LESBIAN VAMPIRE KILLERS

Chez l’homme, comme chez la femme, les fantasmes sont une réalité souvent inavouable, mais qu’il est difficile de nier. Il suffit de « surfer » sur la grande toile pour en faire le constat, tant les articles sur le sujet sont nombreux.
Évidemment je me suis renseigné, non mais dites,… je suis un pro moi !
Tous ces articles sont bien entendu écrits par d’éminents psychologues, quoique certains laisse planer le doute sur leur aptitude à porter ce « titre ». Enfin soit, on peut en faire le constat : Nous avons des fantasmes, assumons-les !
Dans le cinéma c’est pareil, des uns rêvent de voir leur super-héros préféré s’accoupler avec,… bon ok je sais trop avec qui, mais le mélange des genres, pourvu qu’il soit teinté d’érotisme, franchement ça fait super kiffer !

Prenez alors deux loosers, Jimmy et Fletch, et voyez un peu quelle torride aventure ils ont vécu.
Alors que Jimmy se fait plaquer par sa petite amie et que Fletch perd son boulot, après avoir rossé un gosse de sept ans, les deux amis décident de prendre un peu de bon temps en partant faire de la randonnée. Laissant le hasard décider pour eux, ils atterrissent à Cragwich, petit village perdu dans la campagne anglaise.
Au détour d’un chemin ils croisent une bande de jeunes filles, toutes étudiantes (mais sans Sophie Marceau, ouf!) qui auront tôt fait d’attiser la curiosité de nos aventuriers en herbe.
Ils ne le savent pas encore, mais le village est en proie à une malédiction : toutes les filles atteignant dix-huit ans se transforment en vampires lesbiennes !
Vu que nos gaillards sont en vacances, ils décident de rejoindre les demoiselles, lancées avec leur minibus sur le chemin qui les conduira à une auberge où loger gratuitement. Et même si le curé local les avertis du danger qui plane au-dessus d’eux, les garçons taillent le route et finissent pas tomber nez-à-nez avec les jouvencelles.
La nuit tombée, les premières vampires lesbiennes se manifestent, transformant alors les jeunes étudiantes en vampires peu farouches. Seule rescapée, Lotte, qui compte bien aider Jimmy et Fletch à se débarrasser de cette horde sauvage, et ainsi tenter de mettre fin à l’existence de Carmilla, la reine des vampires lesbiennes.
Et ça tombe plutôt bien figurez-vous : Jimmy n’est autre que le digne descendant d’un Baron, un Croisé qui, jadis, terrassa la reine qui eut juste le temps de lancer sa malédiction et sa prophétie !

Des vampires lesbiennes,… avouez que comme fantasme on pourrait faire pire, et celui-ci se laisse bien apprécier.
Pas seulement pour la plastique de rêve des actrices, mais bien parce qu’il s’agit d’un véritable film de genre, lequel fait inévitablement penser aux grands succès de la Hammer. Il mélange subtilement l’horreur gothique et l’érotisme, nous rappelant par ailleurs des films comme « Le Baiser du Vampire » ou encore « Twins of Evil ». Plus encore, il nous renvoie au classique de Roy Ward Baker : « The Vampire Lovers », qui évoque déjà fort bien le thème du vampirisme saphique.
Des détails qui ne trompent pas, et qui se prolongent jusque dans les décors particulièrement soignés et envoûtants. Le fait même d’utiliser un décor de nuit à peine éclairé, ne pourra duper personne.
Jusqu’à Paul McGann qui se la joue façon Peter Cushing, chose amusante puisque Cushing incarnera un certain « Doctor Who »,… comme McGann !
Les influences sont nombreuses, et « Lesbian Vampire Killers » se la jouant surtout sur le registre de la parodie, n’aurait-il pas été un peu – pour ne pas dire beaucoup – influencé par « Shaun of the Dead » ? Assurément oui, tant il creuse à fond le ton de l’humour déjanté, et cela s’avère plutôt efficace pour se surprendre à se fendre le poire face à ces deux lourdeaux hors catégorie.
On va prendre son pied, ou son pieu pour reprendre l’accroche, puisque rien ne nous est épargné : de la carte du lesbianisme utilisée sous tous les angles, surtout les plus charmeurs, en passant par quelques séquences gores – avec un peu de décapitations – sans oublier de faire place nette aux gags, souvent éculés, mais qui font toujours leur effet. Oui, « Lesbian Vampire Killers » peut s’enorgueillir d’être une vraie comédie bien burlesque, mais sincèrement on ne va pas se plaindre !

Il faut aussi l’avouer, le rythme frénétique y est pour beaucoup. Avec Phil Claydon aux commandes, lui-même survolté, le métrage n’a aucun mal à prendre son envol. Le réalisateur britannique se fait plaisir et on le ressent, davantage encore lorsqu’il s’amuse à présenter ses protagonistes comme les nouveaux sauveurs d’un monde qui recèle d’autres créatures du même genre. Il donne ainsi naissance à une nouvelle race de héros, dont la musique de Debbie Wiseman vient appuyer cet état de fait en les mystifiants. Phil Claydon nous offre alors l’entrée, le plat et le dessert en une seule fois, ce qui aura pour conséquence de ne jamais nous faire tomber dans l’ennui, plutôt nous faire languir dans l’attente de nouvelles scènes qui, de temps en temps, versent dans l’irrévérencieux. On ne pourra pas incriminer le réalisateur qui est un grand enfant à qui on a confié la tâche de créer un univers, aidé en cela par un duo de scénaristes tout aussi dingos : Stewart Williams et Paul Hupfield.
James Corden et Mathew Horne, eux, ont tout compris et c’est sans prise de tête, mais dans la bonne humeur, qu’ils jouent ces deux badasses un brin clichés, mais s’assumant totalement.
Ils sont drôles et un peu idiots, dés lors MyAnna Buring pourra mieux les surpasser grâce à ce courage qu’elle a au plus profond d’elle.
Au final, dans « Lesbian Vampire Killers » ce sont bien les femmes qui sont en tête d’affiche, nous rappelant à travers Jimmy et Fletch que nous sommes bien souvent un peu peureux face à nos fantasmes.

Vous allez prendre votre pieu ! Et non je ne veux pas savoir à quel pieu vous penser, merci !
Mais quoiqu’il en soit, vous allez surtout vous éclater face à cette comédie horrifique qui vaut vraiment le détour, et ici il ne sera pas mortel, juste sexuel !

De Phil Claydon (2009)

Avec: James Corden, MyAnna Buring, Mathew Horne, Ashley Mulheron,…

Ced Valentin
Avec un papa cinéphile qui me berça trop près du magnétoscope, il était tout naturel que j'attrape la bosse de la cinéphilie. Ainsi, de mes petits yeux émerveillés je pu découvrir tout un tas d'univers qui, aujourd'hui encore, me fascinent : Horreur, S-F, Action, Polar, Western,... des genres divers et variés que mon daron aimait partager avec un fiston qui en demandait toujours plus et plus encore ! L'âge adulte n'ayant rien arrangé, je continue à m'approvisionner à un rythme frénétique, à regarder le plus possible de péloches, histoire de satisfaire un appétit insatiable.

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