Eerie Indiana, Part 3 (épisodes 11 à 15)

Episode 11 : Marshall Theory of Believability / La Théorie de Marshall

Un beau matin, Marshall et Simon découvrent sur la place centrale d’Eerie le musée ambulant du Docteur Zirchron. Tous les curieux du coin s’y retrouvent pour admirer des fœtus de porcs siamois, des têtes de vampires, des momies centenaires ou encore des photographies (nettes !) de soucoupes volantes. Dans l’excitation et le doute que suscite son arrivée, le professeur annonce aux habitants de la ville qu’un objet volant non identifié d’origine extra-terrestre va s’écraser dans la campagne environnante… Il n’en faut pas plus à nos adolescents adeptes de paranormal pour sortir leurs lunettes astronomiques et faire des nuits blanches au clair de Lune… La Théorie de Marshall est un épisode visuellement très riche. Ce gros camion décoré à la main rappelant l’univers des freakshow n’est qu’un élément parmi tant d’autres dans un segment qui convoque des grosses cuves remplies de liquides fluos, des drôles d’objets tordus ou encore des têtes de monstres. Éclairages, gros plans, fumée au sol, tout est là pour satisfaire notre soif de mise en scène fantastique. Malheureusement, faute de durée, ce décorum, aussi fourni soit-il, n’est pas réellement exploité dans la trame narrative. On se retrouve en effet devant un épisode assez bavard qui met en scène la tristesse d’un monde adulte blasé, plus occupé par l’argent et la reconnaissance sociale que par le besoin de magie et de découverte. Dans un certain sens, La Théorie de Marshall, avec son twist attendu mais amusant, nous rappelle que l’innocence et la fougue de la jeunesse sont de bien meilleures valeurs que celles du monde sérieux des figures d’autorité (parents, politiques, personnalités…). Par exemple le maire, énervé par l’annonce étrange de Zirchron, le chasse de la ville mais finit tout de même par commercialiser des t-shirts à l’effigie de l’OVNI pour remplir les caisses du patelin ! Une chose est claire, toutes les réactions des adultes sont moins pures que celle de Marshall et Simon, uniquement poussés par leur curiosité et la soif de découverte ! We want to believe semble nous dire la série qui nous invite ici à conserver notre âme d’enfant dans un « petit monde qui grouille de petits esprits ». On aurait apprécié plus de folie là-dedans, mais l’essentiel est là, à savoir le divertissement efficace et la petite morale qui va bien…

Et dire que mes parents trouvent ma chambre bordélique…
Alerte bouboule de l’Espace !!

Episode 12 : Tornado Days / L’Ouragan

Chaque année à Eerie, le gros Bob, un ouragan, vient souffler dans les rues et vérifier que les habitants de la ville sont bien occupés à lui rendre hommage lors d’un festival dédié au phénomène météorologique. Dans cet épisode, Marshall, étonnamment incrédule, décide de rester dans la maison familiale lorsqu’on lui explique qu’il risque d’énerver la tornade s’il ne file pas avec les autres manger des saucisses dans la salle des fêtes. Courroucé par cet affront, le gros Bob souffle fort sur la petite ville de l’Indiana et refuse même de partir. Aidés d’un scientifique tombé du ciel (comme dirait l’autre), Marshall et Simon affrontent donc le cyclone en communiquant avec lui via les hauts parleurs de la municipalité. Pour être tout à fait honnête, Tornado Days est un épisode un peu décevant tant il s’avère linéaire. Il n’y a ici que deux éléments qui viennent réellement casser la monotonie de ce segment mis en boîte par Ken Kwapis. Le premier élément, c’est ce scientifique frapadingue qui se promène dans un module métallique au cœur même des cyclones et qui élabore des théories farfelues sur les cyclones.  « Évidemment qu’ils sont vivants, sinon, pourquoi leur donnerions-nous des prénoms ? ». Le gusse s’agite dans tous les sens et parle avec un charabia météorologique sans queue ni tête quand il n’est pas occupé à  insulter les tornades. « Ta mère est une tempête de troisième catégorie ! » lance-t-il à un typon belliqueux. Un personnage sympathique quoi… Le second intérêt de cet épisode vient du portrait moqueur de la société rurale américaine qui ne peut s’empêcher de fêter tout et n’importe quoi, y compris les catastrophes naturelles. Tant qu’on peut manger un hot-dog, élire une miss et faire une tombola pour gagner un produit 100% made in America… Tout va bien… Malgré cela, Tornado Days reste un épisode trop sage et sans image forte. La chose est d’autant plus étrange que l’épisode dix-huit, également réalisé par Ken Kwapis, est un vrai condensé de folie bien rythmée… Mais on y reviendra…

Dites donc, les enfants, arrêtez de m’appeler Flagada Jones !
Coucou Ragan, ici Clone !

Episode 13 : The Hole in the Wall Gang / Le Vieux Cowboy

Une maison hantée et un cowboy fantôme, voilà de quoi donner le sourire à n’importe quel gamin des 90’s ! The Hole in the Wall Gang pourrait même bien être l’un des meilleurs épisodes de la série. Pour cause, dans ce treizième segment, Marshall et Simon n’ont pas le temps de respirer. En plus de réveiller un fantôme crétin bien décidé à tenter pour la vingt-et-unième fois de cambrioler la banque d’Eerie, nos deux héros font connaissance avec de nouveaux personnages qui deviendront récurrents : Dash X, un étrange ado aux cheveux gris sans parents, sans passé, sans maison et le nouveau Radford (le vendeur de la boutique principale de la ville), interprété par John Astin connu pour son interprétation de Gomez dans La Famille Addams des années 60. Dernier épisode réalisé par Joe Dante en personne, Le Vieux Cowboy est complètement fou et met en scène un grille-pain hanté, un Marshall travesti en fermière de l’Ouest et une tripotée de figurants rappelant les autres épisodes de la série, densifiant encore davantage la mythologie du show. Bref, c’est riche et on sent que le papa des Gremlins ouvre grand les portes dans le seul et unique but de se faire un bon gros kiffe ! L’épisode regorge de petites trouvailles visuelles comme ce six-coups qui commence à rouiller dès qu’il tombe des mains de son propriétaire ou encore cette scène d’intro qui donne l’impression de visiter un train-fantôme, monstre gluant et lumière stroboscopique à l’appui. Bref, un épisode vitaminé et dense, comme je les aime et surtout une bonne manière de lancer le sprint final d’une série qui arrive déjà à ses trois-quarts.

Bouh !
 Est-ce que c’est toi John Wayne ? Ou est-ce que c’est moi ?

Episode 14 : Mr. Chaney / Monsieur Chaney

Réalisé par Mark Goldblatt, l’homme à qui l’on doit l’excellentissime Flic Ou Zombie, Mr. Chaney aborde, comme son nom l’indique, la thématique de la lycanthropie… Au cours d’une énième fête stupide à Eerie, Marshall est couronné Roi de la Moisson et doit passer une nuit de pleine lune dans la forêt avec un certain Monsieur Chaney interprété par Stephen Root. L’épisode n’est pas très surprenant mais reste carrément agréable. Sa linéarité est contrebalancée par une bonne dose de références qui font sourire. Outre le nom de ce mystérieux monsieur, faisant évidement référence à Lon Chaney Jr. qui joua le Wolfman pour la Universal dans une dizaine de films, les scénaristes se permettent quelques excentricités comme lorsque Radford annonce qu’ « ils passent Hurlements sur le câble ce soir » et que « c’est un film formidable ! ». Volontairement vieillots les décors de sous-bois brumeux permettent d’enrober le segment d’un certain charme désuet qui rappelle les vieux films de monstres, toujours dans cette démarche de référence au fameux Wolfman. Si la transformation d’un personnage en lycanthrope lors d’un morphing 3D plutôt cracra n’est pas vraiment du niveau des folies poilues de Rob Bottin et Rick Baker, le masque de loup, bien que plutôt rigide, fait carrément le taf. La scène dans laquelle le monstre se retrouve coincé dans la cuisine des Teller, lumière éteinte pourrait presque encore me faire flipper si j’avais vingt ans de moins… Une autre force de cet épisode, c’est sa critique du mensonge et de la manipulation politique. Le personnage du maire est ici présenté comme le dernier des connards, n’hésitant pas à manipuler des élections et à envoyer ses concitoyens vers une mort certaine… Et avec le sourire ! Un petit tacle à l’establishment, un streum qui fait son boulot, une ambiance aux petits oignons, un final avec un smoothie crado décoré d’un globe oculaire et une réal carrément agile font donc de ce Mr. Chaney un excellent épisode qui ne pourra que donner envie aux plus jeunes d’aller explorer les sombres caveaux de la Universal !

Non, je vous le répète, je ne suis pas un sapin de Noël !
Et merde, j’ai encore déchiré mon pyjama…

Episode 15 : No Brain No Pain / Le Voleur de Cerveau

Dans cet épisode au titre digne de figurer dans la filmo de Wynorski, on retrouve Marshall et Simon aux prises avec un savant-fou (comme tous les savants du coin) et une drôle de nana armée d’une robe en cuir et d’un pistolet laser. Nos deux jeunes comprennent que le scientifique a inventé une machine permettant de transvaser l’esprit d’une personne dans le corps d’une autre après avoir transité dans une cassette audio de The Knack. Farfelu, cet épisode l’est sans aucun doute et on a carrément l’impression de regarder une série B emballée dans les studios de l’ami Charles Band. On peut penser à Trancers par exemple avec cette photographie floue, ces éclairs rouges et bleus dans tous les sens et ces bidules électroniques qui font blip blip dans tous les plans. Visuellement, on retrouve également les décors atypiques des B-movies, à savoir une ruelle sombre et un entrepôt secret. Carrément décomplexé No Brain No Pain est interprété par des acteurs qui donnent tout comme Paul Sand, bloqué dans une imitation de Paul Reubens ou encore Anita Morris qui passe son temps à serrer les dents, pointer son taser sur la gueule des gens et dandiner du cul au son d’une version au violoncelle de My Sharona. Même le père de Marshall y va de son running-gag au travers duquel il exprime toute la fierté qu’il a de voir son fils se raser la barbe… Débilos mais rigolo. On retrouve dans cet épisode le personnage de Dash X qui apporte réellement de la texture à l’intrigue tout comme certaines phrases apparemment anodines qui viennent densifier la mythologie d’Eerie, Indiana. C’est le cas par exemple lorsque Marshall ouvre son cookie chinois et qu’il y apprend qu’il « vivra longtemps pour expliquer aux gens »… Mystère… Quoiqu’il en soit, on tient encore ici un épisode carrément divertissant, riche en éléments fantastiques, un segment qui sent bon le divertissement décomplexé et généreux. De toute façon un épisode qui contient une scène dans laquelle quatre personnages se retrouvent avec des personnalités qui ne sont pas les leurs, avec tout ce que cela implique de quiproquos, est forcément validé dans la joie et la bonne humeur !

Bonjour, j’aimerais une boîte de cirage et un nouveau rouleau de PQ siouplaît !
Bzzz bzzz brrrzzz brr zzz brzzz… (Je sais, j’imite super bien les éclairs)
Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique des fanzines Cathodic Overdose et Good Morning Captain, élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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