Le Bilan 2019 de la Monsters Squad

Et voilà que 2019 s’en va déjà pour laisser place à 2020… Deux décennies se sont désormais écoulées depuis l’an 2000… Deux décennies putain… Sur plusieurs plans, cette dernière cuvée aura été riche en émotions… Elle aura été compliquée aussi… Pour s’en assurer, il n’y a qu’à voir les tensions qui ne cessent de grandir un peu partout dans le monde depuis ces derniers mois au point qu’on peut désormais être jugé dangereux car on est en fauteuil roulant ou qu’on peut se faire éborgner car on est dans la rue avec un habit de la mauvaise couleur… Une situation chaotique parfaitement illustrée par le Joker de Todd Philips qui a utilisé la force de frappe d’Hollywood et de DC Comics pour foutre un sacré coup de pied dans la fourmilière, en pleine crise sociale mondiale ! Climat pourri en 2019 donc puisqu’on ne cesse de tracer des lignes entre les gens et de chercher qui est du bon ou de mauvais côté… Homme vs femme, homo vs hétéro, CSP- vs CSP+… Finies les nuances, chacun son camp, c’est devenu la règle ! Une règle à laquelle notre petit monde ne déroge d’ailleurs pas… Les lignes se forment, tout est prétexte à la remarque piquante et non innocente… Mais bon, cette année, nous, vos dévoués serviteurs de la Monsters Squad avons décidé de ne retenir que le positif. Qu’importe donc si la fracture est là et que l’offre générale noie la demande (encore une fois, notre petit monde lui aussi suit cette tendance) au point que la vraie info se perd et que l’humain disparaît petit à petit… Nous avons décidé d’être positif pour clôturer cette année ! Parlons donc de choses joyeuses comme le fait que notre petite équipe ait grossi… Pas que le cholestérol se soit attaqué à nos corps d’athlètes (quoique, chez certains…mais on taira les noms par décence…) mais nous avons accueilli il y a quelques mois deux petits nouveaux à plein temps dans l’équipe, à savoir Ced et Nico. Les deux loustics nous ont permis non seulement de tenir un peu mieux le planning mais aussi (et surtout) d’apporter un vrai vent de fraîcheur dans ces pages. Et puis comme on dit, plus on est de monstres, plus on rit. Vinouze nous a d’ailleurs également rejoint pour venir sporadiquement nous parler de ce qui l’a fait vibrer ces derniers temps… Alors oui, on doit ajouter de nouvelles chaises pour les repas de famille mais c’est quand même plus sympa comme ça, non ? Autre bonne nouvelle, l’ami Tom a fièrement accouché de son premier numéro de L’Appel d’Azathoth, tout dédié à la Fantastic Factory de Yuzna, à la saga Fright Night et aux aventures musclées de l’ami Chuck. Et puis, 2019 c’est encore un Retro Wizard Day dans la musette. Cette convention initiée en 2016 par notre bon Ash continue de ravir les fantasticophiles du plat pays (et ses voisins aussi) tout en continuant de se battre pour la bonne cause ! Comme quoi, en 2019, on peut encore croire un peu en l’humanité ! Et puis les increvables du milieu nous ont aussi gratifié de petites pépites. C’est le cas de ce bon Big Dam Granger qui nous sort son cinquième B-Movie Posters sacrifié aux incroyables films qu’on ne verra jamais, mais aussi de David Didelot qui, s’il a refermé sa clinique Vidéotopsienne, nous a ouvert grand les portes de sa vie dans son autobiographie Replay, puis celle de l’Italie criminelle avec Le Monstre de Florence – Autopsie d’un Mythe Criminel. Trash Times, lui aussi, est revenu dans un nouvelle formule toujours aussi somptueuse ! Et puis les chevelus (enfin, sauf un) de Black Lagoon ont également remis le couvert, avec un troisième numéro, toujours aussi passionné… Mais nous y reviendrons. Bref, ces petites choses, aussi futiles puissent-elles paraître, ont permis à 2019 de ne pas être aussi sombre que cela… Et pour continuer de rester positifs, toute l’équipe vous propose son top 5 de l’année… Cinéma, séries, musique, livres, BDs… On vous dit tout ce qui nous a fait vibrer pour de bon durant ces 365 jours écoulés… L’occasion de faire un bilan et de finir sur une bonne note ! 2019 est mort, vive 2020 !


