Top 3 « Vilains » part 02

N’allez pas imaginer qu’on a le syndrome de Diogène, mais notre fascination des ordures est sans limite. Encore une fois, les méchants, les vilains, les bad guys font partie de nos univers et sont parfois même responsables de nos premiers amours culturels… On se souvient parfois plus facilement du personnage malin, mauvais, malveillant, cruel, malfaisant ou margoulin que de l’oeuvre en elle-même qu’il s’agisse de cinéma, de littérature, de BD, de série… Les figures du mal sont bien souvent la porte d’entrée vers des mondes plus vastes et des réflexions plus complètes… Du coup, on enfile notre veste et on sort les ordures avec cette suite de notre Top 3 des plus grands vilains !


Ivar The Boneless (Ivar le Désossé) (Vikings)
Anti-héros on ne peut plus emblématique de l’excellente série Vikings, et inspiré du réel personnage historique portant le même nom, l’Ivar The Boneless de la série est littéralement le style de bad guy qu’on adore détester. Charismatique en diable, l’acteur Alex Hogh Andersen lui donne une dimension incroyable qui transcende son interprétation. Associée à son regard félin, sa voix douce, limite un peu fluette (en VO), ajoute un bizarre et paradoxal sentiment de frayeur quand il balance un ordre d’exécution comme on commanderait une baguette de pain. Il a beau être d’une cruauté sans failles, il poursuit le même but de bout en bout, se traçant une ligne de conduite certes parsemée de cadavres mais à laquelle il ne déroge pas, contrairement à pas mal de personnages de la série pour qui la trahison est un mode de vie. Pour ça, et pour le jeu phénoménal d’Andersen, je vous le redis : j’adore le détester ! Et je déteste l’adorer, et pourtant… 

John Doe (Seven)
Plus tordu, tu meurs ! Dans le chef d’œuvre de David Fincher, on l’aperçoit d’abord furtivement, silhouette vêtue de noir, menace réelle et impressionnante qu’on imagine redoutable. Mais on se rend compte que le (non) nommé John Doe (démentiel Kevin Spacey) est un être on ne peut plus ordinaire quand il sort du taxi pour se « livrer » à la police. Ordinaire oui, mais en apparence seulement car c’est en fait à un véritable chef d’orchestre du macabre, un esthète du crime, un prix Nobel de l’ignoble auquel sont confrontés Brad Pitt et Morgan Freeman. D’inspiration très Lecterienne par son machiavélisme, Doe surpasse le maître Hannibal alors que son temps de présence à l’écran est très réduit. Et l’impitoyable scène finale dans le désert, tétanisante et qui reste longtemps ancrée en tête, ne fait que confirmer l’impression de puissance et d’invincibilité qui émane de ce petit bonhomme…pas si ordinaire finalement.

Jason Voorhees (Saga Vendredi 13)
M’étant refait toute la saga récemment afin de présenter Jason à mon grand gamin, impossible de ne pas citer notre hockeyeur préféré. Mythique et mutique, Jason est l’archétype du tueur froid, implacable, invincible et que rien ni personne ne peut arrêter. Véritable machine à dézinguer, l’ami Jason a magnifiquement pris le relais de sa chtite môman qui, dans le premier volet, le vengeait du sort subi dans son enfance. A Crystal Lake, à Manhattan, parcourant différents corps ou même dans l’espace (où contrairement à ce qu’il est dit ailleurs, on vous entend crier quand Jason est là), il n’a de cesse d’occire son prochain avec une régularité métronomique et une panoplie d’instruments empruntés à Bob Le Bricoleur (petit clin d’œil à notre Ced, grand bricoleur devant l’éternel 😊) : hache, machette, couteau, lance, harpon, hachoir, fourche…sans oublier ses grosses mimines évidemment. Tout y passe et beaucoup trépassent avec notre pote Jason, quelle que soit la qualité des opus le mettant en scène. Aaah, qu’est-ce qu’on le kiffe lui ! ♥


