RAMBO : LAST BLOOD

« J’ai vu mourir ceux que j’aimais. Certains foudroyés d’une balle, d’autres si abîmés qu’il ne restait plus rien à enterrer. Toutes ces années j’ai gardé mes secrets, mais l’heure est venue d’affronter mon passé ! Et s’ils viennent me chercher…ils vont tous y passer. Je suis l’ange de la vengeance. Je veux qu’ils sachent…que la mort les attend. Et qu’ils ne pourront rien faire pour l’arrêter. »

Ce monologue accompagnait la bande annonce de ce Rambo : Last Blood diffusée quelques semaines avant la sortie au cinoche. C’est peu dire que ça m’avait foutu une trique d’enfer : Sly/Rambo – tout comme Sly/Rocky – est sans aucun doute un de mes personnages préférés du 7ème art, rien de moins. Une véritable icône à mes yeux comme à ceux de pas mal de mecs de ma génération aimant le cinoche qui a des burnes. Alors, après le choc que fût l’éclatant – dans tous les sens du terme – John Rambo en 2008, revoir l’ancien béret vert dans une nouvelle mission titillait furieusement mes glandes de mâle.

Le calme avant la tempête…

A l’arrivée, il me fait mal au séant de le reconnaître, il y a de la déception. Notamment parce que ce monologue vendait du rêve à la pelle niveau action et violence, annonçant une boucherie sans nom qui laisserait celle du 4ème opus sur le tapis. Or, si le film est (très) violent dans son dernier quart d’heure – j’y reviendrais plus tard – la brutalité et la violence présentes dans l’aventure birmane du film précédent restent de loin le sommet de la saga à ce niveau. Mais là n’est pas le plus important : tout à la joie de retrouver Rambo, on n’imaginait pas que le scénar serait aussi basique. Bien sûr le pitch annoncé était simple : Rambo, de retour dans le ranch familial a enfin trouvé un semblant de paix intérieure. Bien que toujours hanté par ses démons vietnamiens, il vit au calme, heureux, entouré de Gabrielle, qu’il considère comme sa nièce et élève comme sa fille, et la grand-mère de celle-ci. Quand Gabrielle est enlevée par des trafiquants de drogue au Mexique, John va bien entendu tenter de la retrouver et faire payer les responsables… Un pitch à la Taken quoi, ou un de ses (trop) nombreux ersatz. Ok dans l’absolu ça ne fait pas très « Rambo » mais pourquoi pas après tout si ça part un peu dans une autre direction au final. Le souci c’est que justement non, ça gardera la route tracée de bout en bout, sans aucune surprise. Et qu’on n’a jamais l’impression d’être « dans un Rambo ».

John a sorti ses outils….

Il faut dire aussi que la réalisation très DTV d’Adrian Grunberg n’aide pas. N’arrivant que très rarement à donner une certaine dimension à ce qu’il filme (la scène initiale où Rambo tente de sauver une famille égarée dans la forêt sous une pluie diluvienne est un des rares exemples de cinoche plus ample), le réal choisit les plans rapprochés, le montage souvent trop cut et parfois épileptique. Et quand on se rappelle des images parfois sublimes qui émaillent les quatre autres volets de la saga, on ne peut qu’être déçu par le caractère plan-plan de ce 5ème épisode. Alors quoi, il est si naze que ça ce Last Blood ? Non, quand même pas… Il se laisse même voir sans déplaisir, l’heure quarante passant comme une lettre à la poste (en passant, parenthèse : vu les délais mis par cet organisme pour délivrer nos courriers et autres colis, l’expression sus-citée devient de plus en plus ridicule et désuète… Fin de la parenthèse).