Chernobyl (série de Craig Mazin)
J’avais un peu peur quand je me suis décidé à mater ce fameux Chernobyl, trop de hype positive… Erreur. Magnifiquement interprétée (des premiers rôles aux plus petits, tous les acteurs sont parfaits), cette mini-série en 5 épisodes est probablement une des créations les plus fortes jamais vues en télévision. Ultra documentée, effarante et effrayante, elle vous happe dès les premiers instants et ne vous lâche plus. On termine la série lessivé et bouleversé…en redoutant une autre catastrophe de ce type. Du grand art à tous les niveaux. Bravo HBO.  

Wind River (film de Taylor Sheridan)
Bon je triche car le film est sorti en 2017… Ok d’accord. Mais d’abord, il y a encore beaucoup de films sortis en cette année qui s’achève et que je n’ai pas vus. Et ensuite, ici on fait chacun notre bilan 2019 et comme je n’ai vu cette merveille que cette année (shame on me), je le mets dans mon top et picétout ! Car c’est un petit chef d’œuvre que ce Wind River. Âpre, dur (la scène du viol est marquante), une réalisation au cordeau collant au plus près des protagonistes mais prenant soin aussi de filmer les splendides paysages enneigés du Wyoming : le film de Taylor Sheridan (également scénariste, tout comme pour Sicario et Comancheria…des références qui en disent long) m’a laissé sur le cul. Longtemps que je n’avais plus été scotché à ce point. Avec le regret d’avoir loupé le film en salles à l’époque d’ailleurs, d’où sa présence ici. C’est beau, c’est fort, c’est émouvant (sans en faire « trop », les émotions passant quasi toujours par un regard ou une attitude ce qui les rend encore plus puissantes). Et c’est aussi (surtout) superbement interprété par la totalité du casting avec en tête un Jeremy Renner tout bonnement époustouflant qui prouve qu’il mérite nettement mieux que l’image que beaucoup s’en font. Un GRAND film !

Jusqu’au Dernier (BD de Jérôme Félix et Paul Gastine)
Splendide BD Western, crépusculaire et sans concessions. Un dessin réaliste (les persos ont de vraies gueules) et qui en jette, un scénario en béton rappelant les grandes heures du genre. Terriblement désenchanté aussi, c’est très très noir même si finit par poindre une lueur d’espoir dans les derniers instants. Ce one-shot est une grande réussite que tous les amateurs de westerns dessinés se doivent d’avoir dans leur bibliothèque, aux côtés de Blueberry, Durango, du plus récent Undertaker ou d’un autre one shot d’anthologie, le Wanted d’Hermann.

Black Lagoon n°3 (fanzine de Rigs Mordo et Jérôme Ballay)
Bon évidemment on me dira que c’est du copinage, du lèche-botte blues comme le chante Eddy Mitchell, vu que les mecs à la tête de la bête sont des potes. Mais non, même pas, promis, craché, juré : j’ai pris un plaisir fou à lire ce zine, j’ai appris plein de trucs, j’ai ri, j’ai été ému (oui oui, le dossier Don Glut est réellement émouvant quand on voit la passion du gars). Bref c’est une tranche de fanzinat bien roborative et de haute qualité qui nous a été proposée là, réalisée par des mecs qui savent de quoi ils causent et qui en causent bien. Avec au passage, un bon gros doigt d’honneur à ceux qui les prennent pour des cons (et nous avec) et qui ne pigent pas que le cinoche, c’est d’abord de la passion. Bravo les mecs et…vivement la suite !  

