COUP DE GRIFFE MORTEL

Un soir, lors de sa pause cigarette, l’agent de sécurité d’un important laboratoire de recherches génétiques œuvrant dans l’optique de découvrir un remède en vue de soigner les maladies mortelles qui déciment l’espèce humaine, est porté disparu. Simple abandon de poste ? C’est en tout cas la version officielle qu’avancera la direction de la boîte de façon a calmer les ardeurs de la presse. Mais il semblerait qu’en réalité, le malheureux se soit fait sauvagement agresser par un mutant sorti directement des expérimentations plutôt douteuses de la firme pharmaceutique. Et ce qui tombe bien, c’est que David Allen, un ancien chimiste ayant bossé sur des tas de projets pas très nets en faveur de la boutique, va se (re)faire embaucher afin de remplacer le salarié démissionnaire. Prends garde Colombo, car l’enquête qui va suivre pour trouver la raison de tout ce bordel risque fort de nuire à la réputation de tes potes Derrick et consorts…

Coup de griffe mortel va débuter sous les meilleurs auspices, à savoir le meurtre – un peu – violent de l’employé de l’institut par une créature qui s’applique à le traquer avec la vision du Predator. Rien de mémorable dans ce passage, mais d’emblée, tu comprends rapidement qu’à défaut de visionner du Mc Tiernan il y a au moins une chance de découvrir un modeste Monsters movies qui s’annonce fun et décomplexé. On va vite déchanter… Sans attendre, s’enchaîne alors une présentation au hachoir du personnage principal, autrement dit un héros interprété par la gueule toute cassée de ce bon vieux James Brion, inoubliable Max Jenke sur le pas mauvais House 3. Bref, en à peine quinze minutes le réal nous a fait faire le tour du propriétaire et a planté son décor. Il n’y a donc plus qu’à envoyer la sauce pour la suite des festivités, sauf que la machine va carrément s’enrayer…

Un James Brion en mode somnifère.

Par le biais d’un flegme et d’un sérieux à toute épreuve, David Allen, persuadé qu’il se trame une chose pas très catholique au cœur des labos de son ex-patron, va donc profiter de son intégration au sein de sa nouvelle équipe pour mener une investigation : histoire de mettre en lumière les zones obscures liées aux essais pas très conventionnels que cherche à dissimuler le big boss de la boîte. Et c’est à ce moment que le calvaire va véritablement débuter. S’il existait un sous-genre que l’on nommerait film de couloir, alors Mutator (son titre en version originale) y siégerait aisément au panthéon. Car ce n’est pas bien compliqué, durant la quasi-intégralité du métrage, Allen va se contenter de rassembler les quelques collaborateurs encore présents cette nuit-là au taf – et heureusement ils ne sont pas légions sinon on aurait pris le risque de se le farcir pour trois heures – et emmener sa joyeuse troupe aux quatre coins de l’immense fabrique à vaccins. Au programme ? On passe par de multiples corridors, on emprunte un paquet d’escaliers, on s’arrête de temps à autre analyser le contenu d’une pièce, souvent la même soit dit en passant et, il faut quand même que l’ensemble s’emballe un peu, on tente de prendre l’ascenseur. Passionnant. Et les monstres dans tout ça ? J’y arrive…

Voici à peu près le seul effet gore du film…

Sur une bande comme celle-ci, les créatures promues sont un peu – beaucoup même – l’essence et l’attraction majeure du récit. Car si le scénario ainsi que la mise en scène de ce Coup de griffe ne feront pas date dans les mémoires dédiées au septième art, ce type de série B est parfois sauvé par des bestioles bien fichues et régulièrement présentes à l’écran. Ben pas ici. Remballez vos mouchoirs les gars, parce qu’il n’y a vraiment pas de quoi s’astiquer le manche. Et pourtant. Nous sommes confrontés à des hommes-chats, ce qui pourrait être une idée sympa tant le félin à du potentiel : comprendre griffes, crocs, puissance… Mais en plus de ne jamais voir ne serait-ce que le bout de leur litière, il faut être patient car on découvre furtivement leur sales trognes qu’à une poignée de minutes de la fin, les félidés – pardon Stephen – ressemblent davantage à de grosses peluches de fêtes foraines que tu gagnes en pêchant quelques canards en plastique plutôt qu’au virevoltant mammifère. En sus, hormis déposer un peu partout où ils passent des flaques visqueuses qui s’apparentent à un liquide blanchâtre et poisseux, je vous laisse deviner l’origine de la substance, les attaques de ces abominations poilues sont approximativement aussi destructrices que celles d’un chaton s’énervant sur une pelote de laine. Ça ne charcle pas des masses donc, et concernant les effets gores, il ne faut par extension pas s’attendre – à un ou deux coups de paluches près – à un déluge d’hémoglobine.

Mutator est l’exemple parfais d’un concept foiré pour une péloche qui ne l’est pas moins, pourtant doté d’une base qui aurait pu donner lieu à quelques séquences intéressantes. Tant pis. Le pas trop bon John R. Bowey, qui produira la même année le Dark tower du duo Freddie Francis/Ken Wiederhorn, ne s’en tiendra en matière de réalisation qu’à cet unique méfait, stoppant suite à cette expérience ses activités cinématographiques. Lucide le mec ? Sans aucun doute possible…

COUP DE GRIFFE MORTEL

John R. Bowey – Etats-Unis – 1989

Avec Brion James, Carolyn Ann Clark, Milton Raphael Murill, Embeth Davidtz, Neil McCarthy, Lindsay Orbach, Greg Latter…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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