Thématique « monstre »

Peut-être est-ce dû à nos physiques disgracieux (chez certains plus que chez d’autres d’ailleurs) mais chez Monsters Squad on aime les monstres en tout genre… On les adore même ! Les gros, les petits,  les vrais, les faux, les laids, les beaux, les durs, les mous… Les gros touffu, les p’tits joufflus, les grands ridés… On les kiffe tous on vous dit ! On parle toujours de gloumoutes, hein, rassurez-vous… Qu’elle serve de métaphore ou qu’elle soit purement gratuite, la figure monstrueuse nous passionne sous toutes ses formes et dans tous les médias. Pour preuve, la plupart des œuvres qu’on adule en sont remplies et vous n’avez qu’à faire un tour sur les anciens articles de notre blog pour vous en convaincre… Bref, on aime les choses différentes, gluantes, méchantes et étranges, et oui… on parle toujours de gloumoutes (bis). Puisque ce site est avant tout le moyen de partager avec vous nos passions et qu’on a récemment acté de vous proposer de temps à autres de petits textes thématiques, on a décidé de vous présenter chacun notre petit « top » des cinq choses qui nous viennent en tête lorsqu’on entend ce mot magique : « MONSTRE »… Attention, ça tache !


The Thing
Impossible de disserter sur le thème du Monstre sans parler de mon film préféré, The Thing de Carpenter. Modèle de paranoïa et de tension, le film doit aussi énormément à sa créature extraterrestre polymorphe. À mes yeux, le travail de Rob Bottin sur la bestiole ne représente pas seulement l’apogée de son impressionnante carrière, c’est aussi un des sommets dans le design de monstre au cinéma. Tout simplement. Peu de créatures m’ont autant marqué que La Chose de Jojo Charpentier : horrible, répugnante, agressive et, quelque part, parfaite !

Eraserhead
Impossible de disserter sur le thème du Monstre sans parler de mon film préféré, Eraserhead de David Lynch (ben oui, j’ai plein de films préférés !). Clairement pas un film de monstre, mais plus un film cauchemar peuplé de personnages bizarres (la femme dans le radiateur ??) dont le « bébé » du protagoniste remporte définitivement la palme. D’ailleurs, personne ne semble réaliser que la progéniture d’Henry n’est absolument pas un bébé mais bien une abominable bestiole. Une créature difforme et repoussante qui passe son temps à hurler et à geindre. Ce véritable monstre me met toujours super mal à l’aise et je me demande à chaque fois comment Lynch a réalisé ce trucage bluffant…

The X-Files
Ma passion pour The X-Files remonte à mon enfance, j’ai littéralement été happé par cette géniale série TV, à l’âge de 8 ou 9 ans. J’étais le genre de gamin qui aimait les histoires qui font peur et on peut dire que j’y trouvais mon compte : chaque saison de la série de Chris Carter a été un véritable florilège d’aliens, de monstres et autres merveilles cryptozoologiques ! Rien que d’en parler, j’ai envie de me refaire les premières saisons ! Mes plus grosses trouilles à l’époque : El Chupacabra, Tooms le mutant, les insectes fluorescents agressifs et le spectre du père de Scully, qui lui apparaît et lui parle mais dont on dirait qu’on lui a coupé le son… FLIPPANT.

Ze Craignos Monsters
On va faire dans l’original : Jean-Pierre Putters a été pour moi un véritable guide dans les méandres du ciné fantastique, et sa série de trois bouquins Craignos Monsters a fait office de véritable bible pour moi. Passionné, pointu mais toujours agréable à lire et adepte des jeux de mots foireux, le JPP a consolidé mes maigres connaissances d’ado et n’a fait qu’accentuer mon amour des films de l’imaginaire et des bestioles poilues. Les trois volumes sont des must have absolus, mais j’ai toujours eu un petit faible pour le deuxième volume, qui se concentre pour sa part sur les insectes géants, les robots, les savants-fous, les extraterrestres ou encore les Kaiju… Un beau programme !

The Deadly Spawn
Raaah, l’exercice est trop difficile, trop douloureux, impossible de s’arrêter uniquement sur 5 misérables choix (on aurait au moins dû dresser un top 50 les gars !). Tellement de fabuleux monstres qui passent à la trappe ! Après mûre réflexion, je vais vous parler des monstres (de l’espace) du film The Deadly Spawn, parce que franchement, ils sont particulièrement mortels (dans tous les sens du terme d’ailleurs !). Si je devais imaginer et confectionner mon propre monstre, il y a de grandes chances qu’il ressemble à ces superbes bestioles rosâtres ! Le film fleur bon l’amateurisme, le rythme est boiteux et les acteurs sont dans les choux mais bordel… quelles magnifiques créatures ! Tout en latex comme on aime ici, elles sont en plus dotées d’un design aussi soigné qu’épuré… Les bestioles sont en effet réduites à un simple et unique concept : ce sont des machines à tuer, il s’agit donc simplement d’hydres surmontées de mâchoires méchamment dentées ! Et ça fonctionne du tonnerre, on se pâme d’admiration à chaque apparition de ces horreurs intersidérales, qui sont d’ailleurs l’unique raison d’être de ce film globalement assez chiant.


Dracula
Un des (le ?) meilleurs romans que j’ai lus. Et le seul que j’ai lu 2 fois. Il m’a marqué ado et l’impression a été aussi forte quand je l’ai relu adulte. Un bijou présentant un monstre terrifiant, maintes fois adapté au cinéma ou à la télévision. Je retiens personnellement les versions de F.F. Coppola, Dan Curtis ou John Badham mais aussi évidemment Le Cauchemar De Dracula de Terence Fisher, premier d’une série inégale de films initiés par la Hammer. A noter aussi la très bonne mini-série récente produite par la BBC, certes non exempte de défauts, mais ayant le mérite de proposer un angle original et surprenant.

Les Monstres En Tous Genres De The Mist
Je cause ici du film de Darabont. Non pas que la nouvelle de King soit à jeter, mais on tient avec cette pelloche un des bons et rares exemples de film qui transcende littéralement l’œuvre littéraire dont il s’inspire. Les créatures tapies dans la brume sont effrayantes malgré leur relative discrétion à l’écran mais ce sont ici les monstres humains qui prennent le dessus. Et ils font bien plus flipper encore… Et puis, impossible de passer sous silence le final tétanisant, sans doute un des plus nihilistes et sombres jamais vus. Il m’a fallu du temps pour m’en remettre…

King Kong
Monstre ? Oui en effet, de par son gigantisme. Mais pas dans le sens de monstrueux car en fait, notre brave Kong n’a rien demandé à personne : on est venu l’emmerder, l’exploiter et le tuer. Le film de 1933 est un chef d’oeuvre, celui de 2005 n’en est pas loin et le Skull Island de 2017 offre son quota de séquences dantesques et s’avère au final un excellent divertissement. Mon souvenir le plus prégnant concernant Kong : celui de mon fils de 7 ans à l’époque de sa découverte de la version de Peter Jackson et me disant, les yeux plein de larmes lors des scènes finales : «  Mais papa, c’est pas juste, il n’a rien fait, il vivait sur son île et les hommes sont venus le chercher, l’ont maltraité et maintenant ils le tuent ! » Et oui gamin, ce n’est que le triste reflet de la réalité de la nature humaine…

Bruce
Pour les ignares, Bruce c’est le surnom du requin du fabuleux Jaws de Steven Spielberg. Et comme monstre, il se pose là notre ami aux dents longues. On connait la raison qui a poussé Spielby et ses producteurs à rendre le squale discret à l’écran : la technique défaillante de la machinerie. Le film aurait-il été aussi réussi si les effets avaient été moins capricieux ? Le génie de Cincinnati aurait-il agi différemment ? On ne le saura jamais vraiment mais on s’en fiche un peu : on tient là un chef d’œuvre de flippe et un film qui a fait date. Et pas seulement parce qu’il est considéré comme le premier blockbuster de l’histoire du 7ème art…