Diorama Invasion USA/Chuck Norris
Petit plaisir coupable, enfin une « action figure » digne de ce nom de Chuck Norris, dans un de ses rôles les plus emblématiques qui plus est, le Matt Hunter d’Invasion USA ! Certes ce n’est pas parfait (les yeux laissent à désirer) et la figurine n’est pas articulée, dommage. Mais le diorama fait vraiment le job et trône en belle place dans une de mes vitrines. Enfin, Chuck est chez moi et j’en suis ravi ! (et gare à ceux qui se moquent, ils risquent de repartir avec leur bite dans un tupperware…)


Happy Birthdead 2 You (film de Christopher Landon)
On prend les mêmes et on recommence ? Bah oui c’est un peu ça le principe ! Rien de bien neuf donc, mais tout de même une façon de traiter le sujet avec une certaine audace, sans oublier la touche d’humour et de romantisme qui sont les parfaits alliés de la nature fantastique du long de Christopher Landon.

Reader Of The Runes Divination (album de Elvenking)
Les italiens de Elvenking nous sont revenus cette année avec un album de taille… Et oui dans ce dernier opus il y est question de pierres de la divination, ornées de Runes que seuls les sages peuvent déchiffrer. Un album magnifique, de l’excellent Power Metal teinté d’ésotérisme et de magie.

Stranger Things Saison 3 (série de Matt et Ross Duffer)
Tellement attendue par les fans, la saison 3 de Stranger Things s’est de suite imposée comme la plus exaltante, autant sur le plan de la relation entre Onze et Mike, mais aussi celui de l’ensemble du groupe qui, forcément, grandissent et n’ont plus tout à fait les mêmes objectifs. Saison exaltante d’un bout un l’autre, vivement la quatrième !

Savage Requiem (album de Magic Kingdom)
Un peu de chauvinisme ne fait pas de mal, surtout quand c’est du tout bon ! Le dernier album de Magic Kingdom l’est réellement et le groupe de metalleux belges peut s’enorgueillir de nous avoir pondu une petite bombe. Avec la voix envoûtante de Dushan Petrossi en point d’orgue, ce Savage Requiem est une pure merveille d’écoute.

Gunfighter Tome 1 (BD de Christophe Bec et Michel Rouge)
Christophe Bec au scénario et Michel Rouge au dessin, voilà un vrai bon duo comme je les aime. Les deux comparses nous offrent avec ce premier album un western dans la plus pure tradition du genre. Une aventure qui prend aux tripes, des personnages attachants et la truculence du phrasé sudiste, bref… Que du bonheur !


Once Upon A Time… In Hollywood (film de Quentin Tarantino)
Contrairement au cru 2018, cette année ciné a vraiment été cool. Pas mal de bons films en 2019 donc, mais la pépite de l’année reste à mes yeux Once Upon A Time… in Hollywood. Cette déclaration d’amour au septième art est le meilleur Tarantino depuis Jackie Brown. Et clairement son film le plus touchant et sensible de toute sa filmo. Captivant.

Us (film de Jordan Peele)
Gros coup de cœur aussi pour le deuxième film de Jordan Peele, dont j’avais déjà beaucoup aimé son Get Out. Avec Us, il transforme l’essai comme on dit en pétanque. De jolis moments de flippe (l’intro, le home invasion de mi-parcours…), un sujet qui me fait sauter au plafond (les doppelgängers) et de vraies qualités plastiques font largement oublier les quelques défauts scénaristiques.Vivement la suite, Jordan !

J’aurais voulu aussi vous parler de Parasite, de Midsommar, d’À Couteaux Tirés, de Toy Story 4, du Daim… Mais Pascal/Evil Ash va encore râler. Et si je veux mon jeu de plateau Jaws sous le sapin, je dois être sage. (raté, une source sûre m’a dit que c’était loin d’être le cas… Evil Ash)

Peaky Blinders (série de Steven Knight)
Une seule série TV à retenir en 2019 : Peaky Blinders, parce que Thomas Fuckin’ Shelby !

Providence (BD de Alan Moore et Jacen Burrows)
Rayon comics, j’ai vraiment kiffé ce Providence, du duo Moore/Burrows. Il s’agit d’une plongée dans le monde de Lovecraft qui revisite tout un pan des écrits du maître de l’horreur cosmique. C’est intelligemment écrit et blindé de références, de clins d’œil plus ou moins pointus. L’histoire démarre comme une enquête pour terminer dans un bordel sans nom, à base de dérèglement temporel, de voyage au pays des songes et de trous dans la réalité. C’est super cool, et certains chapitres se payent le luxe de bien foutre les pétoches !

