Halloween 3 : Le Sang du sorcier (Halloween 3 : Season of the Witch)

Bon ok, Halloween, c’était il y a presque deux semaines, je suis en retard, je sais… Mais bon, en même temps, qui l’a vu passé cette année avec ce foutu virus ? Pas grand monde hein, nous sommes bien d’accord, et c’est bien dommage. Donc rien ne m’empêche de vous causer de ce Sang du Sorcier maintenant après tout.

« Bah, où c’est-y qu’il est Michaël Myers ? », se sont écriés les spectateurs venus voir cet Halloween 3 en salles en 1982… « Bah, il est pas là et c’est pas plus mal » leur aurais-je répondu si j’eus été là…

En effet, le gentil Michaël, héros des deux premiers volets de la saga à la citrouille, bien fatigué par ses exploits tranchants et ayant, comme tout le monde, le droit de se reposer, avait pris ses quartiers d’été sur une plage quelconque, histoire de se requinquer un peu avant de repartir au turbin. Dans ce troisième opus, il laisse donc sa place à une autre forme d’horreur, diablement intéressante et de bien plus grande ambition…

Un homme, un masque d’Halloween à la main, est amené à l’hôpital après avoir été poursuivi par des gars bien décidés à lui en faire baver. Semblant délirer et tenir des propos incohérents, il est pris en charge par le docteur Dan Challis (l’immense Tom Atkins). Peu de temps après son arrivée, le vieil homme est violemment assassiné dans son lit d’hôpital. Chalis tente de rattraper le meurtrier mais celui-ci se suicide dans sa voiture après s’être aspergé d’essence. Avec l’aide de la fille de la victime, Ellie Grimbridge (Stacey Nelkin), le médecin va alors mener son enquête pour découvrir les vraies raisons du meurtre. Ils se rendent jusqu’à Santa Mira, où les masques d’Halloween sont fabriqués. Sur place, ils vont découvrir les plans diaboliques de Conal Cochran (Dan O’Herlighy), le fabricant de jouets…

L’expérience d’Halloween 2 n’ayant pas vraiment été reposante pour John Carpenter (seulement producteur de cette séquelle, il dût seconder le réalisateur Rick Rosenthal et, dit-on, retourner certaines scènes), il a donc la lumineuse idée de tenter de faire bifurquer la saga vers une forme d’anthologie, chaque épisode devant raconter une histoire indépendante qui sortirait à la même période, Halloween donc (ben oui, pas à Pâques, faut suivre un peu…).

Exit donc l’homme au faciès de William Shatner et place à un méchant qui envisage l’exécution en masse et pas au détail… C’est que le Cochran (épatant Dan O’Herlighy, tour à tour affable puis proprement terrifiant), il voit grand, il voit large. Pas de babysitter en détresse à trucider, c’est trop petit joueur. Lui il rêve de meurtres à grande échelle et pour cela il va mélanger anciens rites celtes (à l’origine de la fête d’Halloween, rappelons-le) et technologies modernes (enfin, pour l’époque). C’est en effet par le biais d’un morceau de roche délicatement prélevé sur le site de Stonehenge que Cochran va tenter de déployer ses forces maléfiques en associant cet objet mythique à une batterie d’ordinateurs. Et par quel vecteur le bougre compte-t-il répandre le mal ? Et bien par celui qui le fait déjà au jour le jour, toutes époques confondues : la télévision pardi ! Un spot publicitaire envoûtant, ponctué par une ritournelle entêtante, impossible à oublier après visionnage du film, sera en effet à la base de l’enfer sur terre voulu par Cochran (au cas où, je vous la fais : “ Happy Happy Halloween, Halloween, Halloween, Happy Happy Halloween, Silver Shamrock ! “ . On dit merci à tonton Ash pour nous avoir mis cette chanson en tête…).

Pour tenter de le contrecarrer dans ses plans machiavéliques, qui d’autre que cette bonne vieille trogne de Tom Atkins ? Un habitué de Big John (Fog, New-York 1997) mais aussi présent dans moult films excellents qu’on ne saurait trop vous recommander (Maniac Cop, La Nuit des sangsues, L’Arme fatale, Creepshow, excusez du peu, Tom je t’aime ! ) et qui trouve ici un nouveau rôle à sa mesure. Interprétant un anti-héros très « carpenterien » tantôt porté sur la bouteille, tantôt dragueur invétéré, notre buriné préféré s’accoquine donc avec la fille de la première victime, qu’il s’enverra en passant (bah oui, tant qu’à faire…), pour démêler les fils de l’entreprise démoniaque de Cochran.

Nous suivons donc une histoire parfaitement ficelée, rappelant de manière non innocente les films d’invasion des années 50, référence avouée, tels le Body Snatchers de Don Siegel ou Le Village des Damnés de Wolf Rilla. A noter que le scénario est écrit au départ par Nigel Kneale, scénariste de la série Quatermass pour la BBC, ce qui explique le ton plutôt anglo-saxon du métrage. Mais il fut repris en mains par la suite afin d’injecter des éléments plus horrifiques et visuellement choquants, au grand désespoir de Kneale.

Réalisé de main de maître par l’habile Tommy Lee Wallace, membre émérite de l’écurie de Big John, ce Sang du Sorcier a vraiment un goût exquis, alimenté par des scènes gore du plus bel effet. On retiendra celle du visage défiguré au laser ou encore celle du gosse pourri-gâté, qui va aussi…gâter, son faciès pourrissant se retrouvant dévoré par des insectes grouillant sous son masque de citrouille, ses parents subissant un sort semblable dans la foulée. De plus, une fin nihiliste à souhait, bienvenue car quasi inévitable vu les puissances en présence, vient parachever l’ensemble de la plus belle des manières.

Las, l’échec public du film (à peine 14 millions de dollars de recettes, plus mauvaise score de la saga) tua l’idée de l’anthologie après ce seul opus et poussa les producteurs à ramener sur le devant de la scène le brave Michaël, pour le plus grand plaisir de ses fans mais aussi pour des séquelles très inégales, il faut bien le reconnaître…Peut-être, comme l’ont signalé plusieurs membres de l’équipe de tournage, que le tort a été de rattacher cet opus à la saga Halloween par son titre. Ne garder que son sous-titre, Le Sang du Sorcier (ou Season of the Witch en VO), aurait sans doute été préférable à la poursuite de cette idée d’histoires annuelles indépendantes, somme toute vraiment alléchante.

Mais comme les choses sont parfois bien faites, le temps a fait son œuvre et ce film, longtemps considéré comme le vilain petit canard de la franchise, est réévalué à sa juste valeur et de plus en plus apprécié par les amateurs de fantastique bien torché. Personnellement, et malgré tout l’amour que je porte à l’opus originel de Big John et à sa plutôt bonne suite directe, je ne suis pas loin de considérer ce numéro trois comme le meilleur volet de la saga.

Allez, pour terminer, juste pour le fun et pour pourrir votre journée, reprenez tous avec moi : “ Happy Happy Halloween, Halloween, Halloween, Happy Happy Halloween, Silver Shamrock ! “

de Tommy Lee Wallace

Avec : Tom Atkins, Stacey Nelkin, Dan O’Herlihy, Nacy Kyes, Ralph Strait…

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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