Tales from the crypt – Saison 5 (partie 3)

Creep Course
Creep Course est une petite vignette qui se déroule sur un campus, et dont le côté teenage, bien que peu exploité, est forcément charmant. Et en plus de ça, l’épisode met à l’honneur une momie ! Je ne sais pas vous, mais moi une momie, ça me fait toujours frétiller l’entrejambe ! C’est une de mes créatures préférées du bestiaire Fantastique ! Une meuf coincée dans une pièce avec une bonne vieille momie, comme c’est d’ailleurs le cas dans cet épisode, ça fait toujours son petit effet ! Le design du mort-vivant est ici classique mais plutôt chouette, la mocheté est à la fois défraîchie, majestueuse mais aussi bien haineuse ! On la voit finalement assez peu, mais elle en impose et vole la vedette aux autres interprètes, parmi lesquels Anthony Michael Hall dans le rôle du sportif forcément crétin, de Jeffrey Jones que j’appréciais avant d’apprendre qu’il était pédophile et de la charmante Nina Siemaszko, qui joue la petite intello à lunettes timide et mal dans sa peau… qui se révèle finalement être une petite bombe, une fois à moitié à poil et sans ses lorgnons… Typique ! Le segment jouit en outre d’un embaumement express qui vaut son pesant en beurre de caca (si cette expression veut dire quelque chose) avec liquéfaction des organes internes en prime, façon gastro carabinée ou incontinence échelon 4. Et avec bruitages gênants en prime, bien sûr. Bref, on se régale.

« Je vous assure qu’un simple mouchoir aurait été plus efficace…« 

Came the Dawn
On enchaîne ensuite avec un petit thriller horrifique des familles. Came the Dawn est loin d’être révolutionnaire mais il s’avère plaisant, pour peu que le spectateur soit doté d’une once de bon goût… Pas de temps à perdre, l’histoire démarre sur le massacre d’une bimbo dans les chiottes d’un resto, et à la hache s’il vous plaît ! La scène est typique du slasher (ou psycho killer movie, comme on nommait le genre à l’époque) : contre-plongée extrême sur la pauvre victime enfermée dans sa cabine, la lumière se coupe puis la greluche aperçoit alors sous la porte le fameux plan sur les pieds de son futur agresseur (là, ce sont des mocassins de femme, variante !). Et enfin, les inévitables giclures d’hémoglobine éclaboussent et souillent les murs alors que s’acharne comme un dément le psychopathe (la psychopathe, en l’occurrence). Bref, tout commence pour le mieux, on est déjà conquis dès la première scène. Et la suite ne déçoit pas… Un peu plus tard la même nuit, la rencontre impromptue entre un vieux garçon mordu d’opéra et une mystérieuse nana qui tombe en panne de voiture va s’avérer mortelle… En effet, le gentleman la prend en stop et lui propose de dormir chez lui, puisqu’elle n’a pas de toit pour la nuit et qu’en plus, il aimerait bien la sauter aussi. Mauvaise décision ! Car évidemment, tout ne va pas se passer comme prévu puisque la furie à la hache est dans la voiture ! Le seul vrai défaut de la série, et de toutes les autres anthologies « à chute » type The Twilight Zone, c’est qu’on est tous habitué à chercher le moindre indice qui révélera l’inévitable twist… Et là, avouons-le, il est gros comme Guy Carlier. Pourtant, l’évidence de la surprise finale, qui est d’ailleurs un pastiche de Psychose, n’entache jamais cet épisode attrayant. Sa délicieuse ambiance nocturne y est pour beaucoup, avec en bonus la pluie battante qui va bien et le bon gros orage qui déchire le ciel (putain j’adore l’orage!). Classique et efficace !

« Oui, ben on voit bien que c’est pas vous qui nettoyez les vitres, hein ! »

Oil’s Well That Ends Well
ZzzzzzZZZZzzzzz ZZZzz… Hmm ? Quoi  ? Oups, désolé, j’ai dû m’endormir. Il faut dire que cette sombre histoire d’arnaque au pétrole n’a pas grand chose pour elle, et semble bien peu inspirée au sein de cette saison 5 particulièrement relevée…. Pourtant, tout semble commencer pour le mieux ici, avec un plan séquence nocturne dans un cimetière brumeux (oui, je suis un homme simple. Il m’en faut peu). Il y a aussi toute une brochette d’acteurs sympathiques au générique  : Lou Diamond « La Bamba » Phillips, Priscilla Presley et son joli minois, Rory Calhoun, le boucher de Motel Hell ou encore John Kassir, la voix du Cryptkeeper himself ! Pourtant, allez savoir pourquoi, rien ne décolle jamais… Le plan des deux escrocs qui essaient d’embobiner une groupe de péquenauds sudistes semble bien faible, le rythme est plutôt mou et l’intrigue est inutilement tarabiscotée. Le sous-texte sur la guerre des sexes aurait pu être intéressant mais il n’est vraiment pas subtil ni même développé… Il y a bien une explosion à la fin, mais il en fallait un peu plus pour relever le niveau de cet épisode assez faiblard. On a vu pire cependant. Mais largement mieux aussi.

« Bon, je te fais pas la bise hein, parce que j’ai une casquette… »

Half Way Horrible
Tiens, encore une histoire de Vaudou et de Zombie, ça faisait longtemps ! Objectivement, celui-là n’est pas un grand épisode, mais je l’aime bien ! Il s’en dégage des vibrations un peu malsaines et un gros feeling comic book, qui renoue idéalement avec les origines de la saga. C’est le grand Clancy Brown qui tient ici le segment sur ses seules épaules. Son personnage gère un grosse société de produits chimiques et vient de développer un conservateur surpuissant, dont il a trouvé l’essence lors d’une expédition menée en Amérique du Sud… Le mec est évidemment un salaud fini, qui a « offert » son meilleur ami en sacrifice aux autochtones pour avoir le droit de ramener le secret de longue conservation avec lui… La suite est évidemment cousu de fil blanc, le gus va en chier et regretter ses mauvaises actions, et nous, on est content ! C’est un épisode assez bourrin et graphique, avec quelques maquillages cardingues, des morts-vivants et une décapitation… Sans oublier bien sûr le mystérieux conservateur à la couleur bleu fluorescent, super mémorable, et qui rappelle inévitablement les piquouzes vertes fluo d’Herbert West ! Et petit bonus sympa, le brave Cheech Marin incarne ici une sorte d’exorciste vaudou dans une très courte séquence qui renvoie fortement à Creepshow, de par sa photographie colorée et sa réalisation expressionniste ! Poupées maudites, masques fétiches, forêt mystérieuses et sacrifice rituels bizarre, mais que demander de plus ?

« Hum, le traitement anti covid19 de Donald Trump à base d’injection de désinfectant et d’UV ne fonctionne pas très bien… »

Till Death Do We Part
Et on clôture cette excellente saison par un épisode hors-sujet, mais contrairement à Showdown (l’histoire weird west de la saison 3), celui-ci reste au moins divertissant. Till Death Do We Part s’écarte en effet pas mal du ton et du feeling d’un segment classique de la série. Il s’agit là d’une histoire de mafieux qui lorgne par instant sur l’actionner, avec gunfight et tout le tintouin. L’épisode se montre aussi très amusant, en particulier grâce aux compositions de Frank Stallone (le frère du grand Sly!) et du bon Robert Picardo ! On s’amuse beaucoup de leurs savoureuses interprétations de mafieux (Stallone y est excellent, digne d’un personnage des Sopranos) et on lorgne aussi avec grand plaisir sur la beauté de la douce Kate Vernon… Bref, on passe un bon moment, même si on n’a pas franchement la sensation de mater un épisode des Contes de la Crypte…. Au final, seul le twist bien amer vient rappeler sa filiation avec la série. Twist final qui est d’ailleurs un clin d’œil (ou un hommage ? Ou un plagiat ?) à la nouvelle An Occurrence at Owl Creek Bridge. Ce petit récit d‘Ambrose Bierce avait été adapté en court-métrage par le frenchie Paul Enrico (en 1962, sous le nom de La rivière du hibou) puis utilisé lors de la cinquième saison de The Twilight Zone comme épisode « bouche-trou ». Allez, c’est tout pour aujourd’hui ! Merci aux quatre personnes qui m’ont lu jusqu’au bout !

« Attends, ne bouge pas, il y a une abeille dans tes cheveux ! »
Val Le Blond
Un peu comme tous ces acteurs adultes qui jouent des adolescents de 16 ans dans n'importe quel slasher, Val le blond est un enfant qui a dépassé la date de péremption depuis quelques années déjà. Collectionneur avide, nerd compulsif, il aime faire des classements dans sa tête de ses épisodes préférés de The X-Files (qui changent tout le temps), peindre en écoutant du punk-rock et prendre du retard sur ses lessives. Créateur des fanzines Torture Oculaire et La Fraîcheur des Cafards, il cherchera un emploi stable quand il sera grand. Peut-être.

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *