Clue

Cluedo, le film ! Bondieu de bordel de merde, adapter un jeu de société en long métrage ne doit pas être chose aisée… Bon, c’est vrai que le Cluedo possède déjà un petit scénario (ce n’est pas le UNO quoi) mais quand même, ça marche du tonnerre, on s’y croirait ! Une vraie partie grandeur nature ! La totalité des éléments du jeu est bien présente, à commencer par les 6 étranges invités qui se réunissent pour un dîner mondain. Ils sont tous là, du fameux Colonel Moutarde à Mademoiselle Rose, en passant par le Professeur Violet, incarné ici par Christopher Lloyd ! Nous retrouvons aussi les 6 armes, les différentes pièces de la demeure et ses passages secrets, sans oublier bien sûr le meurtre mystérieux et la présence du coupable, qui est toujours parmi les convives et qui doit alors être démasqué ! L’ambiance du jeu est donc bien présente, renforcée d’ailleurs par des décors gothiques du plus bel effet et tout le décorum réglementaire : le vieux manoir qui surplombe la ville, la pluie torrentielle qui plic ploc sur les carreaux et les faux éclairs qui zèbrent le ciel… Je suis client à 300% (poil aux dents).

Mauvaises nouvelles : le rôti est trop cuit et notre hôte est mort.

Pour l’occasion, de nouveaux personnages font leur apparition afin d’étoffer un peu le récit, dont le majordome Wadsworth, campé par le génial Tim Curry (Vous savez, le vrai Pennywise, celui qui fait peur), la grosse cuisinière, la servante française au décolleté magique et Mister Boddy qui remplace le Docteur Lenoir originel et qui porte d’ailleurs bien son nom, puisqu’il sera réduit à l’état de pauvre cadavre durant quasiment tout le film. Le scénario suit donc celui du jeu, mais est largement étoffé pour lui conférer un peu plus d’intérêt et accentuer le lourd mystère. Mais putain de merde, qui est donc le coupable ? Comme vous pouvez vous en douter (enfin j’imagine), chaque personnage possède évidemment un secret honteux et compromettant que le maitre des lieux connaissait : tout le monde avait donc un mobile potentiel, une raison de zigouiller cette ordure de Boddy.

J’accuse le Colonel Moutarde avec la clé anglaise dans les fesses de Madame Pervenche.

Le tout est shooté un peu comme une pièce de théâtre, offrant ainsi aux dialogues une place prépondérante. Les répliques fusent et s’échangent du tac-au-tac, ce qui ajoute un élément nouveau par rapport au jeu d’Hasbro : l’humour, avec une avalanche de gags grotesques et slapstick qui fonctionnent à merveille. Tout est méga outré, ce qui rend à mes yeux cette ânerie encore plus charmante ! L’intégralité du casting semble en roue libre totale, les acteurs en font des caisses pour notre plus grand bonheur et on ressent d’ailleurs le plaisir communicatif qu’ils ont à s’échanger ces énormes bêtises et autres gifles. La palme revient sans aucun doute au charismatique Tim Curry, qui nous gratifie d’une grande performance d’acteur et d’un débit de paroles digne d’une mitrailleuse ! Sérieux, le mec porte quasiment à lui seul le film sur ses épaules. Mais la réussite du métrage tient vraiment à la troupe entière de personnages, super attachants, qui vont évidemment être obligés d’enquêter ensemble, malgré la méfiance, afin de découvrir l’horrible vérité… Ils sont tous excellents, mais mon petit préféré reste l’ineffable Monsieur Olive (incarné par le génial Micheal McKean), qui en soit est un gros gag. Tête de Turc attitré du clan, il se prend des claques à tout va et ses répliques sont tout simplement exquises, il est à mourir de rire !

Nom de Zeus, je vois deux énormes indices par ici !

Un petit côté slasher pointe le bout de sa truffe vers la moitié du métrage, et les personnages secondaires tombent alors un à un comme des mouches ! Et comble de bonheur, le dénouement est magistral ! C’est sûrement un des rares films que j’ai pu visionner qui propose trois fins totalement différentes, mais qui fonctionnent toutes… À vous de choisir en somme !

Ambiance géniale, acteurs au diapason, mystères mystérieux et humour décalé, Clue est un film délirant, original et incroyablement frais. Et complètement honorable, puisque l’adaptation reste donc fidèle au jeu. Une vraie petite réussite en somme ! Ces derniers temps, le genre du whodunit semble revenir à la mode, avec entre autre The Hatefull Eight (génial), la nouvelle adaptation du Crime de l’Orient express (ratage) ou encore À couteaux tirés (bon film) ; raison de plus pour redécouvrir ce petit pastiche déchaîné !

De Jonathan Lynn (1985).

J’espère que personne ne remarquera que nos cuillères respectives sont vides…
Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

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