LA CRÉATURE DES BERMUDES

L’humanité a toujours été fascinée par les phénomènes dont elle ne peut trouver une explication rationnelle. Des mystères de l’Île de Pâques en passant par le célèbre Triangle des Bermudes, il n’y a qu’un pas que la chaîne SyFy a décidée de franchir.
La chaîne spécialiste de la S-F sous toutes ses coutures prend donc un allé simple pour le Triangle, histoire de nous servir un petit téléfilm bien Z qui tente de trouver un éclaircissement à toutes ces anomalies qui rendirent cette zone de l’Océan Atlantique aussi tristement célèbre.
Et forcément, ça va partir dans tous les sens, alors accrochez-vous parce que ça va secouer grave !

« Pour sûr, c’est pas du poulpe! »

Air Force One, l’avion du président des États-Unis, survole le Triangle des Bermudes lors d’une nuit particulièrement orageuse. L’équipage, à l’idée de se trouver juste en son épicentre, fait soudainement sentir un certain stress, et compte tenu de ce que l’on raconte sur cet endroit, il y a de quoi avoir le trouillomètre à zéro.
Il avait bien raison de se méfier, puisque tout d’un coup la foudre s’abat avec une violence extrême sur l’un des moteurs de l’avion. Le coucou n’en a plus pour très longtemps à rester dans les airs, donc on décide de faire évacuer le président. Heureusement pour lui il ne s’appelait pas Trump, au risque d’être jeté par dessus bord, ou mieux encore, ligoté à son siège pendant que l’avion se désagrège. L’homme le plus puissant du monde va ainsi être placé dans une capsule de sauvetage, larguée au-dessus de l’Atlantique avec une réserve d’oxygène qui, si tout va bien, devrait garantir sa survie.
En gros, les autres allez vous faire foutre, vous pouvez crever et si vous êtes pas content, bin fallait devenir président !
Le bonhomme éjecté, c’est maintenant à une équipe de sauvetage de la Navy d’aller le récupérer. Leur chef, le premier maître Oliver, va devoir marcher sur des œufs avec le commandant des opérations, l’amiral Hansen. Ces deux là peuvent pas se blairer, donc ça commence plutôt pas bien.
Comme si cela ne suffisait pas, la journée du chef Oliver va être davantage gâchée par l’intervention d’un monstre marin, arborant des tentacules géantes qui paraissent invincibles.
Qu’est-ce donc que cette monstruosité ? Comment la vaincre ? Vu les ravages que le calamar provoque, pas sûr qu’il termine en pané chez Findus.
Si l’ordre est donné à l’équipe de Seals de récupérer au plus vite le chef de l’état, Oliver, lui, compte bien en savoir plus sur ce qui se passe au fond de l’océan.
Une décision qui, une fois de plus, va provoquer la colère de son amiral puisque le jeune homme décide de ne pas attendre les renforts, comme ordonné en plus haut lieux. C’est à bord du sous-marin d’exploration et recherche « Prometheus », lequel a été pensé par la jolie Lieutenant Plumber (et oui ça ne s’invente pas), qu’il s’élance comme un guedin vers des profondeurs abyssales. Le petit groupe de sauvetage ne tardera pas à se confronter à la terreur qui habite les fonds marins. Mieux encore, les soldats vont pénétrer au cœur de ce qui semble être une grotte, contenant un monceau d’épaves d’avions et de bateaux.
Le cimetière du Triangle ! Tiens, d’ailleurs, et si ce fameux endroit recelait d’une toute autre nature ?

« Putain, mais sortez moi de ce film!!! »

La société de production Asylum n’en rate décidément pas une. Du moins, cherche t-elle à s’abreuver à tous les râteliers, histoire de fournir à son partenaire SyFy toujours plus de pépites incroyables et surréalistes.
La société s’est déjà attelée à nous fournir des requins sous toutes les coutures, à trois têtes – et même cinq – attaquant aussi bien en mer que sur la plage, et surgissant même d’une tempête, et cætera serait-on tenté de dire, à la fois désabusé face à tant de péloches improbables, mais non sans un certain ravissement, tout bisseux que nous sommes et donc heureux de se satisfaire des créations made in Asylum.
Répondant une fois de plus à l’appel de l’océan, la voici donc en 2014 partie au cœur du Triangle des Bermudes, afin de nous concocter un de ces épisodes dont elle seule à le secret. Cette fois, point de squale, mais bien une sorte de pieuvre géante aux multiples tentacules dont la consistance dépasse l’entendement.
Faisant une fois encore appel à des effets spéciaux pourraves, La Créature des Bermudes ne risque pas de faire mouche auprès des spectateurs qui l’auront accueillis lors de sa sortie avec tous les déshonneurs dus à son rang ; c’est cheap à mort, et le casting ressemble à une belle bande d’amateurs. Même Linda Hamilton – dont on peut comprendre que pour bouffer il faut accepter n’importe nawak – ne parvient guère à briller. Il est loin le temps de Sarah Connor, et l’actrice paraît littéralement se morfondre dans un rôle qui ne semblait, à priori, pas si important mais qui garantissait surtout de pouvoir bien vendre le film sur le seul nom de la pauvre Linda.
Elle n’est pas la seule célébrité sur le pont, puisque la chanteuse et danseuse Mya viendra l’épauler, mais bon, soyons réaliste, qui se souvient encore de Mya ? Et a t-elle vraiment un impact positif dans ce métrage ? Permettez-moi de sérieusement en douter.
Très clairement, il n’y a rien de positif qui en ressort ! Mais le contraire aurait tout de même été assez étonnant, et il faut alors prendre cette daube comme une bonne grosse farce. Une farce qui tente d’élucider le mystère qui entoure le Triangle et, le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est à la fois original – comme souvent chez Asylum – et terriblement affligeant dans le traitement qui est apporté au scénario… comme souvent… enfin, bref, vous avez compris.
Le scénario de Geoff Meed s’articule sur deux aspects : le sauvetage du président qui, ouf! est un ancien militaire donc un bras de plus pour combattre le second axe de la bobine, à savoir, le monstre marin qui est, ici, le vrai leitmotiv de l’histoire. Le reste est juste un prétexte, souvent saugrenu, pour faire intervenir la vilaine bébête et permettre alors une dose d’action qui trouvera son apothéose lors de séances de tirs à la mitraillette et… au bazooka. Bah oui, faut bien que ça explose, sinon ce serait pas bien bidonnant.

« En avant Monsieur Sulu… euh merde c’est pas le bon film. »

Derrière la caméra on retrouve le nom de Nick Lyon. Le mec a pourtant fait quelques trucs qui étaient assez louables, on pense, entre-autre, à Un Intrus dans ma Maison, ou encore Bullet. Certes ce n’est pas le genre de réal’ dont on se rematera les films dans vingt-cinq ans en pensant au génie qu’il était, mais tout de même on pouvait s’attendre à meilleur résultat, tant sur le rythme que le sur les déplacements de la caméra qui sont, pour le coup, sans âme et pratiquement inexistants. Ce n’est pas la première fois que Lyon plonge dans les eaux sombres du Triangle des Bermudes, puisque, en 2011, il nous entraînait avec lui sur Le Triangle de l’Apocalypse – là encore pour la télévision – et on en vient à se demander si ce précédant film n’était pas davantage plus aboutis que la Créature.
Quoiqu’il en soit, si vous aimez voir des porte-avions se faire déchiqueter, si vous aimez voir une jeune lieutenant tomber sous le charme d’un jeune sous-officier de la Navy, et si vous aimez voir un président se souvenir que, jadis, il fut un héros de guerre, alors n’hésitez franchement pas à vous mater le truc, il est fort à parier que vous n’allez pas en ressortir complètement indemne.
Sachez, juste au cas où, que le film est disponible en DVD et Blu Ray, ou bien sur la plate-forme VOD de Amazon, à condition bien entendus de posséder un abonnement Prime. Afin de ne pas gaspiller vos sous inutilement, je vous conseille toutefois d’attendre une prochaine rediffusion sur SyFy, ainsi, vous ne serez pas rongé par les remords.

De Nick Lyon (2014)

Avec : Linda Hamilton, Mya, Trevor Donovan,…

Ced Valentin
Avec un papa cinéphile qui me berça trop près du magnétoscope, il était tout naturel que j'attrape la bosse de la cinéphilie.
Ainsi, de mes petits yeux émerveillés je pu découvrir tout un tas d'univers qui, aujourd'hui encore, me fascinent : Horreur, S-F, Action, Polar, Western,... des genres divers et variés que mon daron aimait partager avec un fiston qui en demandait toujours plus et plus encore !
L'âge adulte n'ayant rien arrangé, je continue à m'approvisionner à un rythme frénétique, à regarder le plus possible de péloches, histoire de satisfaire un appétit insatiable.

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