Sélection Spécial Confinement (part02)

Vingt-quatre heures chez soit, c’est long… surtout quand vos voisins du dessus font de la zumba avec de la musique de merde à fond tous les jours entre 14h et 18h30 ! Allez, puisque on est des mecs sympas sur Monsters Squad, on fait suite à notre première sélection culturelle du confinement avec une seconde salve de belles choses à découvrir, voir, revoir et lire… Vous en vouliez encore ? Et bien régalez-vous et profitez de cette occasion qui nous est donnée pour réfléchir un peu à la situation et aussi pour vous cultiver ! C’est important ! Et doucement là haut avec vos pieds qui tapent bordel !


Damages
Étrangement peu connue, cette excellente série compte cinq saisons (de 2007 à 2012) et bénéficie de la présence magnétique et vénéneuse de Glenn Close, magistrale en soprane du barreau à la tête d’un gros cabinet d’avocats. Malgré le contexte, ce n’est pas à proprement parler une série judiciaire à la Perry Mason, ni même à la The Good Wife, mais plutôt un thriller psychologique à énigmes. Les prologues sont des flash forward et présentent, en quelques plans stroboscopiques, la situation finale. L’intrigue dès lors s’attache à nous dépeindre les multiples tours et détours qui ont mené les protagonistes à cette conclusion souvent choquante car mettant certains d’entre eux en fâcheuse position. Et le truc fonctionne à merveille ! Chaque saison est un régal et dès le premier épisode visionné, vous n’aurez qu’une seule envie : passer au suivant. Mention particulière –est-il besoin de le préciser ? – à Glenn Close, manipulatrice à souhait et à Rosy Byrne, sa pupille peut-être moins naïve qu’elle ne le parait. Au menu : machinations tordues, personnages complètement désaxés et un fil conducteur d’une noirceur absolue : la perversion progressive d’un esprit idéaliste par une véritable force du mal faite femme !
Ajoutez à l’ensemble des guests de prestige comme Ted Danson, Timothy Olyphant, William Hurt, Martin Short, Dylan Baker, John Goodman, Ryan Phillippe, Mario Van Peebles, Lily Tomlin, Keith Carradine … et vous réaliserez que vous ne pouvez pas laisser passer ce petit bijou !

The Good Fight
Spin-off de la série The Good Wife, cette série également produite par Ridley Scott joue à fond la carte du film de tribunal, puisque, à l’instar de sa grande sœur, nous nous y retrouvons régulièrement sur les bancs des salles d’audience.
L’histoire démarre par l’exposition au grand jour d’un scandale financier à la Bernard Madoff qui bouleverse instantanément la vie de deux femmes : Maïa Rindell (Ygritte dans Game of Thrones), la propre fille de l’homme d’affaire malhonnête qui voit sa future carrière d’avocate compromise et Diane Lockhart (la toujours exquise Christine Baranski) qui, ruinée, fait un trait sur sa retraite dans le sud de la France.
Leurs destins vont se croiser et elles finiront par atterrir dans un cabinet d’avocat afro-américain spécialisé dans la défense des minorités.
Les habitués de The Good Wife ne seront pas dépaysés et retrouveront avec joie certains personnages récurrents comme Marissa, la fille d’Eli Gold, David Lee, l’avocat spécialisé dans les divorces, Kurt McVeigh l’amoureux républicain de Diane… Dans ce type de série, c’est la richesse des personnages et la performance des comédiens qui rend les intrigues passionnantes. Bien sûr, nous n’échapperons pas aux jeux d’influences, coups bas et retournements de veste, ingrédients indispensables à la série judiciaire. Mais là où une série comme Suits s’épuisait au bout de quelques saisons, faute de n’avoir pas su se dégager de son argument de base, The Good Fight relance l’intérêt sans problème d’une saison à l’autre, en conservant l’arc de ses personnages et en en introduisant d’autres tout aussi passionnants. Et puis, mine de rien, il y a un ton propre, qui frise parfois le surréalisme (Ah c’est oiseaux qui viennent s’écraser sur la vitre d’un bureau avec une régularité métronomique) et une fibre qui pourra évoquer (légèrement) les thrillers paranos du cinéma américain du début des seventies (le complot visant à destituer Trump).
En résumé, une série sûre d’elle, gentiment addictive, d’une rigueur et d’une originalité exemplaires au niveau de la mise en scène… et généreuse en personnages hors norme.
Trois saisons à ce jour et une quatrième actuellement diffusée.

The Morning Show
Mais où est donc passée Jennifer Aniston depuis la fin de Friends ? Mis à part quelques comédies sympathiques, la sémillante comédienne n’aura guère fait parler d’elle et on ne peut affirmer qu’elle ait connu de rôles marquant, à la mesure de son talent.
Jusqu’à aujourd’hui.
La petite cinquantaine séduisante et bien assumée, Jennifer Aniston nous revient dans The Morning Show où elle incarne une animatrice de télé matinale : The Morning Show (Télé Matin version US). Populaire et consensuelle, Alex Levy (Jennifer donc) forme avec Mitch Kessler le duo préféré des américains. En perte de vitesse dans les sondages, elle voit sa carrière subitement redynamisée lorsque son partenaire est écarté suite à une accusation de harcèlement sexuel. Consciente que ce scandale pourrait aussi provoquer à terme sa perte, elle décide d’engager Bradley Jackson (Reese Witherspoon), une journaliste indépendante et rebelle. Contre toute attente, l’association fait des étincelles… Mais Bradley n’entend pas fermer les yeux sur les rumeurs, de plus en plus nombreuses, de complaisance au plus haut niveau de la hiérarchie.
Bingo pour Jennifer Aniston ! Cette série a enfin révélé au public l’ampleur de son talent de comédienne et on attend avec impatience la suite de sa carrière. Quant à Reese Witherspoon, elle a depuis longtemps démontré qu’elle pouvait être à l’aise dans tous les registres.
The Morning Show ne craint pas de se mouiller et ose aborder de manière subtile et nuancée le phénomène #meetoo. Pour une fois, ça fait du bien. Ce qui nous vaut des scènes exceptionnelles évoluant sur le fil du rasoir ou sautant joyeusement à pieds joint dans la bassine du mauvais goût ; telle cette scène où Martin Short (proprement écœurant, désolé pour les fans de L’Aventure Intérieure) offre un show sexy à son vieux pote… Fiesta entre prédateurs sexuels ! Jouissif et rafraîchissant.
Une deuxième saison est annoncée. Espérons qu’elle s’engage sur une voie différente, car l’on aurait bien du mal à imaginer une suite à cette histoire autosuffisante.


Desperate Living de John Waters
Si vous voulez vous fendre la poire pendant ce confinement, jetez un œil à cette comédie bizarroïde et trash de tonton Waters ! Ne vous fiez pas à son titre déprimant, il s’agit bien là d’un long-métrage hilarant qui ne ressemble à rien d’autre (et qui déroute autant qu’il amuse). Un machin mal foutu et taré, à la croisée des chemins, là quelque part entre le cinéma bis, le théâtre et la performance artistique… ou le spectacle de fin d’année d’une école primaire, mais en vachement plus malsain et avec des kilos de drogue ! Avec une grâce toute pachydermique, Waters parvient pourtant à insuffler à son capharnaüm une beauté et une poésie qui n’appartient qu’à lui. Avec deux pauvres cartons pour les décors et une bande de potes qui déclament leurs dialogues en hurlant (tout le monde hurle dans ce film !), le réalisateur invente une histoire bigarrée et biscornue, dopée à l’irrévérence et au non-sens ! Fureur, violence et hystérie… un des meilleurs films de son auteur !

Les courts-métrages de Jan Švankmajer
La majorité des gens qui râlent parce qu’ils ne peuvent plus s’aviner en terrasse devraient plutôt voir cet enfermement forcé comme une opportunité d’être créatif. Et si, au lieu de raconter votre vie sur facebook (sérieux les gars, on s’en tape de votre life !) vous vous mettiez plutôt au stop motion, par exemple ? Si ça vous branche, venez donc prendre une leçon de technique en matant les fabuleux courts-métrages de Jan Švankmajer ! Peuplés de personnages inquiétants et composites, chaque court-métrage du cinéaste Tchèque est une plongée hallucinée dans des mondes étranges et fascinants. Des vignettes oniriques composées de pâte à modeler, d’objets du quotidien détournés et de marionnettes malsaines qui évoquent autant la peinture d’Arcimboldo, le mouvement Surréaliste ou le théâtre de l’absurde. Il s’en dégage des vibrations uniques et une émouvante poésie… Si vous kiffez les bricolages de David Lynch, les premiers (et meilleurs) films de Tim Burton, les animations de Terry Gilliam ou encore la fascination des corps altérés de Cronenberg, foncez !

Tom Strong d’Alan Moore et Chris Sprouse
Un peu de lecture n’a jamais fait de mal, et là en plus c’est un livre avec des images, alors arrêtez de râler ! Cette série de comics d’aventure est clairement l’œuvre la plus abordable d’Alan Moore, qui invoque ici les vieux pulps et serials qu’il lisait étant gamin. Des histoires naïves et manichéennes que l’anglais s’évertue ici à pasticher avec délice : son Tom Strong est l’archétype du héros sans peur qui casse la gueule de méchants improbables et colorés ou de super menaces invraisemblables en compagnie de sa petite famille (femme, fille, singe-savant et robot serviteur)… Super intelligent, ultra costaud et profondément bon, Tom Strong se trouve être l’opposé de Rorschach, de John Constantine, de V et d’un paquet d’autres créations moralement sur la brèche de notre auteur… C’est fun, débridé et pas prise de tête, ça se lit vite et bien… C’est parfait juste avant d’aller se coucher ou lors d’une session aux toilettes ! Visites de mondes parallèles, voyages spatiaux ou temporels, nazis, aliens ou immeubles pris de conscience, il y en a pour tous les goûts, et il y a de fortes chances que votre marmot s’y intéresse rapidement. Et soyons honnête, s’il doit bouquiner du Moore, mieux vaut qu’il lise Tom Strong plutôt que From Hell

Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.
Nick Mothra
Gamin, je me pâmais d’admiration devant les figurines de « La Planète des Singes », revivant à travers mes dessins et mes maquillages « maison » les destinées tragiques de Zira et Cornelius. Plus tard, tel le Docteur Moreau, je charcutai un vieil ours en peluche et en faisais une honorable copie de gorille. J’avais alors découvert King Kong, le seul l’unique de 1933. Par la suite, les marges de mes cahiers d’école se remplirent successivement de requins mangeurs d’hommes (après la vision de « Jaws »), de morts-vivants (suite à la diffusion d’un extrait de « l’Enfer des Zombies » à la télé), de dinosaures de tous poils (de toutes écailles plutôt), de Godzilla et encore de zombies… Et… Et… Bref, le cinéma fantastique a forgé mes goûts et jalonné ma vie… Et ça continue, aujourd’hui encore.
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