PARASITE

A une époque difficilement situable, que l’on va encrer dans un avenir proche, le monde tel que nous le connaissons a cessé d’exister. Suite à de radioactives radiations ayant ravagées la planète, les rescapés survivent tant bien que mal, et se terrent afin d’échapper au joug d’une organisation secrète à la solde d’un gouvernement rivalisant d’ingéniosité pour contrôler ce qu’il reste du peuple. L’un des outils envisagé de manière a asservir la population n’est autre qu’un parasite qui, une fois ingéré, va se nourrir de sa victime jusqu’à devenir suffisamment gros en vue de pouvoir s’en extraire. Le docteur Paul Dean, initiateur de ce projet, va comprendre trop tard l’objectif de ses recherches et, alors qu’il souhaitait anéantir ses travaux, va malencontreusement se faire contaminer par l’une de ses bestioles. Fuyant son laboratoire, le scientifique va trouver refuge au sein d’un hôtel miteux siégeant au cœur d’une petite bourgade perdue. Ses jours étant désormais comptés, l’arrivée d’un mercenaire œuvrant à la cause de l’oppressant régime et l’attaque inattendue d’une troupe de voyous, vont quelque peu retarder la mise au point d’un antidote efficace. D’autant plus que l’une des sangsues gloutonnes qu’il transportait va en profiter pour se barrer du conteneur qui la détenait prisonnière…

Ce qui s’appelle avoir des crampes d’estomac…

A cette période où il pouvait se targuer mieux que personne de cerner via une certaine forme de perfection les attentes du public amateur de série B, Charles Band va mettre en scène son troisième opus en endossant la casquette de réalisateur. Suite à un premier essai derrière la caméra en 1973 pour les besoins de Last foxtrot in Burbank, une sorte de parodie du Dernier tango à Paris, puis d’un Crash sorti 3 ans après ; c’est à l’aube des années 80 que le futur big boss d’Empire va enfin nous montrer le bout de son odieux Parasite.

Très rapidement, ce qui est assez amusant a constater avec ce film, c’est que notre Charly va déjà utiliser quelques formules dont lui seul a le secret et qui vont devenir une véritable marque de fabrique à même l’écurie Band. En ces temps malheureusement révolus, du sang type Roger rhésus Corman devait couler à flots au travers des veines du réal’ de Metalstorm qui laissait, d’ores et déjà, entrevoir un savoir-faire résolument singulier. Doté d’un scénario relativement banal mais plutôt propice aux débordements gores dont il allait nous gratifier, c’est en terrain conquis et familier que nous allons nous installer au moment d’entrer dans le vif du sujet de ce Mutenti, son titre destiné à l’exploitation italienne. Ambiances parfois finement travaillées et surtout très raccords avec la décennie où il fut conçu, fumigènes et grands renforts d’éclairages empreints de rose afin de parfaire le tout ; décors désertiques tendance post-apo à base de vastes étendues désolées et de monstrueux hangars en tôle décrépites ; et des personnages qui, s’ils ont occasionnellement le mérite d’être amusants, sont bien trop souvent carrément insipides : welcome to home Charles ! Surnagent pourtant un certain nombre d’éléments qui font sans conteste la magie de ce genre de prod’.

La bonne gueule!

Si, comme je le disais le jeu des acteurs est globalement affligeant, mention spéciale au très inexpressif Robert Glaudini et à un Luca Bercovici (à qui l’on doit les Ghoulies, donc respect éternel mec…) qui peine à faire passer la moindre émotion sous les traits de Rieus, le chef d’un groupe de loubards qui tuent leurs journées comme ils peuvent en terrorisant les 4 péquenauds du bled au milieu duquel ils ont atterri, nous avons tout de même le plaisir de voir la juvénile Demi Moore qui, du haut de ses 20 printemps apparaissait là dans son second long-métrage. Bien que loin d’être encore calibrée telle la nouvelle machine à faire bander star du sulfureux Harcèlement, celle qui passa tout de même en mode bis fantastique auprès de Carl Schultz par le biais du pas mauvais La septième prophétie (1988), ne va guère être mise en valeur. Via un rôle plutôt inodore et limite incolore la belle, spécialiste du pressage de citron sous toutes ses formes afin d’en extirper le jus (je ne déconne pas…), tisanes et autres mixtures – ils en ont de la chance les agrumes, n’est ce pas Pascal ? –, va passer la quasi-intégralité de l’histoire à se faire malmener, tabasser, injurier, bref, à en prendre plein la gueule. Après, il est certain que jouer les potiches chez Band est un peu moins confortable que d’aller façonner de la poterie sous l’égide de Zucker…

Même lorsqu’elle tourne pour Charles, on Band toujours autant pour Demi.

Mais l’élément le plus intéressant de ce B-movie ne réside pas dans la qualité de son casting, l’intérêt est à chercher ailleurs. Ayant pour nom Parasite, cette péloche va incontestablement convier le bisseux à la découverte de la créature susnommée. Conceptualisé par Stan Winston, le monstre, à l’allure au demeurant très sympathique, est une espèce d’horrible gastéropode baveux qui s’apparente à un gros anchois plein de dents. Si elle peine régulièrement à se déplacer, la limace gluante n’est pas avare en coups de crocs ravageurs et autres perforations d’abdomens. Ce qui fait qu’entre deux bastons molles du genou filmées au ralenti se déroulant en lieu unique, soit devant une station-service munie de pompes à essence qui ressemblent à de vieilles machines à pop-corn, les assauts de l’abomination rampante sont plutôt les bienvenues.

Tourné initialement en 3D mais souffrant d’une mise en scène fonctionnelle pas forcément très originale agrémenté toutefois de quelques idées pertinentes, Parasite demeure un pur produit d’exploitation formaté à la Charles Band du début des 80′. Une oeuvre imparfaite certes, mais généreuse et hautement divertissante. Du Charles grand cru en somme, surtout lorsque l’on fait le constat concernant la tenue de ses besognes actuelles, revoir ses premiers méfaits n’en est que davantage savoureux…

PARASITE

Charles Band – Etats-Unis – 1982

Avec Robert Glaudini, Demi Moore, Luca Bercovici, James Davidson, Al Fann, Tom Villard, Scott Thomson, Cherie Currie…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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