El Camino (film de Vince Gilligan)
Enfin, El Camino était une de mes attentes majeures de l’année. Ce prologue à l’immense Breaking Bad se révèle particulièrement inutile, c’est donc mon gros flop de l’année. Un (télé)film sans enjeu, sans passion et, selon toute vraisemblance, sans directeur photo. On ne retrouve en effet jamais la beauté formelle du show, ni son ambiance d’ailleurs, et encore moins son émotion. Rien. Rien, à part des fausses barbes embarrassantes, du fan service stérile et des acteurs qui ont pris 50 kg entre-temps alors que l’action est sensée se dérouler immédiatement après la série. Ce machin n’existe pas.


We Are Not Your Kind (album de Slipknot)
L’attente fut longue, mais putain elle en valait la peine ! Cela fait 5 ans que les fans du combo originaire de Des Moines patientaient en espérant entrevoir le bout d’une nouvelle galette à enfourner plein pot dans une bonne chaîne stéréo. Ben ça y est ! On va pouvoir de nouveau malmener nos cervicales. Présenté via le single Unsainted, où l’on perçoit d’emblée le désir du groupe de constamment se réinventer sans renier ce qui fait leur force, We Are Not Your Kind est assurément l’album le plus innovant de la bande de masqués. Puissance dévastatrice du riff, chant atteignant une certaine forme de perfection, Corey est comme à son habitude simplement énorme, et incursions électro savamment dosées font de ce CD LA pépite métal de cette année 2019. Les éternels médisants diront qu’il est un cran en dessous du Gray Chapter, ce qui est vrai, qu’il manque peut-être un Devil Inside, pas faux non plus, mais en même temps la barre était placée tellement haute avec leur précédent opus que répudier We Are Not… en serait presque blasphématoire.

Les Enquêtes paranormales (émission C8)
Depuis maintenant un certain nombre d’années, je ne regarde pratiquement plus la télévision. Les conneries du genre les ch’tis contre les éleveurs de bulots et autres Sopranette cachetonnant à des sommes démentielles en jugeant les pseudos stars de demain, m’ont définitivement lassé des programmes proposés sur le petit écran. Jusqu’à ce que je tombe, carrément par hasard à vrai dire, sur ces Enquêtes présentée par Valérie Benaïm. Pas que je sois un inconditionnel convaincu en matière de paranormal, mais je fus par le passé élevé à l’antique Mystère diffusé durant les années 90 sur TF1. Ça forge un homme. Et puis bon, le cas Enfield, le Loch Ness, Amityville, la poupée Annabelle… des trucs qui me parlent quand même un max ! Donc gros coup de cœur pour moi concernant cette sympathique et très intéressante émission.

La Nuit Des Morts-Vivants (film de Tom Savini sorti en édition collector chez Sidonis Calysta)
Loin de moi de me pignoler devant l’annonce d’un collector annonçant une montagne sans fin de bonus que je ne visionnerais pas de toute façon, la sortie du combo Sidonis de la pépite de Tom Savini avait quand même de quoi me filer une gaule de tous les diables. En sus de la beauté de l’objet et de la qualité de l’édition, ce fut l’occasion pour moi de revoir en haute définition ce film génial qui, à mes yeux, surclasse littéralement et en tous points le chef-d’oeuvre de Romero. Savini signant là une bande que je considère comme quasi-parfaite, même si un soupçon de gore supplémentaire ne m’aurait pas déplu, et dans laquelle je peine à trouver le moindre défaut.

Cabal (film de Clive Barker sorti en édition collector chez ESC)
Allez, pour le coup on va faire un peu dans la nostalgie. En ce qui concerne les gus qui, comme moi, ont eu la chance de connaître et profiter de l’âge d’or des vidéo-clubs, la sortie en VHS au début des 90′ du Cabal de Clive Barker a considérablement marqué le cinéphile que je suis devenu. On peut, si l’on cherche bien – on va laisser ça aux analystes intellectualisant le cinéma bis -, lui trouver des défauts à ce film, mais sa générosité et son efficience en font une œuvre qui restera à jamais comme référence pour ma pomme. Et l’édition ESC fait honneur à cette bande qui méritait amplement pareil écrin.


