Eerie Indiana, Part 2 (épisodes 6 à 10)

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Episode 06 : Just Say No Fun / Plus on est de Fous

En plus d’être des détectives en herbe, Marshall et Simon sont de vrais petits boute-en-train. « J’adore faire le dingue ! » hurle même Simon, complètement excité devant son bol de Corn Flakes. Cependant, depuis l’arrivée de la nouvelle infirmière scolaire, la vie est devenue moins amusante. Pour cause, tous les petits rigolos de la classe sont devenus de gentils élèves désormais plus prompts à réviser le théorème de Thalès qu’à glisser un coussin péteur sous le cul de leur voisin de classe. Avec cet épisode, la série aborde le sujet du zombie mais aussi un peu celui du body snatchers. Les kids agissent comme une seule et même entité comme les gamins du Village des Damnés, se déplacent en groupe comme les zombelards dans la trilogie de Romero et portent même des lunettes qui rappellent les accessoires de They Live… Ces thématiques donnent au segment un côté punk et anticonformiste mais au risque de ne pas vous surprendre, le sujet est ici pris de manière plutôt cartoonesque. Marshall découvre ainsi que pour libérer ses camarades de leur hypnose, il lui suffit de les fixer en portant une paire de lunettes à moustache… Cartoon, l’épisode l’est même dans son traitement puisqu’on y trouve beaucoup de plans serrés, souvent même en grand angle, et même des scènes à la première personne, deux procédés visuels qui ont tendance à donner un rendu bizarroïde à l’histoire. Il y a également ces scènes d’hypnose complètement folles dans lesquelles le visage flottant de l’infirmière se mêle à des objets et des typographies tordues… Si vous attendiez la preuve qu’Eerie Indiana est bien la version 90’s et enfantine de Twilight Zone, ne cherchez plus, elle est là ! L’épisode va même jusqu’à jouer la carte de l’univers 50’s pour ne plus laisser aucun doute à ce sujet. Pour le reste, Just Say No Fun reste un vrai classique de la série, un épisode à la fois agréable et efficace qui reste en mémoire, ne serait-ce que pour son imagerie déglinguée et son rythme soutenu ! Wampabadodum !

Mesdames et messieurs, voilà l’artefact qui va sauver l’humanité ! Non mais je déconne pas… Je vous jure !
Next stop… The Twilight Zone! Euh… Non… Pardon.. Eerie, Indiana!

Episode 07 : Heart on a Chain / Le Grand Amour

La principale différence entre Eerie Indiana et les autres séries fantastico-horrifiques pour les gamins des 90’s (Goosebumps en tête), c’est son ton résolument plus adulte. Et s’il fallait définir un épisode qui caractérise cette différence, ce serait sans aucun doute celui-ci. Dans Heart on a Chain, Marshall et son ami Devon tombent tous deux amoureux de Melanie, la petite nouvelle de l’école interprétée par Danielle Harris (Halloween 4 et 5, Hatchet 2 et 3). Aussi gentille et mignonne soit-elle, elle est malheureusement touchée par une maladie cardiaque qui la contraint à vivre dans le calme permanent… Pas de sport, pas de vélo, pas de skate, pas d’émotion forte… Bref, une vie plutôt peu palpitante (sans jeu de mot) pour une gamine de treize ans. Si je me passe de vous révéler le twist de l’épisode, je ne peux que vous affirmer que la chose est carrément surprenante par rapport au public visé. L’amour et la mort sont les deux sujets de cet épisode qui possède une certaine touche romantique, au sens noble du terme. De nombreuses scènes se passent ainsi dans le cimetière local et la musique est bien moins sautillante qu’à l’accoutumée. Bien qu’il réalise ici un épisode poétique et qu’il offre du volume au personnage de Marshall, Joe Dante n’en oublie pas pour autant de parsemer son Heart on a Chain de gags bien sentis. La mort, faux à la main, qui se balade entre les pierres tombales dans l’arrière-plan, les questions débiles de Simon ou les réactions de la famille Teller à l’arrivée de Melanie sont autant de moments qui permettent de ne pas rendre ce segment complètement angoissant. Et encore je ne vous ai pas parlé du moment où Elvis Presley en personne (nommé « le petit gros » par notre héros) donne des leçons de drague aux gamins… Bien dosé, proprement réalisé et très adulte, Heart on a Chain est probablement l’un de mes épisodes préférés et sans aucun doute le plus touchant. C’est que vous l’ignoriez peut-être mais il y a un  petit cœur qui bat sous mes pectoraux massifs…

Merde, j’ai oublié le panier de pique-nique !
Répondez-moi franchement… Y’a pas une gamine avec une frange toute cheloue derrière moi ?

