THE FARM

C’est quel tableau célèbre déjà ça ?

« Uncle MacDonald is a farm », un air bien connu que vous avez tous déjà entendu, et qui est une véritable institution chez nos amis ricains.
Mais si le bon tonton a une ferme dans laquelle il exploite un élevage de grande qualité, il en est d’autres qui n’ont pas la même vocation. Car c’est bien connu, les mets les plus raffinés attirent une clientèle exigeante, prête à payer le prix fort pour obtenir de la rareté, quitte à ce que celle-ci soit de la chair humaine.
Vous sentez poindre une plongée dans le monde fascinant du cannibalisme ? Ah mes amis, si vous saviez seulement ce qui vous attend… parfois le destin nous réserve de bien mauvaises surprises, histoire de se moquer un peu de nous. Ce destin qui ourdi depuis quelques semaines une intrigue de taille, en cause une affiche qui suscite la curiosité, autant que le synopsis qui s’y rattache, avant de nous asséner le coup fatidique. Le salopard aura eu raison de nous !

On fait les mêmes pour le carnaval ?

Nora et Alec, jeune couple amoureux, traversent les grandes étendues des États-Unis afin de regagner la cité des anges.
Un parcours qui les emmène au cœur de cette Amérique rurale et profonde, où ils rencontreront quelques gus aussi sympas qu’une porte de prison.
La route est longue, plus longue que prévue, et la grosse tuture a soif ! Après un premier arrêt pipi dans un environnement qui ne donne pas envie de rester pour pique-niquer (ou pour niquer tout court) ; après avoir vainement tentés de secourir une pauvre vieille dame bilieuse en pleine cambrousse, se profile enfin le point de ravitaillement.
Vieille baraque de bois, tenue par un pompiste complètement louche, et arrêt dans un Diner où commander un café pourrait vous valoir une beigne en pleine gueule, très clairement, pour Nora, il est temps de retrouver les traces de la civilisation.
Mais bon, évidemment serait-on tenté de dire, son mec commence à sentir la fatigue qui s’installe. Heureusement que le pompiste lui a conseillé un charmant coin où loger : cabane au cœur des bois, tout confort et promesse d’être reçu avec tous les égards.
Sauf que le lieux, qui paraît fréquenté, n’inspire pas la belle Nora qui a pas vraiment envie de finir découper par le boogeyman local. Alec étant moins pessimiste, décide de rester dormir dans ce petit paradis, tenu par un propriétaire dont le père et la mère doivent assurément être du même sang. Faut dire, avec le trogne qu’il se paie, rien d’étonnant !
Si Nora ne le laisse pas indifférent, on imagine mal le contraire. Sûr que le gars doit baver, lui qui doit plus souvent emmancher une chèvre qu’une jouvencelle. Le têtard doit frétiller dans le calbute.
Ou alooooooors, c’est la qualité de première fraîcheur qui doit l’attirer ! Parce que Nora elle a bien senti qu’il se passait des choses pas très cathos dans le coin. Elle en aura vite la preuve, en se réveillant le lendemain, enfermée dans une cage.
Elle découvrira l’horreur sous toutes ses formes, en constatant qu’elle est prisonnière d’une ferme qui fait de l’élevage d’êtres humains.
Un élevage destiné à terminer dans nos assiettes, alors forcément pour la jeune femme il est temps de retrouver son Jules et de foutre le camps de cet endroit !
Plus facile à dire qu’à faire, puisque les éleveurs tiennent beaucoup à leur bétail !

« Ouvrez ouvrez la cage à laaaa d’moizeeeelleee »

Tic…Tac! Tic…Tac! C’est le doux bruit mécanique de mon horloge, lequel n’a cessé de se glisser dans mon oreille pendant (presque) tout le long du métrage.
Chers amis lecteurs, c’est un être un bout du rouleau qui écrit ces lignes, et je vous demande implicitement soutient et encouragement pour ne pas sombrer dans les méandres obscures de la dépression post-visionnage !
Mais ne brûlons pas les étapes, et laissez-moi vous en dire plus sur ce malheur qui vint à me frapper.
Attiré par l’alléchante affiche et son synopsis – mais ça je l’ai dit plus haut – je me suis laissé flatter à mes dépends.
Voici donc que The Farm débute, directement dans l’habitacle tout confort du SUV d’un jeune couple en balade. Les prémices semblent promettre un film captivant, puisque très vite on comprend que l’hostilité des péquenauds que rencontrent nos voyageurs, cache en fait tout autre chose.
On entrevoit déjà les grandes lignes de caractères des deux tourtereaux : Alec est un éternel optimiste, toujours bienveillant et attentif à son prochain. Tout l’inverse de sa grognasse qui le fait royalement chier à force de rouspéter, de voir le verre à moitié vide et d’être aussi cinglante avec le prolétariat.
Comme il est trop gentil pour le lui dire, il arbore un sourire magnifique et passe tout de suite à autre chose. Déjà, à cet instant, on a bien envie de le voir mourir en premier !
Puisque l’on sait qu’il va se passer un truc bien crade, on ressent cette monté d’adrénaline si caractéristique. Et vient donc cet instant cruciale, lorsque le couple est face à face avec celui qui deviendra leur bourreau.
L’instant d’après, les voici qui émergent en tant que bétail, et là… YES!, on va avoir droit à du charcutage en règle, à une tentative d’évasion qui va rythmer le long par des courses folles et effrénées entre les fermiers et leurs bêtes,… bref, on va se pourlécher les babines.
Tic…Tac! Tic…Tac! L’horloge se fait entendre, mais ce n’est rien, le grand moment va arriver, c’est imminent… ah! En fait non.
Á cet instant, il ne se passe absolument plus rien ! Les consanguins sont là, arborant un masque à l’effigie d’un bovin ou d’un équidé et… toujours rien !
Nous sommes tout de même un peu privilégié, puisque nous assistons à une visité guidée de l’endroit, au gré des déambulations des autochtones, lesquels sont filmés allant d’un point à un autre sans véritable but.
Bien entendu on peut les voir exercer leur métier avec panache, de quoi faire pâlir Gaïa – ou les droits de l’homme?, parce que je sais plus où j’en suis là. Leurs exactions sont commises en toute impunité et nous assistons à ce spectacle sans pour autant être convaincu qu’il puisse encore se passer quelque-chose. D’ailleurs, les dialogues deviennent soudainement inexistants. Remplacés par une musique stridente, totalement inaudible tant elle vous casse les oreilles.

Avec une gueule pareille, il s’est pris une porte lui. Pas possible autrement !

Comme on s’emmerde d’un royal, on tente de comprendre les motivations du réal’, un certain Hans Stjernswärd (en plus il a un nom imprononçable) dont j’avoue ne rien savoir.
On cherche une explication et, aussi farfelue soit-elle, ça ne peut être que cela : le mec tente de nous vendre un film d’horreur afin de nous conscientiser du mal que l’on fait aux animaux. Nous sommes alors face à un réalisateur végan qui nous assène d’une morale toute faite, surfant davantage sur un phénomène de mode, allant même jusqu’à l’outrance en nous accusant ouvertement de crimes odieux. J’en veux pour exemple cette séquence dans laquelle un bébé se fait éclater la tronche sur le sol avant d’être balancé dans les ordures.
Personnellement, ce genre de morale qui veut faire naître chez le spectateur un sentiment de culpabilité tel que, au final, celui-ci va se convertir, a une fâcheuse tendance à m’énerver.
Sous couvert de réaliser une péloche horrifique, c’est de la propagande honteuse qu’on nous déverse, comme ça, gratuitement, sans avoir aucun recul sur son public, lequel est déjà condamné à l’entame.
Alors non, sorry, mais ça ne prend pas ! Qui plus est, si le désir du bon Hans était d’évoquer la cause végane, il aurait pu (du) le faire en prenant soin de travailler son scénario.
Décousu et abracadabrantesque, rien ne peut être sauvé d’un tel torchon.
D’abord le personnage de Alec parvient à se libérer, on ne sait trop comment et il est fort à parier que Stjernswärd (prononcez comme vous le sentez hein, pas de chichi entre nous) ne le sait pas davantage. Ensuite, retrouvant sa dulcinée, les voici qui tentent de fuir le lieux sans jamais y parvenir. Pourquoi ? Allez savoir. Et ne croyez pas que ces séquences soient plus énergiques, au contraire, elles surfent sur la même vague de monotonie.
Bien entendu nous pourrions mettre tout cela sur le compte d’un budget riquiqui. The Farm a été fait avec trente dollars en poche, ça on l’a bien compris. Mais ce serait un peu facile, car le financement n’est pas seul en cause, et on a suffisamment vu des réals fauchés nous pondre de petites pépites.
La véritable cause est à aller chercher chez Hans Stjernswärd ! Le gaillard n’a aucune technicité, ne sait pas utiliser tout le potentiel de la caméra, ne parvient pas à diriger ses acteurs qui, bien qu’ils se donnent du mal, peinent à convaincre. Et ne parlons pas de la photographie, laquelle n’exploite même pas la beauté des paysages ambiants. Même schéma pour le scénar’ qui est vraiment mauvais – il faut bien appeler un chat un chat – et qui nous prendra pour des gogos décérébrés jusqu’au final où s’imbrique une symbolique biblique qui, plutôt que de nous heurter, nous laissera pantois. Qu’est-ce que ça vient foutre là ? Les voies de ce tordu de Hans sont décidément impénétrables.

Parés pour une sortie éducative ?

Vous comprenez mieux maintenant pourquoi je suis désemparé ? Oui ? Alors merci du soutient indéfectible que vous m’aurez témoigné tout au long de cette chronique.
Et vous savez quoi ? Et bien d’ordinaire je cherche toujours un élément positif, histoire de saluer l’initiative de l’artiste qui a eu le courage de dévoiler son œuvre. Là, par contre, c’est mission impossible !
The Farm est d’une nullité affligeante et ne mérite même pas le sobriquet de nanar.
Bobine à jeter dans les chiottes tant un machin pareil n’est pas permis, et malheureusement, un pseudo-réalisateur qui ne risque pas de sortir un jour des oubliettes où je l’ai enfermé !

De Hans Stjernswärd (2018)

Avec : Nora Yessayan, Ken Volok, Alec Gaylord,…

Ced Valentin
Avec un papa cinéphile qui me berça trop près du magnétoscope, il était tout naturel que j'attrape la bosse de la cinéphilie. Ainsi, de mes petits yeux émerveillés je pu découvrir tout un tas d'univers qui, aujourd'hui encore, me fascinent : Horreur, S-F, Action, Polar, Western,... des genres divers et variés que mon daron aimait partager avec un fiston qui en demandait toujours plus et plus encore ! L'âge adulte n'ayant rien arrangé, je continue à m'approvisionner à un rythme frénétique, à regarder le plus possible de péloches, histoire de satisfaire un appétit insatiable.

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