The Punisher

Après le massacre de sa famille par la mafia, l’ancien policier Frank Castle (Dolph Lundgren), laissé pour mort, décide, au grand désespoir de son équipier Jake Berkowitz (Louis Gossett Jr), de se venger impitoyablement. Traquant et éliminant sans pitié les criminels, il devient le Punisher…

Bien avant la déferlante de super-héros qui a envahi nos écrans avec plus ou moins de bonheur, de solides artisans se sont essayé à l’adaptation des cases de comics. Dans le cas qui nous occupe, avec à la barre Mark Goldblatt, on tient là un vigilante movie de la plus belle espèce qui explose la triste version du personnage « offerte » en 2004 par Jonathan Hensleigh avec Tomas Jane (Peur Bleue, The Mist) dans le rôle-titre et un John Travolta en roue libre. Celle de 2008 avec un Ray Stevenson (Rome, Thor) impeccable, était déjà nettement plus fréquentable, badass à souhait et offrant la violence graphique propre au personnage et totalement absente du film d’Hensleigh. Quant à la série Netflix mettant en vedette Jon Bernthal (The Walking Dead), on ne peut pas dire que ce soit mauvais – certains affrontements valent nettement le coup d’oeil – mais bordel, on s’y emmerde plus souvent qu’à son tour tant c’est d’une lourdeur dans le pathos du perso et, si le plomb est généreusement déversé, l’ennui devient régulièrement plombant lui aussi…     

Il portait des culottes, des bottes de moto….

Dans le cas qui nous occupe, l’action prend place sur fond de guerre entre la mafia italienne et les yakusas, ces derniers dominés par une patronne terrifiante interprétée par la glaçante Kim Miyori – boudiou, celle-là, elle fout les jetons ! – guerre dont notre Punisher va profiter pour régler ses comptes. Et ce dernier va traverser l’action tel un fantôme, un mort-vivant tout juste sorti de sa tombe. C’est d’ailleurs un peu le cas, Castle n’ayant pour unique raison de vivre que sa détermination à se venger… L’interprétation monolithique – collant comme il se doit au perso du vigilante – de Dolph Lundgren, les traits tirés, le regard vide et dépourvu d’empathie, renforce réellement cet aspect crépusculaire du personnage. Dolph est juste impeccable dans le rôle, parfait de sobriété et de froideur. Car il n’est pas là pour rigoler le Castle : ça castagne, ça mitraille, ça exécute, ça tire dans les balloches (oui, oui, c’est court mais on le voit) : que c’est jouissif ma bonne dame ! Exemple on ne peut plus flagrant : la longue scène d’action finale, assaut du repère des yakusas, fait énormément penser au plus bourrin des jeux vidéo avec les ennemis défilant les uns après les autres pour se faire occire sous nos yeux réjouis. C’est clair, contrairement aux méchants qui eux s’écroulent par dizaines, pas de temps morts dans ces 89 minutes de quasi pure action !

Make my day…

Le Punisher/Castle est magnifiquement traité tout au long du film, tout au plus peut-on regretter l’absence de l’emblème « tête de mort » ultra iconique ornant la poitrine de notre justicier. Mark Goldbatt a reconnu d’ailleurs à posteriori que c’était une erreur de s’en priver…et que ça a sans doute privé le film de pas mal de spectateurs aussi… Mais cela n’empêche pas sa pelloche d’être réussie et fidèle à l’esprit du comic book. Goldblatt, en plus d’être un monteur d’exception (True Lies, Terminator 1 et 2, Rambo 2, Hurlements, …), est un habile faiseur comme il nous l’avait déjà prouvé sur son autre film en tant que réalisateur, Flic ou Zombie, chroniqué il y a peu ici. Il sait ce qu’il fait le gaillard et son film tient la route de bout en bout, sa technique étant rodée. De quoi regretter qu’il n’ait pas persévéré dans la mise en scène, l’échec commercial relatif et injuste de ses deux réalisations étant sans doute à la base de sa retraite anticipée en tant que metteur en scène.

Noir c’est noir, plus aucun espoir…

Début 2016, The Punisher eut droit à une sortie DVD et Blu Ray inespérée chez l’excellent éditeur Ecstasy of films. Si l’édition collector Blu-Ray est aujourd’hui épuisée, le triple DVD et les éditions simples BR et DVD sont toujours dispos sur le site de l’éditeur et on ne peut qu’encourager les amateurs à en faire l’acquisition, tant qu’à faire en optant pour l’édition triple… En effet, alors que le disque principal contient la version sortie en salles avec une image et un son au top, les autres disques nous offrent deux montages alternatifs : l’uncut et le workprint. Soyons francs, l’uncut n’apporte que quelques secondes de plans plus violents ou sanglants mais néanmoins bienvenus, dont l’explosion de balloches citée plus haut. Ces courtes séquences sont d’une qualité technique nettement moins bonne, ce dont ne manque pas de nous avertir l’éditeur en panneau d’avant film. Le workprint est d’ailleurs également d’une qualité bien moindre, normal compte tenu du matériel disponible.

Joli, non ?

Et justement, parlons-en de ce workprint, gros point fort de l’édition (en sus du montage officiel, bien sûr). En plus de nous offrir une fin alternative plus directe, le gros morceau est une séquence de près de vingt minutes totalement inédites s’attardant sur Castle avant l’assassinat de sa famille, dans sa vie de tous les jours ainsi que dans ses relations avec son co-équipier, joué par Louis Gossett Jr (Enemy, Officier et Gentleman), seul personnage réellement positif de l’histoire. Une introduction qui aurait à mon humble avis mérité de figurer dans le produit fini ne fût-ce que pour montrer aux détracteurs du grand blond, ici avec des cheveux noirs, qu’il sait aussi, et très bien, jouer la comédie…

Franck Castle au naturel…

Un petit mot pour les fans du film : un excellent bouquin retraçant toute l’histoire du film, avant, pendant et après son tournage a été écrit par Jérémie Damoiseau, collaborateur régulier de Lundgren. Ce livre est le parfait complément de la galette Ecstasy qui, hormis une interview très sympa de Mark Goldbatt, ne contenait pas de making-of rétrospectif, seul tout petit bémol de cette superbe édition. Le livre avait été présenté ici il y a un paquet de mois, et il est toujours dispo. Avis aux amateurs.

The Punisher version Lundgren est un actionner réussi, bourrin, généreux, bien filmé, bien interprété et rendant hommage au perso qu’il met en scène :  que demande le peuple ? Vous, je ne sais pas mais personnellement, ça suffit amplement à mon bonheur.

de Mark Goldblatt (1989)

Avec : Dolph Lundgren, Louis Gossett Jr, Jeroen Krabbé, Brain Rooney, Kim Miyori…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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