Keyser Söze (Usual Suspects)
Un petit truand agonise fiévreusement sur son lit d’hôpital et, avant de rendre son dernier souffle, pousse un hurlement de terreur : « Keyser Söze! Keyser Söze!!! ». Keyser Söze, qui pourrait signifier « le roi des bavards », est ce chef mafieux faisant office de croque-mitaine pour truands et dont la vie est une véritable légende urbaine.
Personnellement, la simple évocation de cette scène me donne la chair de poule. De même que ce flash-back introduisant la figure iconique de ce personnage redouté de tous et dont personne ne connait l’identité véritable. Ah! Cet effet de ralenti saccadé à la manière de la scène de la décapitation dans Vendredi 13 ! Ah ! Ce plan où la main armée de Keyser Söze change de cible… et vise sa propre famille ! Ah ! La musique de John Ottman !
Usual Suspects a eu le mérite de remettre à l’honneur de manière magistrale le film à rebondissements (depuis communément appelé films à twist) et, près de vingt-cinq ans plus tard, même si tout le monde connait l’identité réelle de Keyser Söze, la mécanique parfaite du scénario demeure admirable et fait du film de Bryan Singer un petit bijou dont on ne se lasse pas facilement. Le film a tracé la route pour ce qui est devenu un genre à part entière dont l’un des derniers représentants est le sympathique A Couteaux Tirés.
Quoi ? Vous faites partie des bienheureux qui n’ont jamais entendu parler de ce film ? Dans ce cas, qu’attendez-vous : filez l’acheter immédiatement !

Heisenberg (Breaking Bad)
Dans un sens Heisenberg est un lointain parent de Keyser Söze. L’alter ego que Walter White, ce professeur de chimie cancéreux devenu dealer, s’est forgé au fil des épisodes de Breaking Bad n’existe pas réellement : il n’est qu’une sublimation terrifiante et maléfique de sa propre personnalité. Lui aussi est une espèce de légende urbaine que les trafiquants de drogues redoutent sans tout à fait croire à son existence.
« I’m not in danger : I AM THE DANGER! » Cette réplique, devenue culte, donne le ton.
Nul besoin d’accessoires follement originaux pour foutre les chocottes à la racaille locale : un chapeau de feutre sur la tête, des lunettes cerclées d’acier, une barbichette parfaitement taillée et le verbe économe, genre taiseux qui n’en pense pas moins. Le tour est joué : Heisenberg vous glace les sangs… Un véritable tour de force puisque le spectateur connait parfaitement le personnage – bien moins audacieux – de Walther White. A moins que Walter White ne soit depuis longtemps déjà devenu Heisenberg?
« Come on! Say my name! »

Yzma (Kuzco, L’Epereur Mégalo)
Même les plus allergiques aux films d’animations de Disney se doivent de voir Kuzco. Pourquoi ? Parce qu’y figure la méchante la plus hystérique, la plus délirante et la plus hilarante de l’histoire du dessin animé. Ça peut paraître un tantinet exagéré mais je vous assure qu’il n’en est rien.
La grande conseillère de l’empereur inca Kuzco est une improbable mosaïque faite de dents, d’os et de bijoux. Le personnage est physiquement calqué sur celui de son interprète de doublage : la chanteuse Eartha Kitt, à l’époque déjà presque fossilisée, qui lui prête sa voix rauque et ses manières extravagantes (allez mater sur Youtube le clip de « Where is my man », vous comprendrez).
Yzma, c’est une Cruella Deville façon Tex Avery sous acides, une MILF rescapée du mésozoïque accompagnée de son giton bodybuildé aussi stupide qu’un crottin de lama. Un personnage hors-normes et qui fait plutôt tâche dans l’univers disneyen où les méchants ne sont jamais tout à fait méchants.


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Nikos Karamanlis (Anthropophagous)
Alors oui, Anthropophagous – qui n’est à mes yeux rien de moins que le chef-d’oeuvre du cinéma gore italien – est régulièrement cité et mis en avant principalement pour ses deux scènes chocs références : arrachage de fœtus et auto-cannibalisme. Mais cette bande, également connue sous le nom de Grim Reaper, c’est aussi et surtout un monstrueux personnage campé avec une incroyable prestance par un George Eastman dans un rôle qui s’avère taillé au-delà même de la (dé)mesure. Nikos Karamanlis, dont le soleil qui lui brûla le visage profita de l’occasion afin de lui ravager quelques neurones en passant, incarne à lui seul un mal absolu empreint d’une bestialité silencieuse. Une véritable machine à tuer, implacable et sans aucune compassion. Dévorer les hôtes de fortune ayant posé leur bagage sur une île désormais déserte victime de boulottage intempestif envers la populace – il a les crocs le Nikos… – demeure sa seule raison de subsister. Il ne semble éprouver aucun plaisir à le faire et se contente peut-être même juste de palier à un besoin primaire : ce qui fait de lui une bête – vague souvenir d’un être humain – redoutable et terrifiante.

Kang Le Conquérant
Réfléchir à un top supers-vilains sans y glisser l’un des sbires obscurs et dérangés de l’écurie Marvel serait pour moi presque une offense tant j’aime cet univers riche et passionnant. Après moult réflexions (Dormammu et Venom se sont violemment bataillés la première place…), c’est finalement celui qui de prime fût le pharaon Rama-Tut qui remporta les suffrages. Pourquoi ? D’abord grâce à un look qui en jette sévère ! Son armure/exosquelette verte et violette envoie un max. Puis – et surtout – le mec, qui dispose d’un arsenal assez impressionnant, se fait appeler LE conquérant. Genre ce n’est pas une petite fiotte, et même s’il prendra quelques branlées mémorables par la bande à Richards, lorsqu’il débarque sur terre ce n’est pas pour braquer le McDo du coin mais bel et bien dans l’optique de dominer le monde. Et rien que pour ça…

Mumm-Ra (Thundercats)
Difficile pour un gosse des années 80 tel que moi de ne pas évoquer l’un des méchants de nos antiques dessins animés que je trouve particulièrement charismatique : le bien nommé Mumm-Ra, ennemi juré de Starlion et de ses Cosmocats. Avec cette créature momifiée d’apparence plutôt molle de la bandelette, nous sommes presque en présence d’un personnage de film d’épouvante tant son look nous rappelle un paquet de monstres ayant hantés d’édifiantes et dangereuses pyramides pas forcément bien fréquentées. Son potentiel horrifique est astucieusement exploité et prend une dimension toute singulière lors de ses fameuses transformations. Quelques points faibles, comme le besoin de se régénérer au sein de son sarcophage limite sa puissance, mais la vieille momie reste néanmoins méchamment accrocheuse.

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !
Nick Mothra
Gamin, je me pâmais d’admiration devant les figurines de « La Planète des Singes », revivant à travers mes dessins et mes maquillages « maison » les destinées tragiques de Zira et Cornelius. Plus tard, tel le Docteur Moreau, je charcutai un vieil ours en peluche et en faisais une honorable copie de gorille. J’avais alors découvert King Kong, le seul l’unique de 1933. Par la suite, les marges de mes cahiers d’école se remplirent successivement de requins mangeurs d’hommes (après la vision de « Jaws »), de morts-vivants (suite à la diffusion d’un extrait de « l’Enfer des Zombies » à la télé), de dinosaures de tous poils (de toutes écailles plutôt), de Godzilla et encore de zombies… Et… Et… Bref, le cinéma fantastique a forgé mes goûts et jalonné ma vie… Et ça continue, aujourd’hui encore.
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Tom
Né à l'aube des glorieuses 80' à même la moquette de l'arrière-salle d'un vidéoclub, c'est par le biais de nos mythiques VHS que j'ai eu mes premiers émois cinématographiques. Amateur de péloches italiennes bien saignantes, grand fan devant l'éternel de Lamberto Bava et féru de ciné de genre US, le bis (mais pas que...) est pour moi une addiction dont je ne souhaite me défaire.Je vous contamine ?

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