Les Mogwais/Gremlins
N’ayant pas pu le mettre dans le top des films de Noël qu’on vous avait offert en 2018 car l’ami Val l’avait déjà fait, je le mets ici, NA ! Pour les mêmes raisons que lui… (oui, je ne me suis pas foulé pour le coup et vous savez quoi ? Rien à foutre 😊 )

Sinon, j’aurais pu mettre des monstres terriblement humains et réels mais ce n’est pas le propos. Pourtant, la réalité est souvent bien pire que la fiction…


101 Monstres Ringards (livre de Jean-Pierre Putters)
Un livre indispensable… Oui ! Indispensable. Ce bouquin rempli de monstruosités putrides (Jean-Pierre Putters dit qu’il y en a 101, je ne vais pas le contredire, surtout que je n’ai pas recompté) est probablement l’un des objets les plus chers à mon cœur ! J’ai découvert cet ouvrage alors que j’étais âgé d’à peine neuf ans. Après l’avoir longuement feuilleté dans la libraire, j’ai supplié mes parents de me l’offrir à Noël leur affirmant qu’après ça je n’aurais plus besoin de rien d’autre et que s’il ne fallait plus me faire qu’un seul cadeau de toute ma vie, ce devait être celui-là ! Une maquette follement pop (cette texture de fond, ces couleurs, cette typo de titre !!), des infos dans tous les sens, des blagues vaseuses, des jeux de mots approximatifs, des images cradingues… Les 101 Monstres Ringards de JPP est vite devenu ma bible…  Je me revois encore dans ma piaule à lire le bouzin en me cachant derrière mes caisses de Lego car les streums de Creepozoïds, From Beyond et Hellraiser me foutaient les jetons ! Un livre tellement important que j’ai pour objectif de voir tous les films cités dedans avant de passer l’arme à gauche ! Et n’oubliez jamais : « Si mère nyctalope, cyclope… »

Nightbreed (film de Clive Barker)
S’il ne fallait choisir qu’un seul monster movie je prendrais celui-là sans même me poser de question ! Le chef d’œuvre (et ne me dites pas que cette appellation est galvaudée) de Clive Barker contient tout ce que j’aime dans la thématique du monstre à savoir des designs outranciers et complètement tordus, un message qui nous renvoie à notre propre humanité et une jolie touche de romantisme… Nightbreed est un pur mélange des classiques de la Universal et du style graphique gluant des riches décennies 80 et 90. Impossible de ne pas tomber instantanément amoureux du bestiaire de Nightbreed surtout après que Boone et Lori, les deux protagonistes, nous aient proposé une excursion dans les entrailles de Midian, royaume des enfants de la nuit… Un film fabuleux, au sens littéral, qui nous en dit bien plus sur l’humain que n’importe quelle saloperie avec Guillaume Canet ! À voir, revoir, re-revoir et re-re-revoir à l’infini !

War Of the Monsters (jeu vidéo PS2 développé par Incognito Entertainment)
Quel gamin n’a jamais rêvé de devenir un monstre géant et de se bastonner avec ses amis en se jetant à la gueule des grosses briques, des bus remplis de petits vieux ou encore des antennes radios ? C’est ce fantasme dingo que propose de satisfaire War Of The Monsters, jeu vidéo sorti en 2003 sur PS2. Dans un univers très inspiré par les bisseries science-fictionnelles des 50’s, on peut se fritter tout seul contre l’ordi ou à plusieurs en multi. Le programme nous permet d’incarner pas moins d’une dizaine de monstres. On a donc le droit d’entrer dans la peau d’un cyclope électrique, d’un singe géant, d’un lézard atomique, d’un robot supersonique, d’un mante acide ou encore d’une cervelle d’outre-espace afin de piétiner des pauvres villes et de tester toute sorte d’objets qui pourraient faire perdre quelques PVs à nos adversaires… Une vraie série B vidéoludique, référencée, divertissante et complètement tarée !