Episode 08 : Dead Letter / La Lettre

Dans Dead Letter, Marshall réveille le fantôme d’un jeune garçon en lisant une vieille lettre trouvée au fin fond d’une bibliothèque poussiéreuse. À l’image du précédent, cet épisode est loin d’être le plus fun de la série. Pour cause, il y est encore une fois question de mort et d’amour. Notre détective de l’étrange doit ici jouer au facteur et réunir un couple déchiré par la mort et le temps. Assez adulte dans sa thématique, l’épisode joue la carte du fantastique dans sa forme. Ainsi, l’ectoplasme tristounet (et un peu relou aussi, avouons-le) interprété par le jeune Tobey Maguire apparaît soudainement à plusieurs reprises au-dessus d’une étagère, dans le reflet d’une glace ou dans le fond d’une assiette pour rappeler à Marshall qu’il a une tâche à accomplir. Creepy… L’épisode est également marqué par d’autres bizarreries visuelles complètement symptomatiques de la série. On a par exemple cet étrange passage lors duquel Marshall et Simon se disputent avec une mamie filmée en contre-plongée qui commence à casser des statues en porcelaine dans sa chambre en hurlant à la mort. Mais le passage le plus dingue de ces vingt-cinq minutes reste la scène dans laquelle le fantôme parvient à pénétrer dans le rêve tordu du jeune Teller. On y voit une gamine y faire de la balançoire en mode Fragonard, le reste de la famille y faire du tandem dans un ciel évoquant l’univers de Méliès ou encore le petit Simon y fumer des énormes cigares dans un costard blanc comme la neige. Tout cela est bien évidemment enveloppé de fumée au sol et de lumières colorées, bref tout ce qu’il faut pour en faire une scène qui fonctionne vraiment bien ! En conclusion l’histoire est relativement simple et l’univers graphique plutôt maîtrisé avec en bonus quelques fulgurances mais le plus gros intérêt de ce segment vient bien de sa morale qui invite à éviter les regrets amoureux… Mais pas que ! Une morale solide quoi et pas si con qu’il n’y paraît… C’est aussi ça Eerie Indiana !

Marshall, laisse moi réfléchir…
Papaaaa ! Y’a maman qu’a encore pété sur mon guidon !

Episode 09 : Who’s Who / Qui est qui ?

Non, dans Qui est qui ? Marshall et Simon ne participent pas au jeu TV de Marie-Ange Nardi mais se retrouvent face à une jeune fille, Sarah Bob, dont les dessins prennent vie aussitôt qu’elle les a signés avec un crayon trouvé dans la boutique du coin. C’est un tantinet plus excitant, non ? Quoiqu’il en soit, avec cet épisode, l’équipe créative d’Eerie Indiana trouve un moyen amusant de revisiter le mythe du savant-fou, Frankenstein style. Alors certes, le concept du dessin qui prend vie n’est pas nouveau mais il est ici parfaitement adapté à cette histoire qui met en avant une petite fille introvertie et mal dans sa peau dont la seule manière de communiquer est justement l’illustration. Encore une fois, la série met en relief les maux adolescents sans taper dans le pathos larmoyant. L’intrigue se base en majeure partie sur les rapports familiaux et on apprend rapidement que la petite Sarah ne connait pas sa mère et est forcée de vivre avec son père ivrogne et ses trois terreurs de frères toujours occupés à souiller leurs calbutes et à hurler dans la baraque en prenant soin de tout détruire sur leur passage. La gamine ne réfléchira d’ailleurs pas deux fois avant de mettre au pas cette bande d’incapables en deux coups de crayons une fois son pouvoir révélé. Ce qui est intéressant dans cet épisode c’est la manière dont le personnage de Sarah est à la fois bon et mauvais. On la blâme autant qu’on la comprend… L’écriture non manichéenne du segment permet encore une fois d’appuyer le ton adulte de la série qui, si elle s’adresse à un jeune public, fait en sorte de sortir des clichés narratifs habituels. Mais rassurez-vous, nous sommes à Eerie et tout n’est pas que sérieux ! On a donc le droit dans Who’s Who à quelques gags plutôt amusants dans un délire carrément kitsch comme cette ignoble fresque sur la porte du garage des Teller représentant nos deux protagonistes sur des énorme bécanes en mode Easy Rider ! Et pour conclure avec le sourire, l’épisode se termine avec un gros plan sur un personnage imaginé et dessiné par la petite Sarah : un homme de ménage nazi, affublé d’un costume de soubrette, avec la trogne de Dolph Lundgren et les dents de Laurent Voulzy. Bim ! Chelou ? Ben ouais, on est à Eerie !

Comment ça je me la raconte avec mon béret ? Tu veux que je te dessine des hémorroïdes ?
Une vraie jolie bande de nœuds… papillon !

Episode 10 : The Lost Hour / L’Heure Perdue

Comme vous le savez, une fois par an, il nous est demandé de retarder nos montres pour « gagner une heure », comme on dit. Pourtant, dans la petite ville d’Eerie, les paysans, apeurés que cela influe sur le comportement du bétail, ont décidé d’annuler ce changement d’horaire. Ce n’est pas du goût de Marshall qui refuse de se voir voler ainsi une heure de sa vie et qui décide de remonter tout de même sa montre. En se réveillant le lendemain matin, il se retrouve perdu dans une ville déserte… Il rencontre alors le laitier qui lui apprend qu’il se trouve désormais dans l’Heure Égarée (et non perdue comme annoncé dans le titre de l’épisode) et qu’il doit absolument trouver une solution pour retourner dans son propre espace-temps… Avant que les éboueurs ne parviennent à l’éliminer. Et comme si la chose n’était déjà pas assez ardue, notre petit héros doit également aider la jeune Janet, elle aussi perdue dans cette dimension. Que dire de The Lost Hour si ce n’est qu’il s’agit probablement de l’épisode le plus riche et dense de la série ? Se frotter à l’espace-temps est quelque chose de plutôt ambitieux pour ce genre de show mais l’équipe créative s’en tire sans aucun mal et parvient même au contraire à tirer encore la série vers le haut. Comment ? Eh bien tout simplement en poussant dans le rouge la mythologie d’Eerie Indiana. On se rend par exemple compte au visionnage de The Lost Hour que le camion du laitier a joué un rôle déterminant dans de nombreux épisodes précédents et on découvre de nouveaux éléments permettant d’expliquer l’existence même de la série ! Soyez attentifs à l’intro du générique jeunes gens… Et puis, pour ne rien gâcher, tout est maîtrisé dans les moindres détails. Sans être exhaustif il y a quelques éléments amusant à citer et qui permettent de créer un vraie cohérence… Par exemple, le caleçon de Marshall est orné d’horloges, comme un symbole de ce qui va arriver. Mais ce n’est pas tout puisque l’idée même que le laitier soit un gardien du temps perdu est cohérente avec le fait qu’on retrouve les portraits d’enfants perdus sur les briques de lait… Et que dire de ces méchants (et plutôt flippants) éboueurs dont les camions sont ornés du mot « REMOVAL » qui prend un sens tout autre dès qu’on a compris sa réelle signification. Bref, tout fait sens ici et c’est peut-être des détails pour vous… Mais pour moi ça veut dire beaucoup ! Outre le fait que les thématiques du temps et des univers parallèles soient pour moi des petites gourmandises, cet épisode est objectivement majeur dans la série. Ce n’est pas étonnant d’ailleurs qu’on le retrouve en plein milieu de cette seule et unique saison. C’est validé sans encombre et ça se glisse facilement dans le top 5 ! Soyez attentifs je vous dis !

Celle-ci indique l’heure de Limoges, celle-ci de Chartres et enfin, celle-ci de Vesoul…
Ici, Roger, Jacques et Francis, représentants du fan club Matrix de Charleroi !
Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique des fanzines Cathodic Overdose et Good Morning Captain, élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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