Fright Night (remake 2011)

Bon on connaît l’histoire, qui ne change (quasi) pas d’un iota par rapport à l’original de Tom Holland, véritable pépite du cinoche d’horreur des 80′ : Charlie Brewster, un étudiant sans histoires, voit bientôt arriver un nouveau voisin, Jerry Dandrige, et sa vie va basculer. Car sous les dehors d’un homme charmant, il y a chez Jerry quelque chose qui cloche. À part Charlie, personne ne s’en rend compte, et surtout pas sa mère tombée sous le charme du bellâtre. Après l’avoir observé, Charlie en vient à l’inévitable conclusion que son voisin est un vampire qui s’attaque à leur quartier… Personne ne croit le jeune homme – hormis son pote Ed qui l’avait averti que le Jerry n’était pas très net – et il va devoir jouer à Van Helsing pour se débarrasser du monstre…

Vénérant le film de 1985 , j’avais tout simplement détesté ce remake à l’époque de sa sortie. Et bien parfois, il est bon de revoir un film après quelques années… Car à la revoyure de ce film de 2011, une petite réévaluation s’impose. Bon, l’original restera intouchable c’est clair, net et évident. Mais ce remake possède des atouts non négligeables qui en font une peloche qui se laisse mater sans déplaisir.

En premier lieu et cela en constitue l’atout number one : la réinterprétation totale du personnage de Peter Vincent par l’excellent David Tennant – the best Doctor Who ever – qui en fait un contrepied parfait de celui remarquablement interprété par Roddy McDowall. Hormis sa couardise, rien ne le rattache au perso old school de l’originale et de sa suite : magicien du genre David Copperfield se produisant à Las Vegas dans des shows à la démesure de la ville, il est rock n’roll, possède un langage des plus fleuris, semble ne respecter personne – et surtout pas lui – et possède ce côté too much propre aux stars totalement dépassées par leur statut et un peu ringardes… Tennant est tout simplement parfait dans le rôle, comme toujours d’ailleurs. Petit plus : le scénar lui ajoute un passé douloureux le mettant aux prises avec notre vampire Jerry Dandrige… De quoi mieux comprendre sa trouille des dents acérées.

Autre atout de ce remake et bonne idée : situer l’action dans la banlieue proche de Las Vegas, ville du péché mais surtout ville de passage où les disparus – nombreux -, victimes du vampire, ne sont que des silhouettes ou des personnages sans attaches pour lesquels personne ou presque ne s’inquiète. De quoi rendre plus crédible encore le manque de réactions des autorités face aux disparitions au sein de la communauté.

La mère de Charlie est également un des bons points du film : interprétée par Toni Collette, elle prend ici réellement part à l’action, sans se contenter d’une partition de potiche sans cervelle et un peu à côté de ses pompes du film d’Holland. Quant aux personnages de Charlie (le regretté Anton Yelchin) et d’Amy (la sexy Imogen Poots), ils inversent leurs rôles sur un point : ici c’est la meuf qui chauffe son mec pour passer à l’acte, chaudasse comme il n’est pas permis, alors que Charlie freine des deux pieds (quel con). Autre inversion de situation par rapport au film de 1986 : c’est Ed (Christopher Mintz-Plasse) qui traque le vampire au départ, met en garde Charlie et rencarde ce dernier vers Peter Vincent avant de se faire chopper par Dandrige et de venir grossir les rangs de ses sbires aux dents longues. Car c’est une autre des bonnes initiatives du remake : Dandrige se constitue au fur et à mesure une famille de p’tits vampires avec les différentes victimes de ses suçons, famille que devront défier Charlie et Peter lors du final. Quant aux victimes justement, avant leur transformation, notre vampire en chef les conserve dans des caches qu’il a aménagées dans sa baraque et il va se servir l’apéro comme bon lui chante.

Les bons parti pris ne manquent pas donc et font de ce remake un film somme toute recommandable. Mais, car il y a un – et même des – mais, il possède aussi des scories qui l’empêchent nettement de se hisser à la hauteur du statut de l’original, loin s’en faut. Colin Farrell tout d’abord : non pas qu’il soit réellement mauvais dans le rôle de Dandrige mais il n’arrive pas à la cheville de la félinité de Chris Sarandon, surjouant de bestialité et de sex-appeal là où Sarandon agissait tout en subtilité et raffinement, n’explosant de fureur que lorsque son instinct vampiresque prenait le dessus. Farrell en fait trop, c’est indéniable et dommageable. A noter que Chris Sarandon se paie un caméo dans le film – le seul rescapé de l’original d’ailleurs – en apparaissant en victime trop vite expédiée.    

Autre point noir, la B.O. Là où le score de Brad Fiedel envoûtait littéralement, on a droit ici à un gloubi-boulga guère enthousiasmant malgré la présence de Ramin Djawadi (Pacific Rim, Iron Man, The Strain, Game of Thrones, …) mal entouré par des chansons diverses qu’on entend trop par rapport au taf du compositeur. Enfin, et c’est peut-être le pire défaut du film : des sfx allant du bon au très moyen et même au carrément naze, principalement lors de la scène finale, déluge numérique indigeste et proprement indigne. Quand on voit l’exceptionnelle tenue des maquillages du film de Tom Holland, toujours à l’heure actuelle, on se dit que oui, parfois (souvent ?), c’était mieux avant.   

Mais bon, comme dit en intro, ce remake se laisse voir et, s’il n’arrive jamais à atteindre la perfection de l’original, on ne s’y emmerde jamais en y prenant même du plaisir devant les quelques pirouettes bienvenues. C’est déjà pas trop mal non ?                                                                 

de Craig Gillespie (2011)

Avec : Anton Yelchin, David Tennant, Colin Farell, Imogen Poots, Toni Colette, Christopher Mintz-Plasse  …

(Critique publiée à l’origine dans le n° 1 du fanzine L’Appel d’Azatoth)

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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