Metamorphosis (livre de Rick Baker)
Si mon créateur de monstre préféré reste le regretté John Carl Buechler, Rick Baker possède une place toute particulière dans mon cœur comme il possède une place toute particulière dans le monde du cinéma. C’est un peu la superstar du genre, celui qui a traversé les années en enchaînant les projets enthousiasmants. Dans Metamorphosis, double livre magnifiquement édité (le papier est une vraie dinguerie) Rick Baker retrace toute sa vie, de ses débuts dans son jardin à ses délires dingos pour Star Wars, Men In Black ou Octaman en passant par son travail sur le clip de Thriller de Michael Jackson ou encore par son boulot d’accompagnement auprès de Cronenberg adepte des folies organiques… Le bouquin est blindé d’anecdotes et d’images rares et magnifiques. On y voit des détails de maquillage, on y découvre son studio, on y admire des croquis sublimes… Bref Metamorphosis est un ouvrage aussi important et intéressant que Rick Baker lui-même pour n’importe quel monster lover digne de ce nom ! Et qu’importe votre avis sur le bonhomme, une fois l’ouvrage refermé vous ne pourrez que vous incliner de respect devant l’un des plus grands artisans du cinéma de tous les temps !

Monster Wrestlers In My Pocket (jouets distribués par Matchbox)
En bon gamin des 90’s, je collectionnais et admirais toute sorte de jouet en plastoc complètement tarés :  Jojo’s, P.E.T. Aliens, Street Sharks, Nerfuls, Crash Dummies, Mighty Max, les figurines Tortues Ninjas et même les catcheurs de chez Hasbro… Je peux désormais vous l’avouer, l’une des collections qui me faisait le plus fantasmer était bien cette série de quarante minuscules figurines regroupées sous le nom chatoyant de Monster Wrestlers In My Pocket (sous-collection des célèbres Monsters In My Pocket)… Sérieusement ?  Une assortiment de petits jouets mous et colorés représentant une armée de mutants en slibard prêts à en découdre sur un ring ? Argh il n’en fallait pas plus pour exciter mon imagination… Dans nos frontières, ces jouets ont été distribués à l’unité dans les paquets de Frosties. Je n’en ai jamais trouvé en magasin. Dommage car ce reptile en juste-au-corps, ce phacochère ninja et ce rat lutteur auraient parfaitement trouvé leur place dans ma caisse à jouets… Promis, le jour où je touche une énorme prime, je file sur e-Bay me choper une collection complète et je vous en recause sur ce même blog !


Chair de Poule (série TV)
Un homme vêtu de noir, portant une valise, déboule dans une petite ville. Il se perche sur une colline et sa mallette, portant les initiales R.L. Stine, s’ouvre en laissant s’échapper une série de pages. C’est ainsi que débutait le générique de la série Chair de Poule, dont la première diffusion eut lieux le 27 octobre 1995 au Canada, avant de débouler en France et en Belgique le 23 août 1997. Et si je me souviens bien, dans le plat pays qui est le mien, c’était sur Club RTL !
Nous avions enfin droit – nous les gosses à qui nos parents nous interdisaient de mater un bon film d’horreur, mais qu’on le faisait en cachette – à une série entièrement dédiée au genre horrifique, avec bien entendu sa panoplie de monstres dans le sens large du terme.
Dés le premier épisode on plonge dans le bain : une histoire dans laquelle une jeune fille (Kathryn Long) achète un masque qui lui colle à la peau, au point de devenir une vraie monstruosité. Introvertie en début d’épisode, sujette à quelques moqueries, elle prend en quelque sorte sa revanche sans toutefois savoir ce qui va vraiment lui arriver. Une longue histoire pour le coup, puisque découpée sur deux épisodes.
Le jeune public est conquis, et ne sera jamais déçu par les trois saisons qui se suivent, et se ressemblent c’est vrai. Mais elles parviennent à nous entraîner dans nos peurs les plus prégnantes, comme lorsque ce terrible pantin prend vie, première apparition de l’impitoyable Slappy et qui compte parmi les meilleurs épisodes de la série ; ou encore lorsque Skipper, ado qui adore la bande dessinée Le Mutant Masqué, se retrouve face à face à son héros préféré ; plus encore quand cette petite famille se retrouve prisonnière d’un obscure parc d’attractions dont on ne peut s’enfuir. La jolie Heather Brown et son petit frère vont tenter de sauver leurs parents au péril de leur vie. J’en passe et des meilleurs, mais dans Chair de Poule les vrais héros ce sont les enfants, ceux qui croient encore au croque-mitaine, au monstre caché sous le lit et à la magie.
Tout cela imaginé par un seul homme : Robert Lawrence Stine ! Ça débute par une série de livres, Goosebumps dans la langue de Shakespeare, et qui connaît un succès retentissant au pays de l’Oncle Sam. D’ailleurs, dans nos contrées, on fait d’abord connaissance avec la série télé et on découvre les bouquins seulement après… forcément me direz-vous. Que de frayeurs nous ont parcourues tout au long de ces trois saisons, un pur moment de plaisir qui, grâce à l’intégrale en DVD , se perpétue encore aujourd’hui à bientôt quarante balais.

Le Baron Hanté (Sheridan Le Fanu)
Golden Friars est une charmante bourgade ceinte de montagnes aux tons chauds et bleutés, où plane une funeste légende : au soleil couchant, on pourrait apercevoir une jeune femme debout dans le lac, portant un bébé à bout de bras. Les anciens prétendent qu’il s’agit du fantôme de Mary Feltram, noyée avec son enfant. Le baron local, sir Jasper Mardykes, serait l’auteur de ce crime odieux. Un siècle plus tard, son descendant, Bale Mardykes, est au bord de la ruine. Séduit par l’appât du gain, il accepte un étrange pacte qui le conduit à s’aventurer sur le lac maudit…
J’avoue faire preuve d’une certaine fainéantise, puisque pour le coup je vous balance un vulgaire copier/coller du résumé du quatrième de couverture. L’essentiel n’est pas dans le dit résumé, mais bien dans ce que ce roman signé Sheridan Le Fanu dépeint : un univers sombre et malaisant dans lequel on oscille entre le monde des vivants et des morts. Bien que les quatre-vingt premières pages sont un pensum, la suite nous ravira de son exaltation macabre. Une histoire de filiation entre Bale Mardykes et son  »secrétaire » Philip Feltram, lequel périra noyé dans ce lac maudit pour apparaître quelques heures après devant son maître et lui promettre que, dés maintenant, il ne demeurera plus dans la solitude et ne sera plus acculé financièrement. Mais tout cela aura un prix !
Des fantômes qui gravitent autours du Baron, en passant par cette légende du lac et cette femme qui, jadis, y périt pour ne pas entacher le nom de l’ancêtre de Bale, le récit de Le Fanu – qui fut proposé en feuilleton dés 1870 – est à ce point reconnaissable par le style poétique de son auteur qui attache une importance à parfaire la cruauté de ses personnages. Du moins, celle du Baron qui mérite son sort ? De Feltram ou de Mardykes qui est le plus cruel ? L’avanie subie par Feltram conduira au destin funeste de son ancien maître, condamné depuis longtemps par la malédiction de Golden Friars.

La Chute (Oliver Hirschbiegel)
Le monstre n’est pas seulement lié à l’image qu’on veut bien lui prêter. Ainsi, il n’est pas obligatoire qu’il s’affiche avec de longues dents, des griffes acérées, une peau squameuse et une taille gargantuesque. Il peut aussi être petit, la raie sur le côté, la moustache à la Charlie Chaplin, et peut s’exprimer d’une voix rauque. Avec La Chute (Der Untergang), le réalisateur Oliver Hirschbiegel nous donne à vivre les derniers instants d’un véritable monstre de l’Histoire: Adolf Hitler.
Le film se déroule pendant les derniers jours du führer, enfermé dans son bunker alors que Berlin subit les attaques des soviétiques. Entouré par Eva Braun, Goebbels et autres salopards, le chancelier tente de reprendre le contrôle sur une guerre qui est en train de lui échapper. Bruno Ganz se révèle magistral dans la peau du dictateur, adoptant de façon saisissante les traits insanes de l’homme afin d’apporter plus de réalisme à cette évocation de la chute d’un mégalomane meurtrier.
À notre époque, le constat se révèle amère, le monstre ayant laissé derrière lui l’héritage de la haine et de la rancœur. Dans une société de plus en plus raciste, xénophobe, homophobe… les stigmates d’un passé peu glorieux nous reviennent en un ressac aux effluves amères. La Chute, au-delà de la simple évocation de ce qui se déroule du 20 au 30 avril, tente à nous rappeler que dans les recoins sombres, le mal perpétue sa danse infernale. Que les esprits les plus faibles sont les plus faciles à être pervertis, comme ce fût le cas pour la mère Goebbels qui préféra donner la mort à ses enfants plutôt que de les laisser vivre dans un monde qui ne serait pas régit par la national socialisme. Scène très dure au demeurant tant elle évoque, sans garde-fou, l’endoctrinement dans ce qu’il a de plus pernicieux. On connaît bien sûr l’issue, le suicide du couple et l’entrée des troupes de Staline (un autre dérangé du ciboulot) dans le führerbunker. Le long de Oliver Hirschbiegel est un film sur un monstre, pour ne jamais oublier et pour se souvenir que le mal, quelque-soit ses formes, peut toujours être vaincu… mais à quel prix ?