Et puis Stallone est impeccable : mythique et mutique, il est comme souvent, n’en déplaise à ses détracteurs, le point fort du film. Ce mec dégage une telle aura, un tel magnétisme qu’il bouffe l’écran comme peu peuvent le faire avec autant de puissance. Me vient en tête un autre acteur dont je suis ultra fan, le Duke John Wayne : lui aussi arrivait à remplir l’écran par sa simple présence, sans mot dire, juste avec un regard ou une attitude. Stallone est de cette trempe, comme un Mel Gibson l’est souvent aussi. Pour rester dans l’analogie avec Wayne, lors d’un plan furtif de ce Last Blood, voyant Sly sortir du ranch pour partir à la recherche de Gabrielle, j’ai pensé à La Prisonnière du Désert où John Wayne s’éloigne de la maison en contre-jour. Coïncidence ? Sans doute, mais troublant vu le scénario partiel des deux films.

Rambo des bois

Et arrive alors ce final où la vengeance de l’ex-soldat éclate, quart d’heure de violence jouissive au possible et ne lésinant pas sur les effets gores et sanglants. Les narcos ont versé le premier sang, ils vont laisser jusqu’à la dernière goutte du leur : accueillis sur la propriété par un mur de flammes, ils sont vite piégés dans les tunnels labyrinthiques façonnés sous le ranch par Rambo – souvenirs du Viet-Nam assurément – et vont subir la colère de celui-ci, notre homme leur déclarant une guerre comme ils n’en ont jamais vue… Sans aucune pitié (on le sait, Dieu en a, Rambo pas…), enragé, il les élimine méticuleusement un à un et sans faire dans la dentelle. Fourche, balles, clous, grenades, flèches, machette : tout est bon pour que les ennemis, totalement dépassés, soient transformés en chair à saucisse sans avoir le temps de demander leur(s) reste(s). Un véritable enfer pour eux, mais pour Rambo, c’est chez lui et il devient leur pire cauchemar…Même si cette partie est un peu trop vite expédiée à mon goût, elle éclaire sur la quasi invulnérabilité du mec et surtout sur l’impuissance des truands mexicains de seconde zone face à un vrai soldat, un combattant d’élite expérimenté contre lequel ils pèsent autant qu’un petit pois face à un burrito grande bien chargé en viande.   

John travaille d’arrache-pied…

A ce sujet, un petit mot concernant les « éminents » critiques, principalement ricains (mais pas que), qui ont taxé le film de raciste ! Ils semblent découvrir que Rambo tue des mecs pas gentils. Or, si on fait abstraction du premier – et meilleur opus -, que voit-on dans la saga ? Dans le 2, Rambo dézingue du méchant viet-cong à tour de bras ; dans le 3, il dessoude du méchant ruskov à qui mieux-mieux ; dans le 4, il atomise du méchant birman par dizaines. Et donc fort logiquement, vu le sujet, dans ce 5ème film, il déglingue du méchant narcos mexicain avec délectation. Le point commun : ce sont des méchants, comme je me suis plu à le répéter plusieurs fois. C’est raciste ça ? Ben non, c’est du cinoche d’exploitation : les bad-guys sont punis par le héros. Qu’ils soient mexicains ici n’a rien à voir avec du racisme, c’est juste le sujet du film les mecs, pas la peine de s’outrer pour si peu. C’est vrai qu’avec un président qui se prend pour Bob le bricoleur et veut monter un mur à la frontière américano-mexicaine, il est de bon ton d’être outrageusement politically correct et donc de s’offusquer face au traitement subi par les mexicains dans le film, ça fait toujours bien sur un cv. Mais ici ce sont avant tout de vraies ordures et on prend un réel plaisir à les voir se faire éclater la gueule et le reste par notre ami John. Vous vous trompez de cible les gars, désolé…   

Poor lonesome cow-boy…

Déception donc que ce dernier (?) volet. Relative, entendons-nous bien, mais déception qd même. Surtout en regard du 4, formidable et parfaite conclusion de la saga d’un homme brisé qui, au prix d’une débauche de violence rarement vue à l’écran, finissait par retrouver un certain goût à la vie en retournant chez lui, enfin apaisé. Dommage Sly, sur ce coup-là, contrairement à Rocky qui n’en finit plus de surprendre par ses retours réussis, tu aurais sans doute dû en rester là… Mais je t’aime quand même va, et pas qu’un peu…     

De : Adrian Grunberg

Avec : Sylvester Stallone, Yvette Monreal, Paz Vega, Sergio Peris-Mencheta, …

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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