Medievil (remaster ps4)

Après avoir brillamment ressuscité l’intenable Crash Bandicoot et le tout mignon Spyro, Playstation avait annoncé en 2017 le retour d’entre les morts d’un autre héros vidéoludique cher aux 90’s kids : Sir Daniel Fortesque ! Comment ça vous ne connaissez pas Sir Dan Fortesque, ce chevalier zombie borgne, maladroit et un peu crétin ? Sony avait pourtant déjà sorti un jeu original en 1998, puis une excellente suite en 2000 (toujours sur Playstation) avant de proposer un remake du premier opus en 2008 pour sa console portable, la PSP… Un gamer un tant soit peu curieux a forcément déjà tâté de la manette sur ces jeux développés par Other Ocean… Mais si vous n’y avez  jamais joué (non mais sérieusement ?), il y a tout de même de fortes chances pour que vous soyez au moins déjà tombé sur la tête de cet énergumène aux dents pourries, sapé comme un conquistador… Mais si, vous voyez bien, ce zombelard tout maigrichon qui brandit une épée brillante sous une typo bien stylée écrivant en lettres dorées (et dégoulinantes) MediEvil ! Ça y est, vous voyez ? Ben, voilà, Dan Fortesque, c’est lui !

J’ai à peine lancé le jeu, et voilà sur quoi je tombe !

À peine sorti pour fêter dignement halloween, ce remake de MediEvil a trouvé une place bien au chaud dans ma console… Impossible pour moi de décrocher avant d’avoir battu le boss final, cet infâme Zarok, véritable pourriture magique dont la seule occupation est de démoniser le monde entier… Pas cool, le zigue ! Il faut dire que cette nouvelle version du jeu est tout bonnement magnifique. Le spirit très Burtonien (des premières heures) y est magistralement retranscrit et même encore plus développé que dans la version originale. Les graphismes HD permettent d’apprécier les décors ultra-fournis remplis d’arbres noueux, de pierres tombales tordues et de boue crasseuse ! Tout est beau, très beau même et c’est bien le premier constat qu’on fait en lançant le jeu. Pour l’anecdote, je ne possédais pas l’original dans mon enfance mais j’allais y jouer chez un de mes amis qui avait une minuscule télé dans son grenier aménagé en salle de jeu (ouais, cet endroit était vraiment classieux !). Je me souviens que le jeu m’avait fait un effet dingue, je trouvais la chose impressionnante de détails ! C’était même ce qui m’avait le plus marqué ! Nul doute que les développeurs se sont encore penchés sur cette caractéristique saluée à l’époque par la critique pour créer un remake cohérent dans le ressenti ! On a ici vraiment l’impression de découvrir le jeu à nouveau… Pas de revivre la même chose, non, mais bien de ressentir une sensation identique à celle qu’on avait pu avoir en 1998, alors que Zinedine Zidane joue encore à la Juventus !

Vous inquiétez pas, je passe juste jeter un coup d’œil…

Ce travail graphique est complété par une ré-orchestration de la musique. En fait, les compositeurs, Paul Arnold et Andrew Barnabas, ont décidé de retravailler un melting-pot de différents morceaux du MediEvil original de 1998, ainsi que de Resurrection (PSP) sorti dix ans plus tard et de le ré-enregistrer avec un orchestre symphonique… Pour le coup, on ne peut pas taper davantage dans les gamelles du duo Burton/Elfman ! Écoutez le morceau qui sert d’illustration au bateau pirate (Dan Overboard), fermez les yeux et venez me dire que la chose ne vous ramène pas quelques années en arrière, quand le grand Tim savait encore nous faire rêver et nous humidifier la rétine de ses fables gothiques, tordues et touchantes… Bref. L’image est belle, le son est beau, la DA est maîtrisée et l’univers respecté… C’est déjà beaucoup pour un remake qui avait de quoi faire flipper quand on connait la qualité du jeu original…

Petit, ce jeu me fichait une de citrouille !

