Le Monstre est vivant (It’s Alive) – Remake 2009

Voici quelques semaines, au détour d’un bac à soldes dans le Media Markt local, un blu-ray attire mon regard : It’s Alive, le remake du petit classique de Larry Cohen. Tiens me dis-je, je ne me souvenais même plus qu’ils avaient fait un remake de ce film…Pourtant il est sorti en 2009, ce qui n’est pas encore si vieux même si ma mémoire de frais quinquagénaire fait parfois défaut. Je pris donc mes 2,99 € (le prix du bouzin) dans mon petit porte-monnaie, sans me douter qu’il y avait une bonne raison, voire plein de bonnes raisons, pour que ce machin soit tombé dans l’oubli. Car si dans la famille « Remakez-moi ça le plus honteusement possible », Carrie, Freddy, Fog ou encore Hantise se posent là et bien là, réjouissez-vous chers amis, en voilà un autre qui rejoint la liste sans trop de difficultés…

Noooon, ne les laissez pas faire ce remake !!!!!!

En 1974, le regretté Larry Cohen nous livre une de ses meilleures réalisations avec Le Monstre est Vivant. Egalement à la production et au scénario, Cohen nous proposait une œuvre fantastique impeccable, avec une économie de moyens qui force le respect, restant encore bouleversante à l’heure actuelle. L’histoire est simple : Lenore Davies accouche d’un bébé monstrueux, qui tue dès sa naissance tout le personnel présent dans la salle d’accouchement et s’enfuit dans la nature. Les autorités et le père de l’enfant se mettent en chasse, tentant de capturer et tuer ce monstre qui sème la mort partout où il passe.

Bébé original et bébé remake…

Un pitch on ne peut plus simple donc. Mais Cohen, se reposant sur un style quasi documentaire, parvient à le transcender en nous faisant vivre au plus près les émotions de ses protagonistes : John Ryan (une trogne reconnaissable entre mille et un habitué des rôles de very bad guy) est tout bonnement exceptionnel d’intensité dans le rôle du père dépassé par les événements et tentant tant bien que mal de préserver un semblant de rationalité dans ce que lui et sa femme traversent. Si on possède un tant soit peu d’humanité, impossible de ne pas ressentir une profonde tristesse lors des scènes finales de ce petit chef d’œuvre tant Cohen nous implique et nous fait ressentir une réelle empathie pour ses personnages. Ainsi, malgré les horreurs qui traversent le film, le sentiment qui domine à la fin de celui-ci est loin de celui escompté au départ.

Je sais qu’on doit bouffer mais t’es sûr qu’on a bien fait de signer pour ce film ?

Et bien vous savez quoi ? Le remake, c’est exactement l’inverse ! Rien ne nous émeut et on reste constamment à l’écart de ce que subit la famille. Pire encore, on n’en a strictement rien à foutre et ce du début à la fin…En cause ? Eh bien tout ma bonne dame, tout, car il n’y a rien à sauver dans ce truc. Le film, hormis son point de départ, s’écarte assez vite de la trame de l’original : terminée la traque du bébé tueur, place aux sentiments unissant celui-ci à sa maman, incapable de se défaire du lien maternel malgré les horreurs commises par son rejeton. On se dit donc que l’émotion va également être présente, vu la direction prise. Mais raté, on ne ressent jamais rien, pas le plus petit frisson de sensibilité tant les clichés sont présents à tous moments et tant les comédiens semblent concourir, la plupart en tout cas, pour le premier prix d’inexpressivité dans un festival quelconque.

Ne fuis pas et ne te bouche pas les oreilles Bijou, t’es ptete jolie mais c’est trop tard, tu l’as fait ce « film »

Avec en tête de ban le couple Davis, alias James Murray et Bijou Phillips. Passons rapidement sur le cas de Murray, « jouant » Franck Davis, totalement incolore, inodore et insipide. Le perso ayant un rôle tout à fait différent de John Ryan dans l’original – en gros, il ne sert à rien et traverse l’intrigue telle une ombre – on peut dire que l’acteur se fond dans celui-ci : il ne fait rien, ne joue rien, n’exprime rien. Zéro sur toute la ligne. Le cas de Miss Bijou est plus délicat : ce n’est pas qu’elle soit mauvaise, elle semble même avoir un peu de talent (et de très jolis seins, mais là n’est pas le propos…quoique c’est un petit éclair dans la grisaille), et apporte une relative profondeur à son personnage, c’est qu’elle devient vite horripilante à force d’hystérie contenue. L’émotion et l’ambiguité dans les réactions du couple Davis de 74 disparaît totalement ici pour faire place à du vide intersidéral… Place au consensuel, à l’aseptisation à outrance, à l’absence totale de tension dramatique…et à l’ennui. Car si le film dure à peine 1h20, il paraît en faire le double tant on s’y emmerde à du 100 à l’heure. Il faut vraiment le vouloir pour tenir jusqu’au bout et votre serviteur l’a fait au prix de gros efforts… Et ne pensez pas que les sfx ou les scènes gores vont vous permettre de prendre un plaisir quelconque au visionnage : que nenni ! Les effets sont nazes, le bébé est peu montré – et pour cause, il est totalement raté -, et les scènes sanglantes sont trop rares pour apporter un chouia de plaisir au pauvre spectateur qui s’inflige ce triste moment. Même la scène du carnage inaugural lors de la naissance du petiot est ratée, celle de l’original étant bien mieux ficelée et nettement plus angoissante/sanglante.  

Larry Cohen montrant la porte de sortie à l’équipe du remake

Le brave Larry Cohen adouba ce remake à l’époque et son nom fût inscrit au générique comme co-auteur de cette catastrophe sans nom, mais il renia cette bouse par la suite dans un éclair de lucidité. Comme on le comprend… Heureusement, l’échec total du film au box-office nous « priva » (mode ironique ON) d’une suite pourtant annoncée par le final (l’original en connu deux qui se laissaient mater sans déplaisir bien que n’arrivant pas à la cheville du premier opus). Ouf, on aura au moins échappé à ça. Car même pour 2,99 €, croyez-moi, mieux vaut s’enfiler une bonne mousse que de claquer sa thune là-dedans… Vous voilà prévenus…    

De Josef Rusnak (2009)

Avec Bijou Phillips, James Murray, et plein d’autres gens qui auraient mieux fait de s’abstenir…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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