KICKBOXER : VENGEANCE

Champion incontesté des arts martiaux, Eric Sloane est sollicité par Marcia, une femme influente pour organiser en lose des rencontres très lucratives, afin d’aller défier en Thaïlande le titanesque et invaincu Tong Po. Plutôt emballé par le côté fructueux de la chose et sûr de son potentiel grandissant, l’Américain va accepter ce défi sans tenir compte des réticences avisées de Kurt, son jeune frangin. Mais une fois sur le ring face au colosse tatoué, les événements vont prendre une tournure tragique à l’égard d’Éric qui perdra la vie suite à ce massacre programmé. Voulant à tout prix venger la mort de son frère Kurt s’en ira trouver Durand, le meilleur entraîneur du pays, dans l’optique de défier à son tour l’assassin de son défunt frérot…

Bon, j’imagine qu’au niveau des plus de 30 ans ce synopsis vous rappelle quelques agréables souvenirs ? Ben ouais. On l’attendait, et bien ils l’ont fait ce remake du cultissime Kickboxer du combo Mark DiSalle/David Worth. Faut-il pour autant se fracasser les tibias en allant cogner de rage sur des palmiers ? Voyons ça. Mais comme le disait judicieusement Éric « Ce n’est pas en feintant qu’on gagne un match. Il faut frapper fort. »

Voici donc un projet qui se ne présente pas comme une mince affaire : le deal étant du genre assez complexe. Délicat en effet de rallier à sa cause les fans du film original tout en allant chercher de nouveaux adeptes des coups de tatanes dévastateurs des guerriers muay-thaï. Réussir cette relecture de Kickboxer premier du nom est un pur fantasme, il équivaut à caresser l’espoir de dépuceler une pin-up peroxydée aguicheuse mais avec une finalité connue d’avance. D’une part c’est épineux, et d’un autre côté le trou est déjà fait donc pas évident de parvenir à faire grimper la belle aux rideaux. Et pourtant, en s’y prenant bien…

Si dans les grandes largeurs l’intrigue ne diffère guère de celle du métrage de 89, certains changements notables vont tout de même distinguer ce nouvel opus de l’oeuvre référence. Loin de moi de vous les expliquer en détail afin de ne pas trop spoiler l’ensemble, mais la redéfinition des principaux personnages va être particulièrement intéressante. De prime concernant le bad guy de cette histoire, à savoir l’indéboulonnable Tong Po. Si Michel Qissi (qui s’octroie d’ailleurs un rapide caméo pour l’occasion) campait déjà à l’époque un redoutable adversaire sous les traits de la machine à pulvériser dressée devant Jean-Claude Van Damme, c’est désormais à la montagne de muscle Dave Bautista d’hériter du rôle. Intronisé tel le gourou d’une sorte de secte via laquelle les combattants des 4 coins du monde viennent tenter de recevoir les enseignements du Maître, l’ex-catcheur de la WWE est tout bonnement impressionnant. Aussi froid que la mort et doté de la puissance d’un grizzly en rut, Bautista semble à la différence de son prédécesseur beaucoup moins impliqué au sein de la pègre locale. Il fait ce qu’on lui ordonne afin de faire fructifier quelques mises mafieuses mais paraît nettement plus concerné par le combat en lui-même, ne manquant jamais de faire valoir son insondable cruauté.

En contrepartie, on ne pourra malheureusement pas – même en se forçant un peu – faire l’éloge du cascadeur Canadien Alain Moussi. Si le gus assure clairement lorsqu’il faut pulvériser du challenger en herbe, son interprétation demeure vaguement insipide et pas aidée, il est vrai, par le charisme de courgette du mec. Mais en vue de pallier à cette carence quelque peu problématique (c’est quand même le protagoniste principal du récit), les producteurs ont eu la fine idée de proposer à JCVD (le Belge le plus cool juste après Evil Ash…) un temps de présence à l’écran conséquent et assez copieux en se glissant sous les traits du coach chargé de préparer au mieux le fougueux Kurt en vue de sa rencontre avec le mastodonte invincible.

Né d’une production qui connut de nombreux rebondissements, à savoir qu’une nouvelle mouture en relief du classique des années 80 était initialement prévue en 2012 sous l’égide de Kings Road Entertainment (qui avait financé la bande du duo DiSalle/Worth) et que le projet fût récupéré ensuite par Radar Pictures ; qu’un changement inattendu de réalisateur survint en 2014 intronisant John Stockwell (Bleu d’enfer) en lieu et place du Hongkongais Stephen Fung, ce qui n’est peu être pas plus mal, et que l’acteur Darren Shahlavi (Alone in the dark) succomba des suites d’une crise cardiaque durant le tournage ; ce Kickboxer : vengeance s’avère être une très chouette surprise. Aucun danger qu’il ne fasse de l’ombre au métrage initial, car la barre est placée très haut, mais véritablement une excellente série B qui fait honneur au matériel de base.

KICKBOXER : VENGEANCE

John Stockwell – Etats-Unis – 2016

Avec Alain Moussi, Dave Bautista, Jean-Claude Van Damme, Darren Shahlavi, Gina Carano, Sara Malakul Lane, George St-Pierre…

Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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