Á L’AUBE DU 6ème JOUR !

« Dis Arnold, tu as encore l’âge de jouer à la poupée ? »

Vous rappelez-vous de la petite Dolly ? Mais si voyons, c’est cette brebis clonée qui avait tant fait parler d’elle à la fin des années 90. On s’en souvient d’autant plus que, lorsque le clonage a été invoqué, notre imagination fertile s’est tout de suite mise au travail en imaginant les trucs les plus dingues.
Une simple brebis dupliquée et voilà qu’on se tape un délire de tous les diables ; davantage encore lorsque les illuminés de Raël annoncèrent un jour avoir commis le péché ultime : ils venaient de cloner un homme !
Paroles science-fictionnelle ou fait avéré ? On ne veut pas vraiment le savoir. Et c’est fou de constater à quel point on est heurté lorsque cela touche notre propre espèce. Ah là on crie au blasphème, mais qu’une pauvre bébête passe par la case éprouvette, on s’en bat les roubignolles. Non mais franchement nous devrions avoir honte !
Si le sujet reste tabou, il ne l’est pas sur grand écran. Là aussi quelques esprits inventifs eurent tôt fait d’imaginer la pire des situations. Laquelle serait de se confronter à son propre double, ce qui aurait pour résultat de bien perturber notre équilibre, ne sachant pas lequel est le plus vrai des deux.

« Putain faut que j’aille chez Optic’ 2000, je vois double ! »

Adam Gibson a vécu cette mésaventure ! Au 22ème siècle le clonage sur les animaux est une sinécure. Un chien, un chat, un perroquet,… décédés ? Pas de problème, rendez-vous dans votre boutique de répliquant préférée et vous n’aurez jamais à connaître la peine de perdre votre petit compagnon.
Par contre, pas question de toucher à l’être humain. Si cela fut pourtant bien tenté, le résultat connut quelques problèmes qui scellèrent à jamais toutes ambitions à recommencer.
Alors pourquoi… oui pourquoi Adam Gibson, un père de famille normal, patron d’une petite compagnie de voyage en hélicoptère, a t-il été confronté à son double le soir de son anniversaire ? Á travers la fenêtre de sa maison cossue, la scène qui s’offre à lui est totalement surréaliste : il est en train de fêter son annif, entouré de ses proches !
Pas le temps de réfléchir, pas le temps de passer la porte pour demander des explications, car déjà se dressent derrière lui deux éliminateurs qui tentent de l’enlever.
Bien décidé à ne pas se laisser faire, Adam se défend et parvient à prendre la fuite. Ce dont il a besoin maintenant c’est de comprendre ce qui s’est passé.
Pour ce faire, il va se tourner vers un consortium qui pourrait être à la base de cette hérésie. Son patron, Michael Drucker et le scientifique Griffin Weir, ont-ils ourdis un plan machiavélique pour permettre le clonage humain ? Histoire de gros sous et de reconnaissance dans le milieu scientifique sont au cœur du cauchemar vécu par Adam. Car au final, comment s’est-il retrouvé dans ce merdier ? Pour retrouver sa vie d’avant, il lui faudra affronter les deux antagonistes, avec l’aide de son double cela va de soit !

« Arnoooold, tu pourrais me r’garder espèce de goujat ! »