Tolkien (film de Dome Karukoski)
Ce film évite a peu près toutes les chausse-trappes qui parsèment les biopics récents. Merveilleux sans être pompeux, émouvant sans être mièvre, touffu sans être incompréhensible. Une œuvre élégante, subtile et passionnante, levant (un peu) le voile sur la personnalité d’un Tolkien rendu définitivement attachant et génial par la grâce de son interprête : Nicholas Hoult (Henry « Hank » McCoy dans la saga des X-Men).

The Boys (série de Eric Kripke d’après le comics de Garth Ennis et Darick Robertson)
Vous n’en pouvez plus de tous ces trouducuverse et autres sagas bien arrow-sées ? Les Boys vont vous plaire. Figures de légendes à la solde d’un puissant consortium qui les loue aux métropoles américaines (Merci Robocop !), les Boys sont, dans le privé, veules, bipolaires, infantiles, misanthropes, voire carrément sociopathes. Et certains n’hésitent pas à se sortir la bite du slip. Cool, non ?

La Cité de l’Indicible Peur (film de Jean-Pierre Mocky sorti en Bluray chez ESC)
Parce que ce film je l’attends sur un support convenable depuis la nuit des temps ! Quand Mocky s’empare du roman fantastique de Jean Ray, il fait plus que le respecter : il le sublime en y injectant une ribambelle d’acteurs français au moins aussi frappés que lui : Bourvil, bien sûr, mais aussi Francis Blanche, Jean Poiret, Jacques Dufilho… Une atmosphère étrange, étouffante, comme un rêve éveillé… Et le hurlement du vent…

Chernobyl (série de Craig Mazin)
Être immergé de manière si réaliste dans l’Union Soviétique des années 80 représente une expérience étrange, inconfortable. Mais être assis aux première loges et assister au dérèglement de l’appareil administratif soviétique qui en quelques décisions non-sensiques a bien failli détruire une partie non négligeable de notre planète, c’est autre chose que le twist pourri de Us

Carbone (film d’Olivier Marchal)
Parce que j’adore depuis toujours les polars et thrillers urbains qui se passent à Paris. C’est mon pêché mignon qui s’étend d’ailleurs aux comédies. Je peux revoir indéfiniment Pas de Problèmes, C’est Pas Parce Qu’on A Rien À Dire Qu’Il Faut Fermer Sa Gueule… Mais surtout Peur Sur La Ville, Un Flic, Rue Barbare… Alors Carbone ! Vous pensez bien comme j’en suis tombé amoureux de celui-là!


Parasite (film de Bong Joon-Ho)
S’il y a un film qui m’a littéralement mis à genoux cette année, c’est bien celui-là ! Encore une fois, le cinéma coréen prouve qu’il est l’un des plus habiles avec ce mélange des styles maîtrisé. La thématique forte, celle de la famille, est habillée d’humour vraiment drôle, de tension vraiment efficace, d’horreur vraiment creepy, de politique vraiment engagée… Parasite est tout ça et même plus sans jamais être indigeste… Loin de là ! On tient clairement là d’un des films les plus riches, denses et efficaces qu’il soit sorti depuis pas mal de temps ! Merci Bong Joon-Ho pour ce vrai objet filmique intelligent et efficace loin de tralalas tout vides pseudo-auteurisants qui squattent les salles obscures !

The Mask (BD de John Arcudi et Doug Mahnke)
Quelle bonne idée qu’ont eu les éditeurs de Delirium de sortir cette compilation des premiers comics estampillés The Mask ! Violent, grinçant et féroce, voilà un héros bien loin des standards du justicier en moule-teub qui pullulent sur les étals de librairie depuis une bonne décennie au moins. Inédites en France, ces histoires au style graphique coloré et nerveux, m’ont fait vibrer pendant les quelques heures de lectures… 256 pages (tout de même) entièrement sacrifié à un personnage frappadingue qui fera sans doute pousser quelques cheveux blancs à votre gentille tantine adepte du politiquement correct. Ici ça tire à balle réelle, ça chlingue et ça botte des culs à en casser des coccyx ! Et dire que le film de 1994 m’avait mis mal à l’aise… Je n’avais encore rien vu ! Bonne nouvelle, la suite des aventures du vilain bonhomme vert sont prévues pour avril 2020… Encore une bonne dose de violence crasse et d’humour noir à prévoir !

