Les Envoûtés (The Believers)

Avant de commencer, remettons le facteur sur son vélo, le point sur le i et les idées en place : non Les Envoûtés n’est pas un film traitant des personnes ayant des problèmes de dos et marchant courbés ! Je vous laisse chercher…encore un peu…voilà, vous avez compris (ou pas) ! Après cette « bonne » blague zozottante pour laquelle il faut que je rende à César ce qui appartient à Mighty Matt qui me l’a soufflée il y a bien longtemps (on ne le remercie pas…), place au film.

Après la mort accidentelle de sa femme, Carl Jamison décide de retourner vivre à New-York, ville où il a fait ses études, avec son jeune fils Chris, afin de changer radicalement de vie. Dans la Grande Pomme, il devient conseiller psychologique des policiers victimes de traumas liés à leur profession. Un de ceux-ci, qui enquête sur le meurtre atroce d’un enfant, présente des signes évidents de paranoïa quand il exprime à Carl ses certitudes sur le caractère satanique de ce meurtre. Carl va vite se rendre compte que le policier n’est peut-être pas aussi fou qu’il en à l’air…

« Tu veux que je te dise Robert, je crois que ce film va décoiffer ! »

Vaudou, sorcellerie, rituels maléfiques…Ca vous branche ? Alors The Believers est fait pour vous. Sorti peu après l’Angel Heart d’Alan Parker et à peine quelques mois avant L’Emprise des Ténèbres de Wes Craven, avec lesquels il entretient bien entendu pas mal de points communs, le film de John Schlesinger (Pacific Heights, Marathon Man, dont Nick vous causait fort bien ici il y a peu) s’attaque donc au vaudou. Mais plutôt que de prendre place, comme pour les films précités, sur les lieux emblématiques de cette religion – la Nouvelle Orléans pour le Parker et Haïti pour le Craven – c’est dans la ville de New-York que l’action va se dérouler. Et à l’instar du très bon Rosemary’s Baby de Roman « je suis un pervers, j’emmerde la justice et j’ai eu un César » Polanski, le mal et ses représentants vont s’installer dans une grande métropole, délaissant un moment les lieux habituels de ce culte païen.

« Régardé moi dans lé blanc des yeux, là dis donc ! » (imitation : Michel Leeb)

Le scénario, signé Mark Frost (Twin Peaks), est adapté d’un roman lui-même inspiré d’un fait divers ayant pris place dans les années 80 à la frontière américano-mexicaine : Adolfo Constanzo, gourou d’une secte regroupant des trafiquants de drogues, des musiciens et des policiers, prenait son pied en pratiquant des sacrifices humains, tout en éliminant des membres de cartels rivaux. Ou comment joindre l’utile à l’agréable… Dans Les Envoutés, Martin Sheen est confronté à des représentants d’une religion, la Santeria, qui en veulent à son rejeton. La Santeria, originaire de Cuba et tournée vers le bien, est ici pervertie, corrompue par certains de ses adeptes pour des raisons que nous n’allons pas spoiler… Après une scène inaugurale tétanisante où la mort s’invite dans le quotidien le plus banal, on assiste à une cérémonie vaudou qui annonce le ton de ce qui va suivre. A peine arrivés dans la Big Apple, Carl s’installe dans sa nouvelle vie, revoit d’anciennes connaissances, s’en fait de nouvelles, s’ouvre à une relation amoureuse avec Jessica (superbe Helen Shaver), et intègre un cercle où tout le monde semble affable et bienveillant. Mais il constate que quelque chose cloche : d’abord dubitatif face au témoignage du flic, il réalise assez vite que les dires de ce dernier ne sont peut-être pas si farfelus.

« Passe à la maison, on fait un barbecue » qu’ils disaient…

Par une atmosphère lourde et pesante, via de petites touches disséminées ici et là (notamment les parents d’un des enfants assassinés que l’on recroise tout sourire un peu plus tard), Schlezinger nous fait bien comprendre que les apparences sont lourdement trompeuses. Cette atmosphère est une des grandes forces du film : pas de débordements ni d’esbrouffe, pas de jump-scares attendus. Non, c’est la sobriété dans les effets qui prime mais elle n’empêche pas la tension de s’installer car la peur est prégnante et s’invite dans le quotidien, dans la vie de tous les jours… Et plus l’intrigue avance, moins on sait à qui le personnage principal peut se fier, plus personne ne semblant clean et tout le monde devenant suspect, l’ambiguïté entre les bons et les mauvais pratiquants de la Santeria ne faisant que renforcer ce malaise. Ainsi, au fur et à mesure du déroulement, on se rend compte que Carl et son fils ne sont qu’un rouage d’une machination bien plus grande qui semble impossible à contrer, tendant vers une fin inexorable… Le happy-end final est d’ailleurs tout relatif et on se demande si c’en est un finalement… Le film ne contient donc que peu d’éléments choquants, préférant jouer sur des sentiments de malaise, sur une ambiance malsaine. D’ailleurs, certains reprochent au film un côté trop lisse, une absence de vraie horreur, un manque de sang, bref d’être un peu trop propre et de refuser d’arborer une vraie étiquette horror movie et de se prendre au sérieux. Ok, c’est un peu le cas, mais quand on voit ce que nous pondent actuellement les cinéastes estampillés eleveted horror (beurk), on se dit quand même que ce The Believers est quand même beaucoup plus franc du collier et bien moins chiant que, au hasard, un Midsommar

Le film peut donc sembler sage aux amateurs de gros gore qui tache ou de scènes flippantes déboulant toutes les cinq minutes. Mais c’est son encrage dans le réel, son environnement hautement anxiogène et sa mise en avant de pratiques religieuses réellement angoissantes qui lui permettent de rester à l’heure actuelle tout simplement un très bon film de genre. Certes non exempt de défauts, mais qui maintient l’attention du spectateur de bout en bout, la réalisation solide de John Schlezinger et l’interprétation impeccable de l’ensemble du casting y étant pour beaucoup. Croyez-moi…, The Believers, c’est de la bonne came…

De John Schlesinger

Avec : Martin Sheen, Helen Shaver, Robert Loggia, Harley Cross, Elizabeth Wilson, Harris Yulin, Richard Masur,…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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