Il y en a toujours qui verront le verre à moitié vide, prétextant que Á l’Aube du 6ème Jour n’est jamais qu’une production qui pique ses idées dans ces écrits S-F des 70’s, tout en ajoutant le bonne dose d’action très 80’s histoire que Schwarzy ne quitte pas sa zone de confort.
Drôle d’idée, car le film signé Roger Spottiswoode – à qui l’on doit Tomorrow Never Die – est bien loin de tomber dans la facilité. Certes, avec un Verhoeven ou un Cameron aux commandes le long aurait eut une autre gueule, mais le bon Roger s’en tire plutôt bien dans l’ensemble.
Avec la complicité de ses deux scénaristes, Cormal et Marianne Wibberley, il va s’attaquer à ce grand débat qu’est le clonage. Nous sommes en 2000, et quatre ans auparavant les journaux télévisés, la presse écrite et radio nous bassinaient avec la petite brebis Dolly. Autant dire que le réalisateur est à la page au moment où il commence le tournage et où ce dernier débarque sur les grands écrans.
Pour autant, pas question de faire un procès d’intention, et très rapidement l’on prend conscience que le sujet est avant-tout d’ordre purement scénaristique. Tout au plus, il est le fil conducteur qui permettra à Arnold Schwarzenegger de faire jouer ses muscles au moment opportun, mais sans jamais dénaturer l’aspect humain en toile de fond.
Á l’Aube du 6ème Jour nous sert un futur dans lequel son protagoniste privilégie la simplicité un peu désuète aux grandes questions qui tentent d’améliorer l’avenir. Ainsi le personnage de Adam révèle son côté old school ce qui, de prime abord, fait un peu cliché mais se retrouvera assez vite sublimé lorsque celui-ci exposera sa vision de la vie.
Le décorum est alors en parfaite adéquation avec le sujet en nous proposant un 22ème siècle assez quelconque, hormis quelques gadgets qui commencent à devenir réalité à notre époque, comme par exemple la voiture qui se conduit toute seule. En évitant tous les poncifs du genre qui décrivent le fatalisme ou l’esclavage technologique auquel nous succombons, le réalisateur fait en sorte que le traitement qu’il apporte à l’histoire conserve son élégance.
Tant mieux dirons-nous, puisque cela permet au récit de rester limpide, et pour le spectateur de se mater la péloche sans se prendre la tête.
Véritable blockbuster, le long de Roger Spottiswood mêle donc adroitement la réflexion sur notre future et une bonne dose d’action, mélange de genres qui fonctionne rudement bien tant il conserve cet équilibre essentiel au bon déroulement de l’intrigue. Le rythme est alors toujours constant, la sauce ne retombe jamais et les scènes se succèdent dans une frénésie contrôlée.

« T’as vraiment une sale gueule Tony ! »

Notre Schwarzy adoré est, sans grand étonnement, à l’aise dans l’exercice et même si son interprétation n’amène pas de grandes surprises, elle suffit à parfaire le film dans son ensemble.
Petit regret cependant, le rôle de Michael Rapaport est trop vite expédiée. L’acteur qui campe l’associé de Adam aurait été bénéfique afin de contraster avec ce dernier. En effet, si le sieur Arnold joue ce père tranquille, Rapaport, lui, surfe sur le côté bad boy. Une opposition qui aurait ainsi apportée plus de rondeur au film, lequel s’amuse un peu trop à jouer sur les rapports entre Adam et son double.
Heureusement, face à cela, se dresse un vieux briscard : Robert Duvall !
L’acteur que l’on ne présente plus excelle une nouvelle fois dans un rôle à l’ambiguïté que l’on voit venir de loin, mais qui se veut une fois encore efficace grâce au talent de tonton Robert.
Tony Goldwyn est également de la partie et on constatera que les rôles de vilains lui vont vraiment comme un gant. Après avoir été l’immonde salopard dans Ghost, le voici dans la position du leader dans le domaine du clonage, et forcément, il est loin de se poser en mécène.
Les quelques truculences, lors de savoureuses répliques, sont à imputées à Michael Rooker. Visiblement en forme le mec se donne à fond et, résultat des courses, on apprécie à juste titre ce bel effort.
Ajoutez à ce beau monde Terry Crews et la belle Sarah Wynter, et vous avez là un splendide casting qui vous en donnera pour votre argent.
Avec un scénario honnête et une réalisation soignée, The 6th Day est typiquement le genre de métrage qu’on aime regarder et qui, à défaut de vraiment nous surprendre, nous offre des agréables moments d’intensités.

De Roger Spottiswoode (2000)

Avec : Arnold Schwarzenegger, Robert Duvall, Michael Rapaport, Sarah Wynter,…

Ced Valentin
Avec un papa cinéphile qui me berça trop près du magnétoscope, il était tout naturel que j'attrape la bosse de la cinéphilie. Ainsi, de mes petits yeux émerveillés je pu découvrir tout un tas d'univers qui, aujourd'hui encore, me fascinent : Horreur, S-F, Action, Polar, Western,... des genres divers et variés que mon daron aimait partager avec un fiston qui en demandait toujours plus et plus encore ! L'âge adulte n'ayant rien arrangé, je continue à m'approvisionner à un rythme frénétique, à regarder le plus possible de péloches, histoire de satisfaire un appétit insatiable.

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