Too Old To Die Young (série de Nicolas Winding Refn)
À chaque fois je me demande comment Nicolas Winding Refn peut aller plus loin dans son cinéma et à chaque fois le gusse parvient à me faire éclater la caboche ! Avec Too Old To Die Young, l’esthète danois signe une série (qu’on regardera plutôt comme un film long de treize heures) mettant en scène la pègre des bas-fonds de Los Angeles, la flicaille pourrie, la bourgeoisie malsaine et la décadence du monde occidental. À grands renforts de scènes ultra-léchées, d’éclairages magistraux, de cadrages au poil de cul et d’acteurs monolithiques, NWR (pour les intimes) s’amuse à construire et déconstruire la violence dans une succession d’épisodes aux rythmes variables. Le bougre créé même ici trois de ses meilleurs personnages dont deux figures féminines ultra-puissantes… Amusant pour un type qu’on qualifie souvent de machiste… Qu’on aime ou non le cinéaste, on ne pourra pas rester de marbre devant ces scènes de violence graphique (loin d’être complaisantes) sublimées par un score signé par Cliff Martinez (encore et toujours). Avec cette série, NWR confirme qu’il a toujours le cul coincé entre le cinéma d’auteur et la série B qui tâche et qu’il continuera surement à diviser… Tant mieux, c’est pour ça que je l’aime !

Dollman Kills The Full Moon Universe (BD sortie chez Full Moon Comics)
Si cette série de comics est techniquement sortie en 2018, l’épilogue voyant Dollman rencontrer le grand et unique Jack Deth est bien parue au tout début de l’année 2019. Quoiqu’il en soit ces six BDs sont à réserver au plus férus des usines divertissantes de l’ami Charles Band. Ici on ne s’embarrasse pas, ou alors si peu, d’un scénario ou de personnages forts… On se contente d’envoyer le bestiaire légendaire de la firme à la Pleine Lune se faire dézinguer par un Dollman qui ne s’encombre d’aucun détail. Si la chose est un peu trop courte c’est pour mieux laisser intacte la frénésie qui nous tient à la vision de ces massacres en règles des poupées sadiques de Puppet Masters, de l’ignoble Giorgio de Castle Freak, des riquiquis Creeps, du vilain Killjoy, des jouets vicieux de Demonic Toys, du vicelard hypercéphale de Head Of The Family, de ce satané Gingerdead Man ou encore de l’hydre caoutchouteuse de Shrieker… Une vraie crétinerie complètement cohérente avec l’univers de Charles Band qui ne donne qu’une seule envie : se plonger à nouveaux dans tous ses films, y compris les moins réussis… Même à soixante-sept ans, il est toujours aussi fort le Charlie !!

Black Lagoon n°3 (fanzine de Rigs Mordo et Jérôme Ballay)
Que dire ? Avec son troisième numéro, Black Lagoon continue de tracer son sillon putride dans le marais du fanzinat ciné et suit sa route, uniquement guidé par l’amour des faiseurs d’un cinéma dysfonctionnel et passionné. En témoigne ce sommaire dingo sacrifié à cet énergumène enthousiaste qu’est Don Glut et aux films de Sharksploitation italiens… Sans surprise, c’est informatif tout en restant divertissant et très agréable à lire. On ressent la vraie passion des bonshommes. Une passion qui fait chaud au cœur dans cette petite scène qui s’est rapidement retrouvé à empiler des titres qui tendent à se ressembler à force de trop se copier. Merde, le fanzinat c’est quelque chose de personnel, dans ses folies, dans ses erreurs, dans ses choix, dans ses prises de position…  Ça doit toujours être ça, ni plus, ni moins et les costauds de Black Lagoon l’ont pigé. Qu’importe qu’on partage à 100% les goûts et les avis des gaziers qui tiennent la plume tant qu’on retrouve dans ces pages tout l’entrain et la fougue qui caractérise le passionné assez fou pour se lancer dans la micro-édition ! Vous cherchez la sève du fanzinat ? Elle est là !


Et comment ne pas finir ce texte avec un hommage tout particulier au grand John Carl Buechler qui nous a quitté cette année ? Réalisateur de quelques pépites, responsable de FX dégoulinants et creature designer de génie qui aura accouché d’un bon nombre de bestiaux qui nous ont fait aimer le cinéma, John Carl Buechler est tout ça ! Papa de Troll, des Ghoulies, de Victor Crowley, du Cellar Dweller et de tellement d’autres, ce bonhomme va nous manquer… Reposes toi bien John, tu l’as mérité !

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique des fanzines Cathodic Overdose et Good Morning Captain, élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.
Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.
Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?
Nick Mothra
Gamin, je me pâmais d’admiration devant les figurines de « La Planète des Singes », revivant à travers mes dessins et mes maquillages « maison » les destinées tragiques de Zira et Cornelius. Plus tard, tel le Docteur Moreau, je charcutai un vieil ours en peluche et en faisais une honorable copie de gorille. J’avais alors découvert King Kong, le seul l’unique de 1933.
Par la suite, les marges de mes cahiers d’école se remplirent successivement de requins mangeurs d’hommes (après la vision de « Jaws »), de morts-vivants (suite à la diffusion d’un extrait de « l’Enfer des Zombies » à la télé), de dinosaures de tous poils (de toutes écailles plutôt), de Godzilla et encore de zombies… Et… Et… Bref, le cinéma fantastique a forgé mes goûts et jalonné ma vie… Et ça continue, aujourd’hui encore.
Nick Mothra on Facebook
Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !
Ced Valentin
Avec un papa cinéphile qui me berça trop près du magnétoscope, il était tout naturel que j'attrape la bosse de la cinéphilie.
Ainsi, de mes petits yeux émerveillés je pu découvrir tout un tas d'univers qui, aujourd'hui encore, me fascinent : Horreur, S-F, Action, Polar, Western,... des genres divers et variés que mon daron aimait partager avec un fiston qui en demandait toujours plus et plus encore !
L'âge adulte n'ayant rien arrangé, je continue à m'approvisionner à un rythme frénétique, à regarder le plus possible de péloches, histoire de satisfaire un appétit insatiable.

Vous aimerez aussi...

3 réponses

  1. Rigs Mordo dit :

    Un énorme merci pour le double honneur qui nous est fait ici, Messieurs! Cela nous touche évidemment beaucoup, Jérôme et moi. Thanks a ton, donc !

    Sinon, très heureux de voir que Parasite a ses fans, le poto Bong étant mon cinéaste favori (Memories of Murders est le meilleur film jamais fait, ni plus ni moins). Parasite ne figurerait pas dans mon top 3 du gaillard (Memories, Okja et The Host restent au-dessus), et quelques autres uppercuts coréens sortis ces dernières années lui sont supérieurs (The Strangers, meilleur film d’épouvante sorti en cette décennie), mais cela reste un grand film. A noter la palpation de cul la plus mémorable du 7ème art.

    Bonne idée aussi de souligner l’existence de Wind River, thriller très naturaliste et preuve, comme souligné dans le bilan, que Renner est bien plus qu’un Bourne ou un Hawkeye sautant de bâtisses en bâtiments pour y cogner du connard. Ce gars est un excellent acteur, qui s’est retrouvé dans un excellent film. Tout est donc logique !

    • Mighty Matt dit :

      Merci à toi pour ton commentaire. Et pour insister sur ce que disait Pascal.. Euh… Evil Ash… Notre amour de Black Lagoon dépasse le copinage !!

      Pour le ciné Coréen je te rejoins en effet sur The Host (un film qui m’a bouleversé) et The Stranger une bien jolie histoire dont on reparle très souvent avec la miss… C’est presque devenu un objet filmique de comparaison !!!

    • Evil Ash dit :

      Ouais merci à toi, j’arrive longtemps après mais le coeur y est 🙂 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *