Trilogie Portés Disparus (Missing in Action)

Aaah la saga Missing In Action, contant les aventures du Colonel Braddock (Chuck évidemment)… Quel panard ce fût pour les amateurs du barbu. C’était la bonne époque de la Cannon, des films de gros bras et d’action à tout crin. Et cette trilogie participa à façonner l’image du Chuck, que ce soit pour ses fans ou pour ses détracteurs, qui trouvèrent ici de quoi se défouler. Enfin, saga, trilogie : oui ok, les films mettent en scène le même perso mais il ne faut pas pourtant chercher une quelconque continuité logique entre les trois films. En effet, le premier déroule, avec quelques variantes bienvenues, le schéma calqué sur Rambo 2, à savoir la recherche et la délivrance des soldats Missing In Action par un Braddock déchainé, un an après s’être échappé lui-même des geôles vietnamiennes putrides où il croupissait depuis sept ans. L’opus deux prend place pendant la détention de celui-ci et en constitue donc une préquelle en bonne et due forme. Tandis que le troisième volet se passe à la fin de la guerre du Vietnam, au moment de l’évacuation des soldats US. On y retrouve notre Braddock adoré, marié à une vietnamienne …alors qu’il est censé se trouver au même moment dans un camp de prisonniers si on s’en réfère aux deux premiers films… Pas facile à suivre ? Mais si, nous sommes chez Chuck ici, pas chez Bergman…

Portés Disparus premier du nom présente donc une histoire qui se rapproche terriblement de celle de l’excellent Rambo 2 : La Mission avec Mister Sly. On peut même penser que sans John Rambo, James Braddock n’aurait jamais existé. OK, d’accord, sans doute. MAIS ce n’est pas que ça : là où Rambo 2 se concentrait principalement sur la mission de sauvetage, ici on assiste préalablement à une véritable enquête et on a droit à de l’infiltration en mode diplomatique que ne renierait pas James Bond. Entre ces scènes, la recherche du matos nécessaire au sauvetage, les tentatives d’assassinats ou d’intimidation et on en passe, et bien force est de constater que la mission réelle de sauvetage représente à peine vingt-cinq minutes des cent que dure le film. Et c’est plutôt une très bonne surprise tant le film de guerre attendu se mue donc en film d’aventures mâtiné d’espionnage dans lequel notre ami Chuck se sent comme un poisson dans l’eau. Eau qui nous offre d’ailleurs une des scènes les plus iconiques de l’acteur, située dans la partie finale : celle où il surgit d’un fleuve au ralentit, tel un monstre marin, armé de son énorme mitrailleuse avec laquelle il dessoude quelques soldats Vietcongs qui passaient par là et n’en demandaient pas tant. Iconique je vous dis ! Et que dire de la scène finale voyant en parallèle le ministre Vietnamien déclarer devant un parterre de journalistes « Il n’y a pas un seul soldat américain enfermé au Vietnam » pile poil au moment où Braddock défonce la porte de la salle de presse avec ses soldats délivrés sous le bras. Dieu que c’est bon ! Emballé de main de maître par Joseph Zito (Rosemary’s Killer, Invasion USA, Le Scorpion Rouge, Vendredi 13 : Chapitre Final…), ce premier Portés Disparus, qui est aussi la première collaboration entre Chuck et la Cannon, tient la route de bout en bout et offre son quota de spectacle. C’est du bon, c’est du lourd, c’est du Chuck comme on l’aime !

Comme dit plus haut, le deuxième volet, d’ailleurs sous-titré The Beginning, constitue un gros flash-back et met aux prises le colonel Braddock avec un officier Vietnamien pendant la détention de sept ans de notre héros, pour un affrontement psychologique mais surtout physique sans états d’âmes. Entre humiliations diverses, sadisme et racisme exacerbé mais aussi courage au-delà des limites humaines. Car c’est à peine si Chuck plisse des yeux face aux châtiments subis. En témoigne cette scène démente où notre ami se retrouve tête à l’envers, pendu par les pieds, avec sur la tête un sac renfermant un gros rat. Après quelques secondes de frétillage, le viet ricanant enlève le sac et constate…que le rat se retrouve entre les dents de Braddock ! Yeah !

Le duel entre les deux officiers constitue un peu un démarquage de Furyo ou du Pont de la rivière Kwaï la subtilité en moins évidemment. Mais on s’en bat les roubignolles de la subtilité hein, entendons-nous bien ! On est chez Chuck, on veut du Chuck, on a du Chuck. Ceci dit, pas de déluge d’action ici : le film est plus lent, plus posé vu la non possibilité de réaction du colonel pendant une majeure partie du déroulement. Emprisonné et torturé, il peut en effet difficilement réagir et balancer les high-kicks dont il a le secret. Mais il prendra sa vengeance de manière jubilatoire à partir de la scène de l’évasion. A la suite de celle-ci, Braddock va délivrer ses compagnons d’infortune et le festival Chuck peut commencer, l’action non-stop également. Cette dernière demi-heure sera une pétarade de chaque instant durant laquelle le colonel fera avaler leur bulletin de naissance à TOUS ses geôliers.

A l’origine c’est ce deuxième épisode qui devait sortir en premier. Mais Mémé et Yoyo, les pontes de la Cannon, le jugèrent un peu mou et préférèrent donc qu’il soit montré après, bousculant ainsi la chronologie. Mais, comme on l’a dit, le respect de la ligne du temps et de la logique n’est pas le point fort de la saga. C’est Lance Hool, producteur exécutif du premier qui est le réal de ce deuxième épisode. Efficace mais loin d’égaler la maîtrise de Zito pour le premier, il s’en tire avec les honneurs, offrant à Norris une prestation un peu différente puisque celui-ci est en retrait pendant la première heure. Le voir en train de serrer les dents et les fesses sans pouvoir réagir est inhabituel et permet au film de sortir du genre la tête haute. L’Oscar n’était pas loin… 😊 .

Quant au 3ème opus, carrément intitulé Braddock, c’est le plus taré de la trilogie, et de loin. Taré principalement à cause du bad guy en chef, le Général Quoc, interprété par Aki Aleong – un des nombreux acteurs de la liste on ne sait jamais comment il s’appelle et qu’on a vu dans pléthore de films et séries. Avec son jeu autre qui ferait passer sans peine Nicolas Cage pour un modèle de sobriété même dans sa performance la plus portnawak, il est proprement hallucinant. Le souci c’est qu’il fait plus rire que peur…Il faut le voir, et surtout l’entendre, hurler ses « Braddooooock » dans toutes les intonations possibles à longueur de film pour mesurer l’ampleur de sa prestation. Il cite le nom de son ennemi pas moins de 24 fois (j’ai compté…) alors que sa présence à l’écran ne dépasse pas 20 minutes. Terrifiant ? Marrant plutôt. Et je me rappelle avoir vu cet opus 3 lors de sa sortie cinoche, un jeudi après-midi où un pote et moi avions brossé nos cours pour nous faire un après-midi 7ème art. C’était une de nos spécialités à l’époque d’ailleurs… Toujours le jeudi, les cours de cette journée étant des plus barbants. Alors vous comprenez aisément qu’il nous était bien plus agréable de voir Chuck dérouiller du vietcong. Et bien figurez-vous que notre jeu préféré à mon pote et moi pendant une semaine a été de hurler dans les couloirs de l’école des Braddooooock de haute volée. Que de souvenirs… On dit merci à qui ? A Aki ! 😊

L’histoire est simplissime (et ne suit aucunement le récit des deux autres, rappelons-le) : Chuck est marié à une autochtone et l’ordre d’évacuer le Vietnam est donné. Pensant sa femme morte dans un bombardement, Braddock, inconsolable – chez Chuck ça se résume à un clignement d’œil –, retourne dans sa chère patrie. Douze ans plus tard, un prêtre lui apprend qu’elle est vivante et qu’il a un fils. Ni une ni deux, notre colonel reprend du service pour tenter de les faire sortir du Vietnam. S’ensuit une action quasi non-stop avec tout ce qu’il faut de mitraillages, explosions, coups de pied retournés et membres fracturés. Du pur plaisir quoi, mis en scène sans gloire mais avec efficacité par Aaron Norris, frère de l’autre.

Et c’est dans ce dernier épisode que Braddock déclare dans la version française – nettement plus fun que la VO – ce qui constitue sans doute la meilleure punchline estampillée Chuck : « Je mets les pieds où je veux et c’est souvent dans la gueule ». Rien que pour ça… Dernière chose, juste pour l’anecdote : sachez que le prêtre qui avertit Braddock que sa femme est en vie s’appelle…Polanski. Quand on sait combien les membres du clergé apprécient les jeunes enfants et qu’un cinéaste franco-polonais portant ce doux patronyme n’est pas en reste en ce qui concerne le frottement – et plus si affinités – sur des filles à peine pubères, on peut trouver l’anecdote rigolote. C’est mon cas 😊.  

Portés Disparus : de Joseph Zito (1984) Avec : Chuck Norris, M.Emmet Walsh, James Hong, …

Portés Disparus 2 : de Lance Hool (1985) Avec : Chuck Norris, Steven Williams, Soon-Tek Oh

Braddock : Portés Disparus 3 : de Aaron Norris (1988) Avec : Chuck Norris, Miki Kim, Aki Aleong, …

(Dossier publié à l’origine dans le n° 1 du fanzine L’Appel d’Azatoth)

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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