COMMANDO

Le Colonel John Matrix,ancien membre des troupes d’élite US, désormais retiré dans les montagnes avec sa fille Jenny, apprend par son ancien supérieur, le général Kirby, que ses anciens camarades sont assassinés les uns après les autres. En fait ces assassinats ne sont qu’une ruse de son ancien coéquipier, Bennett, afin de le retrouver et de le forcer à accomplir une mission : tuer Velasquez, le président du Valverde, et ainsi permettre au général Arius de reprendre le pouvoir.
La fille de Matrix est prise en otage et ce dernier, escorté par les sbires de Bennett, n’a désormais plus qu’une dizaine d’heures pour accomplir sa mission avant que Jenny ne soit exécutée. C’est cependant mal connaître Matrix, qui, aidé par Cindy, une hôtesse de l’air, va tout faire pour récupérer sa fille, tout en abattant tous ceux qui oseront lui barrer la route.

1985 : ado de 16 ans, la pub autour du dernier Schwarzenegger me fait saliver…Principalement sa phrase d’accroche : « Peu importe où, quand et comment, quelqu’un doit payer ! ». Boudiou que l’attente fut longue avant d’enfin le découvrir au ciné, une banane permanente aux lèvres…

2015, trente ans après, sortie du director’s cut en blu-ray (assez anecdotique, ce montage offre deux petites minutes en plus, des lignes de dialogues un peu différentes mais aussi quelques plans sanglants supplémentaires bienvenus). A peine reçu, mon gamin de treize ans à l’époque (il en a dix-huit à présent oui, vous calculez bien, bravo) voit la jaquette et me dit « Papa, il a l’air trop génial ce film, on le regarde quand ? ». Ni une, ni deux, le soir même, trop content de partager ce magnifique souvenir d’ado avec le mien (d’ado), j’enfourne la galette bleue dans le lecteur et c’est parti pour nonante deux minutes de pur bonheur jouissif, d’humour quasi permanent et de testostérone par paquets de douze.

Du nombre impressionnant de films d’action sortis dans les années quatre-vingts, Commando est probablement celui qui va le plus loin dans la folie et le délire assumé. Ne cherchez pas une quelconque vraisemblance aux exploits d’Arnold dans ce film, c’est peine perdue. Mais que c’est bon, que c’est fun… N’hésitant jamais à forcer volontairement le trait, le côté « over the top » est totalement revendiqué et porte le film au sommet du genre. Hormis la moitié du générique de début, soit à peine deux petites minutes où l’on peut voir un Arnold au sourire niais vivre une vie de papa gâteau avec sa fille adorée (il mange des glaces et nourrit les biches de la forêt, c’est dire comem la vie est belle…), c’est de l’action, de la baston, des poursuites, NON STOP. Avec, cerise sur le gros gâteau, un festival de punchlines dévastatrices (une fois n’est pas coutume, VF quasi obligatoire si on veut rester dans l’ambiance d’époque). Allez, pour la bonne bouche, je vous offre un florilège des plus emblématiques :

Matrix : T’es un marrant Sully.  J’t’aime bien, c’est pour ça que je te tuerais le dernier » . Et puis un peu plus tard : « Tu te souviens Sully ? J’t’avais promis que je te tuerais le dernier (…). J’t’ai menti » avant de le lâcher du haut de la falaise. Et juste après : Cindy : « Il est où Sully ? » Matrix : « Je l’ai laissé tomber »

Cooke : T’as la trouille mon salaud ? Ben tu devrais. Parce que le béret vert que t’as devant toi va te buter la gueule ! Matrix : » J’avale deux bérets verts au p’tit déjeuner, et justement, j’ai très faim » Cindy : « C’est pas vrai de voir deux machos pareils »

Matrix à l’hôtesse après avoir brisé le cou d’un méchant dans l’avion : « Ne réveillez pas mon ami, il est mort de fatigue »

Le Général Kirby : « Tu as laissé quelque chose pour nous ? » . Matrix : « Rien que des morts »

Arius : « Ton père semble se montrer coopératif, tu vas le retrouver très bientôt ! Ca sera chouette pour toi hein ? » Jenny Matrix : « Oui mais ça sera encore plus chouette de le voir buter votre sale gueule ».

Et le meilleur pour la fin : Bennett : « JOOOOOHN!! C’est pas entre les yeux que j’vais t’buter!! J’vais t’buter entre les couuuuuilles!! »

Quel bonheur non, franchement ?

Sinon, le film est un ode à la gloire d’Arnold et rien ne nous est épargné dans la glorification et l’iconisation du géant autrichien : il porte un tronc d’arbre sur son épaule, il arrache une cabine téléphonique ou un siège de voitureavec et casse un cadenas, le tout avec ses mimines, il se débarrasse de dix flics par la seule force de ses muscles dorsaux, et bien entendu, il dézingue à lui seul une armée de soldats qui, de bonne composition, lui facilitent bien la tâche en visant très mal et en prenant plaisir à se mettre dans la ligne de mire de ses nombreuses armes. Tout le métrage est taillé à la démesure d’Arnold. Mon gamin m’avait même dit : « il pourrait presque faire partie des Avengers tellement il est fort et indestructible ».  Et oui, mon fils, mais lui, il n’a pas de super-pouvoirs…Quoique…

L’assaut final du repaire d’Arius est démentiel : des dizaines de soldats abattus, d’autres explosés après de magnifiques sauts très graciles (les trampolines ont bien servi sur le tournage…), des bâtiments et des véhicules pulvérisés et au milieu, un Arnold stoïque, à peine égratigné…

Face à la bête Matrix, une galerie de méchants TRES méchants interprétés par de vraies « gueules » coutumières du fait : David Patrick Kelly (Sully), le rat musqué petit et teigneux ; Bill Duke (Cooke), le grand noir spécialiste du jeu mono-expressif ; Dan Hedaya (Arius) avec son léger strabisme et sa vraie folie et last but not least, Vernon Wells (Bennett), sosie guerrier de Freddie Mercury, affublé d’une cotte de mailles cachant mal un léger embonpoint. Parlons-en de ce Bennett : surjoué à l’extrême par Wells, totalement habité par son rôle, on se rend vite compte qu’au-delà de la haine qu’il porte à Matrix, c’est surtout sa frustration sexuelle qu’il sort par ses tripes lors du combat final : oui, il est amoureux de Matrix et on sent qu’une partie de « muscles en l’air » ne serait pas pour lui déplaire (les « Joooohn » langoureux qu’il lance tout au long de leurs échanges sont explicites de même que ses regards remplis d’une jouissance certaine).   

Sur une superbe partition musicale du regretté James Horner, Commando constitue un « must see » absolu si vous aimez le genre, une perle appartenant à une époque aujourd’hui révolue, un défouloir permanent. Oui, Commando c’est tout ça et bien plus encore. Inutile de terminer en disant que mon gamin avait adoré…que son papa était content d’avoir pu partager une pépite de son adolescence avec lui (il y en a eu et il y en aura encore beaucoup d’autres) et qu’on ne va pas tarder à revoir le film ensemble…avec une banane permanente aux lèvres…

de Mark L. Lester – 1985

Avec : Arnold Schwarzenegger, Rae Dawn Chong, Vernon Wells, Dan Hedaya, Bill Duke, David Patrick Kelly, Alyssa Milano, …

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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