Nuit de Colère (Francis Berthelot – Cycle du Rêve du Démiurge)
1978, un autodafé ! ( À prendre dans le sens acte de foi, du latin « actus fidei » et non pas comme la cérémonie de pénitence de l’inquisition espagnole… oh bon sang, comme mon savoir m’étonnera toujours. Permettez que je baise mes mains avant de continuer…)
Un petit garçon de douze ans, Kantor, assiste avec effroi à cette horrible scène. Son père, Laurent Ferrier, alias Fercaël le sixième Archange, fut le gourou de la secte de L’Ordre du Fer Divin. Un monstre sous une autre forme encore, celle d’un cinglé prosélyte qui a une faculté hors-norme : il est capable de pénétrer l’esprit des gens et, ainsi, de leur intimer la moindre de ses volontés. Dans cette secte, tout le monde n’est pas là de son propre chef ! Et ce gamin, innocent, a hérité de ce pouvoir. Dans son cycle de neuf volumes, l’écrivain Francis Berthelot dépeint souvent un monde nihiliste, dans lequel les âmes s’égarent à la mélancolie et au désespoir. Mais il ne laisse jamais vraiment les ténèbres s’abattre, tel un mal incurable. Il cherche cette petite porte de sortie qui rend un semblant de bonheur et qui, quelque-part, conforte le lecteur dans cette idée d’un avenir plus radieux. Dans Nuit de Colère, il fait de Kantor un enfant qui découvre sa véritable nature, en prenant conscience de son pouvoir. On le voit grandir, recueilli par sa tante au sein d’un foyer aimant, et se poser un tas de question : a t-il les gènes de son monstrueux père ? Est-il capable d’une telle cruauté ? Bien sûr que oui tiens ! Mais être le fils d’un être abominable signifie t-il qu’il doit le devenir ? Parce que c’est dans l’ordre des choses ?
Toutes les questions qui assaillent son esprit trouveront une réponse en la personne de Yann Angernal, un écrivain dont l’œuvre est consacrée à comprendre la nature des monstres de l’Histoire. Leur relation est une thérapie pour Kantor qui devra apprendre à maîtriser ce pouvoir, ô combien dangereux ! Nuit de Colère est un roman initiatique aux accents fantastiques, dans lequel Berthelot laisse libre court à son imagination débordante. Toujours captivant grâce à une écriture sincère et élégante, il n’omet toutefois pas d’y souligner nos petits travers, entre-autre sur le plan relationnel. Pour ma part, le meilleur du cycle du Démiurge !