La nostalgie ne permet cependant pas d’excuser quelques petits soucis techniques difficilement excusables à notre époque. Outre des temps de chargement anormalement longs (présentant des astuces qu’on connait déjà tous), le jeu souffre d’un problème de caméra assez rageant. On peut ainsi se retrouver bloqué dans les décors désormais très fournis (voir plus haut) et perdre toute notion de repère… C’est assez emmerdant pour un jeu qui demande souvent de faire des allers-retours dans les mêmes zones. En plus de ça, certaines collisions sont assez étranges. La hitbox de notre personnage semble assez gigantesque, ce qui nous fait rapidement user de la barre de vie et, pour couronner le tout, les déplacements sont plutôt rigides… Cela rajoute un peu de difficulté, certes, mais il est difficile d’excuser ces instants dans lesquelles des tâches simples (comme pousser hors du nid les œufs d’un oiseau géant, par exemple) deviennent vite retors à cause de ces seuls soucis techniques… On se retrouve également parfois coincé dans le décor suite à une mauvaise chute et il ne reste plus qu’à spammer ses boutons ou relancer le niveau pour réparer l’erreur… Frustrant quand on sait que certains niveaux peuvent se montrer assez difficiles (La Terre Enchantée, Le Vaisseau Fantôme, Les Cavernes de Cristal). Alors oui la frustration fait partie intégrante du jeu vidéo mais tout de même… Pas toi Daniel ! Pas aujourd’hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait !

Ce visage reste de pierre et moi, les bras m’en tombent !

L’équipe de développement, contrairement à ce qui se fait souvent, n’a, semble-t-il, pas souhaité tomber dans le piège de rendre le jeu plus facile. Ainsi, sans être le jeu le plus ardu du monde, ce remake de MediEvil nécessite une certaine patience et apprend la rigueur. Bourriner un niveau ne vous permettra pas de passer facilement et rapidement. Les ennemis sont trop forts et trop nombreux pour ça… Il faudra donc s’armer de patience, utiliser les armes à distance et engranger des piécettes pour acheter des munitions… Tant pis s’il faut recommencer dix fois un niveau pour assimiler toutes ces difficultés, c’est aussi ça retrouver le feeling de nos anciens jeux…

Appelez-moi le Conte de Montez-Cristaux !

Côté histoire, rien de bien nouveau. Le méchant Zarok est revenu des morts toujours a décidé à envoyer ses hordes de démons dans le royaume de Gallowmere. C’est à Dan Fortesque, ancien chevalier du Roi, que revient la mission de détruire Zarok et redonner sa prospérité au royaume. Dans un style plateforme/hack’n’slash, le joueur est donc amené à défoncer du monstre mais aussi à résoudre quelques énigmes (principalement des successions d’objets à trouver et à amener aux bons endroits) pour éliminer petit à petit le Mal de Gallowmere. On apprend au fur et à mesure de l’aventure que notre héros était loin d’être le plus courageux et fortiche des soldats royaux… Certains dialogues avec d’autres héros dans le Hall des Héros (logique) sont d’ailleurs plutôt tordants… On y voit Fortesque s’y sentir complètement crétin face à différents personnages plus costauds, plus malins, plus vifs et tout simplement plus héroïques. L’humour est d’ailleurs une énorme composante de ce jeu qui parvient à mêler sans mal ton amusant et univers horrifique… Voilà presque l’unique argument qui devrait vous donner envie de brancher vos consoles…

Bienvenue chez Daniel ! c’est un peu poussiéreux, mais vous allez voir, c’est sympa !

Si  la nostalgie y est pour beaucoup, je le conçois, ce remake de MediEvil est tout même très agréable. Traverser à nouveaux ces environnement, ces châteaux, ces cimetière, ces grottes, ces lacs hantés, ces montagnes, ces forêts, ces villages, ça fait quand même un petit guili-guili au ventre ! C’est pour ma part la première fois que je finis le jeu tout seul (je ne le possédais pas à l’époque, rappelez-vous) et l’aventure est carrément agréable, même aujourd’hui, à mon âge. Les développeurs ont d’ailleurs eu l’idée d’ajouter à cette nouvelle version un système d’âmes à récupérer dans chaque niveau et à rapporter dans un autre. Le jeu trouve ainsi une seconde vie et nous invite à fouiller encore davantage son univers. Chaque âme vous explique sa malédiction qu’il faut lier à un détail aperçu dans tel ou tel autre niveau. Une pauvre mare avec trois poissons dans le premier level vous semblait un simple détail de décor ? C’est désormais devenu un objectif à part entière vous permettant de compléter le jeu à 100%… Agréable pour celui qui veut rester encore quelques heures dans le monde rassurant des œuvres imaginaires des années 90… Un jeu idéal pour ceux qui ont envie de découvrir à nouveau le monde qui nous a tant fait rêver en 1998… J’en ai la larme à l’œil… Et j’attends désormais un remake du second opus, sobrement nommé MediEvil 2 (que je possédais pour le coup) sur lequel j’ai passé un nombre inavouable d’heures à vadrouiller dans des décors steampunks et à me battre contre des squelettes de  dinosaures et autres monstres de foire Freaks‘ style… Please get me back in the 90’s again !!!

Voilà ce qu’on appelle avoir le feu au cul !
Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique des fanzines Cathodic Overdose et Good Morning Captain, élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.

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