LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS 3

Curt, accompagné de sa délicieuse petite amie, va décider sous l’influence de celle-ci d’entreprendre une visite en mode furtif au cœur d’un complexe militaire sur lequel son daron officie. Haut lieu d’expériences classées secret défense par l’armée américaine, le couple va découvrir qu’à travers l’enceinte de ces murs se déroulent d’étranges pratiques visant à réanimer des cadavres dans l’optique de les transformer en redoutable machine de guerre. Suite à un test qui va très mal se dérouler et aboutir à un échec cuisant, le père du jeune homme va devoir plier bagage et accepter une énième mutation. Son fiston ne l’entendant pas de cette oreille car las de déménager régulièrement, il va foutre le camp en compagnie de sa nana. Chevauchant à vive allure sa bécane en direction de Seattle, les tourtereaux vont se planter et la belle Julie va se fracasser contre un arbre. Refusant l’évidence de constater que sa bien-aimée s’en est allé, Curt va tenter de la faire revenir d’entre les morts. Et ce n’est rien de le dire qu’il ne va pas être déçu.

Nous non plus d’ailleurs…

Ce quatrième passage derrière la caméra pour les besoins d’un long métrage va marquer une sorte de pseudo apogée à même la brillante carrière du sympathique metteur en scène. Car si le trop souvent mésestimé Brian Yuzna réalisera en 1996 son génial Le dentiste, enchaînera sur le pas mauvais Progeny puis, après avoir donné une séquelle aux méfaits du docteur Feinstone s’en ira tourner quelques abominations du côté de la péninsule ibérique ; Le retour des morts-vivants 3 va enfin lui offrir une reconnaissance internationale considérable. Via ce troisième volet de la saga initiée avec la pépite de Dan O’Bannon, le réalisateur va volontairement délaisser l’aspect comique des deux épisodes précédents afin de se concentrer, presque exclusivement, sur l’évolution du tandem Julie/Curt qui va devoir faire face à un mal gangreneux dont l’aboutissement ne laisse guère entrevoir une finalité lumineuse.

Au delà de ses indéniables qualités de rythme, l’intrigue est savamment distillée évitant les longueurs inutiles qui pourraient alourdir une histoire dont l’atout majeur consiste à se rendre à l’essentiel. Yuzna va faire de cette parade de macchabées ambulants shootés à la trioxine l’apothéose de l’anéantissement inéluctable du binôme composé par Julie et Curt. Certes, quand c’est avec Mindy Clarke que tu as la chance d’aller au pieu, c’est évident que tu n’as pas véritablement envie de la laisser clamser la gueule explosée au bord de la route. Par amour, l’amant éploré va se donner les moyens pour la ramener à même le monde des vivants, ce qui va s’avérer être une lourde erreur. La phase progressive d’auto-destruction de la mignonne zombinette va constituer le climax fil conducteur de cette série B. Lentement, mais insidieusement, la déesse Melinda va se métamorphoser en beauté fatale au sens propre du terme. Pour pallier à la faim insatiable qui la ronge, la plus si douce moitié de Curt va pratiquer sur son corps – objet de damnation ultime – la scarification, la perforation, et toute une batterie de mutilations que ne renierait pas un cénobite. Si Julie va s’arranger le portrait à un point tel que même un Pinhead en perdrait presque ses clous, son esprit attiré par le côté obscur de la viande luttera jusqu’au bout en caressant l’espoir de ne pas blesser son cher et tendre : le lien les unissant étant plus intense que la zombification programmée auquel Julie est désormais confrontée. Et ceux, même si tous cela va se conclure de la manière dont cette mésaventure a pris forme : c’est-à-dire dans le sang.

Et du sang, il va y en avoir des hectolitres ! Peu regardant sur les quantités d’hémoglobines versées et les morceaux de barbaques arrachés tous azimuts, les effets gores – autre grosse réussite conséquente de ce métrage – sont légions et particulièrement bien fichues. Les attaques des goules affamées abondent et on ne compte plus les démembrements, lacérations, morsures et autres joyeusetés qui parsèment généreusement cette love storie d’outre-tombe à la sauce anthropophage.

Sorti en 1993 à une période où le zombie ne jouissait guère d’une grande popularité, à cette époque la chair putréfiée n’étant pas en odeur de sainteté chez les producteurs lorsqu’il fallait allonger quelques billets verts afin de permettre la mise en chantier de la mort qui marche ; la péloche de Yuzna fit sensation auprès du public et rafla même un prix au – encore – prestigieux Festival du Film Fantastique de Gérardmer en 94. Point d’orgue culminant au sein de la filmographie du natif des Philippines, Return of the living dead 3 représente probablement ce qu’il a fait de mieux. Pour ma part, et même en tenant compte des partouzes gluantes de la populace du riche Beverly, Brian Yuzna n’a jamais été aussi bon.

LE RETOUR DES MORTS-VIVANTS 3

Brian Yuzna – Etats-Unis – 1993

Avec J. Trevor Edmond, Mindy Clarke, Kent Mc Cord, Basil Wallace, James T. Callahan, Sarah Douglas, Mike Moroff…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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