Monster Of The Campus (Jack Arnold)
Je terminerais sur un bon vieux classique, un film ou le monstre est bien conforme à l’idée qu’on se fait de lui. Un p’tit Jack Arnold, le dernier avant que le bonhomme ne se tourne vers la télévision ou il réalisera, entre-autre, quelques épisodes de Love Boat. Mais assurément pas son meilleur ! Enfin, à titre personnel, je l’apprécie suffisamment pour vous en causer.
Le professeur Donald Blake, de l’université de Dunsflield, vient de recevoir un poisson qui n’a jamais évolué et qui existait déjà il y a 50 millions d’années. Un Cœlacanthe qui n’inspire guère les gastronomes, piquant davantage la curiosité du monde scientifique. Tout pourrait se dérouler pour le mieux, mais le spécimen est irradié aux rayons gamma. Des choses étranges vont alors se produire : le chien boit l’eau dans lequel le poisson baigne et devient complètement cinglé, une libellule ayant goûté le sang du poisson augmente de taille et, comme si cela ne suffisait pas, des meurtres sont commis par… un homme préhistorique. Pas de surprise, il s’agit du professeur qui régresse au stade de l’hominidé et terrorise ainsi le campus. Le génial Jack Arnold termine donc sa carrière au cinéma par ce petit film B, surfant sur la mode naissante des Teen Movies. Un parti pris de la part du réalisateur de L’Homme qui Rétrécit qui est loin d’être la cerise sur le gâteau : un maquillage un tantinet burlesque pour Arthur Franz (le professeur Blake), un poisson à l’allure caoutchouteuse qui peine à convaincre et une libellule qui est loin d’effrayer le spectateur, même en 1958.
Un métrage qui est quelque-peu tombé dans l’oubli – rien de vraiment étonnant – et pourtant il se dégage un réel plaisir lors de son visionnage. Servi par un très beau noir et blanc, Jack Arnold dresse le portrait de son savant, dont l’inexpugnable quête de savoir le mènera à s’injecter lui-même le sang du poisson, histoire de prouver la véracité de sa théorie de l’évolution. Maudit savant qui court à la gloire au nom de la science, et qui se moque éperdument des dommages collatéraux. Monster of the Campus, s’il est loin d’égaler les autres métrages du géant de la peur, mérite tout de même que l’on s’y intéresse. Non pas pour ses effets spéciaux bons marchés, ni même pour sa trame narrative, mais davantage pour le plaisir qu’il parvient, malgré ces aléas, à nous procurer. Et rien ne vous empêche ensuite de replonger dans un bon vieux Tarantula ou le grand classique par excellente : L’Étrange Créature du Lac Noir !


King Kong (film de Merian C. Cooper et Ernest B. Shoedsack, 1933)
Même si le titre est revendiqué par un saurien nippon, Kong restera à jamais le roi dans mon cœur. L’original de 1933 bien sûr car film fondateur qui, avec la planète des singes, m’aura fait tomber amoureux des primates. Et pour peu que vous ne soyez atteint d’une addiction irrécupérable au CGI, vous ne pouvez que succomber au charme de cette merveilleuse relecture du mythe de La Belle et la Bête.

La fiancée de Frankenstein (film de James Whale, 1934)
Encore une fois un coup de cœur de gamin à la télé : les ruines calcinées d’un vieux moulin, un colosse au visage blême et à l’expression étrangement apathique étranglant un paysan. Des images qui auront imprimé ma rétine pour toujours. Il y a longtemps que la tronche boulonnée de Boris Karloff a intégré l’inconscient collectif et est devenue une icône de la pop culture, déclinée à l’infini au cinéma, en littérature, en dessin animé, etc. Je vous invite à redécouvrir ce chef-d’œuvre en faisant fi de son imagerie galvaudée… comme cette bande de mioches de 11 ans qui, lors du PIFFF 2016, l’ont découvert sur grand écran, à la fois émerveillés, fascinés et… effrayés !

Le Labyrinthe de Pan (film de Guillermo del Toro, 2006)
Del Toro le clame haut et fort : il aime les monstres ! Et il n’aura cessé de le prouver tout au long de sa carrière. Film impressionnant et émouvant, Le Labyrinthe de Pan en contient quelques-uns de gratinés. Outre le monstre humain (le plus glaçant, il est vrai) joué par Sergi López, on retiendra ce faune splendide, énigmatique et presque sensuel, interprété par un Doug Jones plus que jamais à l’aise sous les prothèses animatroniques et les couches de mousse de latex. Mais aussi –et surtout pour ma part ! – l’homme pâle (Jones toujours), au visage aveugle (ses yeux sont enchâssés dans les paumes de ses mains), et aux chairs flasques pendant lamentablement, telles des coulées de cire répugnantes. Un des films les plus réussis de del Toro.

