Princess Bride

Tout d’abord et que les choses soient claires dès le départ : ce film est une merveille absolue ! Voilà, c’est dit. Et il est inconcevable (à prononcer avec le zozottement adéquat, faut voir le film en vf pour comprendre) de penser le contraire… Tiré d’un roman de William Goldman paru en 1973 et adapté par ce dernier, Princess Bride est unique en son genre et, près de 30 ans après sa sortie, n’a pas vieilli d’un iota… Son Antenne d’Or à Avoriaz en 1988 était amplement méritée et on comprend aisément pourquoi il fait l’objet d’un véritable culte, principalement aux Etats-Unis, au point de posséder son propre site internet, toujours actif à l’heure où vous lisez ces lignes (http://princessbrideforever.com/). Les nombreux fans connaissent les répliques sur le bout de doigts et, à l’instar du Rocky Horror Picture Show, des projections sont régulièrement organisées avec des scènes rejouées en live par les spectateurs. Anecdote qu’on découvre dans le docu sorti pour les 25 ans du film : un des plus grands fans du film n’est autre que Bill Clinton qui avoue l’avoir vu plus de 200 fois (!!) avec sa fille Chelsea.

« Comme dirait ma femme… »

Conté de fées autre, bousculant les codes du genre tout en les respectant, Princess Bride repose sur une histoire limpide : un petit garçon (Fred Savage) cloué au lit par la grippe, s’amuse aux jeux vidéo dans sa chambre. Quand son grand-père (Peter Falk) vient lui rendre visite et se met en tête de lire à haute voix un conte de fée, la gamin accepte à contre-cœur  et écoute son grand père lui conter l’histoire de Bouton d’Or (Robin Wright) : au Moyen-Age, dans le pays imaginaire de Florin, la belle Bouton d’Or se languit après le départ de son bien-aimé Westley (Cary Elwes), parti chercher fortune et qu’elle croit mort, tué par une bande de pirates. Cinq ans plus tard, elle est choisie comme épouse par le prince Humperdinck (Chris Sarandon) pour qui elle n’éprouve rien. Peu avant les noces, elle est enlevée par trois bandits, le chef Vizzini (Wallace Shawn) et ses 2 acolytes, Inigo Montoya (Mandy Patinkin) et Fezzik (André le Géant). La voici entraînée dans une aventure mouvementée qui va la mener à retrouver sa raison de vivre…

Un cavalieeeeeeeeer qui surgit hors de la nuiiiiit…

Un vrai « Once upon a time movie» en somme… Du moins en apparence, car très vite, on comprend que Rob Reiner (Spinal Tap, Stand by me, Quand Harry rencontre Sally, …), s’il signe un bel hommage aux contes de notre enfance, va s’amuser aussi à en proposer un habile détournement. Tous les codes et stéréotypes du genre vont être pervertis par l’humour et l’irrévérence mais jamais l’irrespect tant le réalisateur et son scénariste démontrent à chaque instant qu’ils aiment réellement leur sujet. Tout y est : la romance, les combats, la grandeur d’âme, les discours grandiloquents, … mais tournés en dérision, manipulés et portés par un humour irrésistible. Anachronismes, principalement dans les dialogues, décors en carton-pâte, créatures aux FX désuets (les fameux RTI, Rongeurs de Taille Inhabituelle), cabotinage éhonté et volontaire des acteurs : autant d’éléments qui offrent au film un charme et une fraîcheur qui le portent de bout en bout. Ou quand le conte de fée se transforme en conte défait…

Dès le commencement, comme l’enfant qui écoute son grand-père – Peter Falk (Columbo) est savoureux -, le film nous happe pour ne plus nous lâcher à l’aide de scènes joliment ficelées, que ce soit dans les dialogues ou dans l’action. A ce titre, le duel à l’épée initial entre Wesley et Inigo est un exemple de chorégraphie que n’auraient pas renié Errol Flynn ou Douglas Fairbanks, agrémenté d’une drôlerie des tous les instants par les échanges entre les deux protagonistes. Un exemple parmi d’autres quand Inigo balance : « Tu me sembles un type bien. Ça m’ennuie de te tuer » et que Westley lui répond « Tu me sembles un type bien. Ça m’ennuie de mourir ».

Mais qu’elle est belle Robin…

Le casting est à l’avenant du scénario et des dialogues. Robin Wright (♥) illumine chaque plan par sa beauté, Cary Elwes est charismatique à souhait dans le rôle du héros et Chris Sarandon (Fright Night forever !!!) excelle dans sa partition de grand méchant mégalomane. Mais on accordera une mention spéciale au trio d’acteurs interprétant les trois bandits. Wallace Shawn, bien que dans une participation assez courte, décroche la timbale en chef de bande veule, teigneux et bourré d’autosuffisance (et zozottant, cf ma première phrase 🙂 ). Mandy Patinkin, quant à lui, interprète avec brio le noble Inigo Montoya qui cherche depuis 20 ans l’assassin de son père, tué par un vilain possédant 6 doigts à la main droite. Impossible de passer sous silence cette réplique qu’il assène à moult reprises avec l’accent adéquat : « Buenos dias, yé m’appelle Inigo Montoya, tou as toué mon père, prépare-toi à mourir ». Enfin, André le géant joue le personnage débonnaire le plus gentil qu’il soit, véritable enfant dans un corps de brute. Ce catcheur, qui souffrait d’acromégalie, fit une très brève carrière au cinéma et c’est son extrême gentillesse que ses partenaires de jeu retiendront…ainsi que son penchant pour les boissons alcoolisées qu’il ingurgitait par litres (dans les bonus du docu cité plus haut, on raconte que le jour de l’arrivée du beaujolais nouveau, il s’enfila 12 bouteilles à lui seul…).

« Le mec juste en dessous, il a une couronne ridicule… »

A noter aussi les participations de Billy Cristal et Carol Kane, méconnaissables sous le maquillage de deux sorciers à l’accent juif prononcé. Un des dialogues de Billy Crystal démontre bien les anachronismes dont il est question plus haut : à Inigo Montoya qui lui dit qu’il n’y a pas de plus grande cause à défendre que le grand amour, il rétorque : « Eh mon petit vieux, le grand amour c’est la plus grande chose en ce monde. Sauf peut-être un Big Mac, un bon sandwich bœuf-tomate et laitue que le bœuf il est maigre et tendre et kacher, et que la tomate elle est bien mûre. Ça ravigote, j’adore ça.» Aucun personnage n’est laissé de côté et chacun a son moment de gloire ou sa scène dialoguée mémorable comme le Prince Humperdinck qui dit à son vil homme de main : « Écoutez, vous savez à quel point j’aime vous voir travailler, mais je dois préparer le 501ème anniversaire de mon pays, organiser mon mariage, tuer ma femme et Guildert à faire accuser. Je suis vraiment débordé ».

La musique du film, signée Mark Knofler, leader du groupe Dire Straits, participe grandement au charme du film, tout comme le choix de Reiner de tourner en grand en partie en décors naturels, les paysages anglais offrant de splendides moments. Et les scènes tournées en studio ne font qu’accentuer le contraste volontaire entre le « naturel » de ces paysages et le « carton-pâte » des scènes d’intérieur, participant au décalage constant du film.  

« Tu ne penses pas que ma couronne est un peu ridicule ?« 

Preuve que cette œuvre est intergénérationnelle, je vous livre une petite anecdote perso : comme le garçon du film face au livre que veut lui lire son grand-père, mon fils agé de 12 ans à l’époque où je lui ai fait découvrir le film, bercé aux histoires de super-héros, était légèrement réticent à l’idée de regarder Princess Bride. Très vite je l’ai vu s’esclaffer, vibrer et prendre du plaisir à ce qu’il visionnait. Et comme le jeune héros vis-à-vis de son aïeul, il m’a remercié à la fin de lui avoir fait connaitre ce petit chef-d’œuvre. Voici donc le conseil que je vous donne si vous voulez passer un vrai bon moment : voir ou revoir ce film toutes affaires cessantes. Mais, en fait, c’est comme vous voulez…As you wish

de Rob Reiner (1987)
Avec : Robin Wright, Cary Elwes, Mandy Patinkin, Peter Falk, Chris Sarandon, Billy Crystal, Carol Kane, André le Géant, Wallace Shaw

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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