ce qu’elle fout avec un type aussi con ? Bref, le mec est méfiant et engage donc un privé qui va lui faire prendre conscience que Madame passe quand même beaucoup de temps à l’église, auprès du séduisant cureton de la paroisse… La mise en scène est assez basique mais elle illustre bien la paranoïa galopante du mecton par quelques amusants décrochages du réel. Amusants aussi le final diablement ironique, le caméo d’Adam West ou celui du génial et regretté Miguel Ferrer, grand pote de Kyle MacLachlan… Divertissant, mais il n’y a pas de monstres. Et moi j’aime bien les monstres bondieu !

Robiiin, à la Batcave !

Forever Ambergris
Et encore un putain d’épisode, diantre, cette saison se révèle tout bonnement exquise ! Premier constat ici, le super cool casting qui réunit pour l’occasion Roger Daltrey (le chanteur des Who), le grand Steve Buscemi et la bandulatoire Lysette Anthony, que le réalisateur nous montre plusieurs fois à poil, parce que c’est bon pour la cornée. Tous les ophtalmos dignes de ce nom devraient d’ailleurs prescrire des photos de la madame dans le plus simple appareil. Après la petite pause typée polar du précédent conte, on replonge ici dans le grand bain de la barbaque puante et de la boucherie-charcuterie faisandée : c’est même l’histoire toute entière qui baigne dans le cradingue puisqu’elle nous raconte les mésaventures de deux photographes de guerre, qu’on va bien sûr suivre sur le terrain… C’est pas joli-joli, et ça doit pas sentir très bon non plus… Mais finalement, le truc le plus puant reste le lien bizarre entre nos deux gars. Le perso de Daltrey est une superstar sur le déclin et celui de Buscemi est, à l’inverse, un jeune loup qui monte… De la saine émulation à la jalousie, il n’y a qu’un pas. Et de la simple jalousie au meurtre sordide, il n’y a, il semblerait, qu’un seul autre petit pas à franchir ! Plusieurs séquences nous valent de superbes maquillages dégoulinants dignes des plus beaux splatter gore ! Et pour couronner le tout, le twist final forcément ironique ne débarque pas chaussé de sabots taille 46, ce qui est assez rare pour être souligné… La guerre c’est moche, mais la guerre bactériologique c’est vraiment dégueulasse !

Qui a commandé une « quatre fromages » ?

Food for Thought
Avec le décorum du Vaudou, celui du cirque est sans doute le plus exploité au sein de l’anthologie. Et comme à chaque fois qu’un épisode utilise ce thème, la série nous sert une pastille aux relents de Freaks, qui se situe immanquablement au début du XXe siècle. Ambiance carnival surannée, femme à barbe et autres monstres de foire sont donc au programme de cet épisode classique, quoique vraiment plaisant. On y suit Zambini (campé par Ernie Hudson) le télépathe vedette d’une fête foraine ambulante et sa femme/assistante/esclave sexuel, jouée par la délicieuse Joan Chen (autre rescapée de Twin Peaks). La pauvrette subit son époux alcoolique et violent, tout en rêvant secrètement de jours meilleurs dans les bras du cracheur de feu, un poil plus sympathique que le vieux Ernie… Malheureusement pour elle, le gus est réellement télépathe et n’apprécie pas ses pensées impures ! L’interprétation d’Hudson est un des points forts du segment. Le gus en impose et sait se montrer inquiétant : constamment affublé d’un maquillage grotesque, il balance des regards de maniaque ou abuse de sa voix profonde et menaçante avec une certaine réussite. L’autre qualité majeure de Food for Thought est son ambiance. Au milieu de son récit, le réalisateur aménage en effet quelques séquences de vie en communauté au sein de la troupe. Les petites scènes qu’il octroie aux personnages secondaires n’ont pas réellement d’utilité narrative, comme par exemple la douche des sœurs siamoises, épiées par ce petit cochon de Phil Fondacaro. Pourtant, ces séquences participent à consolider l’univers de l’épisode. Et peu importe les décors rudimentaires et peu nombreux, l’atmosphère est bien là. Ainsi, avec une véritable économie de moyen, le metteur en scène parvient à rendre tangible ce petit cirque et tout son microcosme… Seul le twist final peut laisser perplexe, mais il ne vient même pas entacher ce Conte de la crypte très sympathique. Une fois la surprise finale connue, il est d’ailleurs amusant de revoir l’épisode et de se rendre compte de l’absurdité du délire… Mais pourquoi pas ?

Qui c’est qu’on appelle ? Heu… C’est lui, t’es sûr ?
Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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