Krampus deMichael Dougherty. 2015
Assez peu connu dans nos contrées, le Krampus est une figure monstrueuse issue du folklore germanique. Proche parent de notre Père Fouettard, le Krampus n’a cependant pas grand-chose d’humain : il est souvent représenté comme un diable qui, en période de Noël, vient enlever les enfants désobéissant pour en faire ses esclaves, les enchaînant les uns aux autres et les traînant derrière lui. Plutôt gore, nos amis germains, non ?
Michael Dougherty (le très bon Trick ‘r Treat, mais aussi le très moyen Godzilla 2) intègre le mythe du Krampus dans ce conte de Noël réjouissant qui bouffe à nos râteliers préférés : la comédie fantastique, façon Amblin, le slasher et, bien sûr, le monster movie ! Véritable perle passée hélas (!) un peu inaperçue lors de sa sortie, Krampus vaut définitivement le détour : à ranger à côté de vos films préférés de fin d’année. Quant au look de la bestiole… Hum, difficile de le définir sans vous gâcher la surprise ; sachez juste qu’il est proprement terrifiant !

Le Rituel (film de David Bruckner, 2017)
Je manquerai d’honnêteté en vous disant que ce film est un de mes préférés, pourtant je tenais à l’intégrer à mon choix pour une simple raison : le choc que la découverte de la créature constitue à la fin du métrage. Ou du moins le choc que j’ai éprouvé. Pour le reste, rien de véritablement novateur, mais rien de déplaisant non plus. Une bande de potes décide de partir en randonnée dans les forêts inhospitalières de la Suède et, bien sûr, l’abruti de service se tord la cheville et du coup oblige les autres à prendre un… raccourci !  Raconté comme ça, rien de neuf sous le soleil, mais le tout possède suffisamment de personnalité et de rebondissements que pour constituer un spectacle plus que correct.
Et puis, vu qu’on cause films de monstres, y a quoi à la fin à votre avis ?

Mighty Matt
Amoureux du latex, des prods Empire et Full Moon et des cyborgs. Fanatique du cinéma de Nicolas Winding Refn, David Cronenberg et Stuart Gordon. Graphiste à ses heures perdues pour gagner de quoi acheter des DVDs. Chef mutant tyrannique des fanzines Cathodic Overdose et Good Morning Captain, élevé à la lecture des romans Chair de Poule. Boule d'énergie inarrêtable, un peu comme un Cacodemon de Doom.
Nick Mothra
Gamin, je me pâmais d’admiration devant les figurines de « La Planète des Singes », revivant à travers mes dessins et mes maquillages « maison » les destinées tragiques de Zira et Cornelius. Plus tard, tel le Docteur Moreau, je charcutai un vieil ours en peluche et en faisais une honorable copie de gorille. J’avais alors découvert King Kong, le seul l’unique de 1933. Par la suite, les marges de mes cahiers d’école se remplirent successivement de requins mangeurs d’hommes (après la vision de « Jaws »), de morts-vivants (suite à la diffusion d’un extrait de « l’Enfer des Zombies » à la télé), de dinosaures de tous poils (de toutes écailles plutôt), de Godzilla et encore de zombies… Et… Et… Bref, le cinéma fantastique a forgé mes goûts et jalonné ma vie… Et ça continue, aujourd’hui encore.
Nick Mothra on Facebook
Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !
Ced Valentin
Avec un papa cinéphile qui me berça trop près du magnétoscope, il était tout naturel que j'attrape la bosse de la cinéphilie. Ainsi, de mes petits yeux émerveillés je pu découvrir tout un tas d'univers qui, aujourd'hui encore, me fascinent : Horreur, S-F, Action, Polar, Western,... des genres divers et variés que mon daron aimait partager avec un fiston qui en demandait toujours plus et plus encore ! L'âge adulte n'ayant rien arrangé, je continue à m'approvisionner à un rythme frénétique, à regarder le plus possible de péloches, histoire de satisfaire un appétit insatiable.
Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *