L’Arme Fatale (Lethal Weapon)

Policier à la brigade criminelle, Roger Murtaugh (Danny Glover), venant de fêter ses cinquante ans, mène une vie paisible auprès de sa femme et de ses trois enfants. Il est appelé sur les lieux d’un suicide et découvre que la jeune femme qui s’est défenestrée, Amanda, n’est autre que la fille d’un de ses amis du Vietnam, Michaël Hunsaker (Tom Atkins). Au même moment, Martin Riggs (Mel Gibson), flic de la brigade des stupéfiants et plutôt instable depuis le décès de son épouse, est nommé pour devenir le co-équipier de Murtaugh. Leur enquête commune va les emmener dans une histoire à grande échelle mêlant drogue, prostitution et pornographie…

Si L’Arme Fatale n’est pas le premier buddy-movie de l’histoire (on se souvient entre autres de l’excellent 48 heures de Walter Hill), il est clair qu’il a été le déclencheur d’une mode dans laquelle se sont engouffrés bon nombre de cinéastes, pour le meilleur (Tango et Cash, Le Dernier Samaritain, Midnight Run, …) et le pire (qui a dit Rush Hour ?).

Là où le scénario de Lethal Weapon fait fort, c’est que s’il utilise les ressorts de scènes de comédie vraiment drôles nées de l’antagonisme initial entre les deux flics, il n’en oublie pas moins de raconter une histoire solide (avec un scénario en béton, plus tortueux qu’il n’y paraît) et surtout assez noire notamment par la nature effrayante des bad-guys et bien entendu la personnalité suicidaire du personnage campé par Mel Gibson. Un récit costaud donc, signé de l’excellent Shane Black, dont les autres faits d’armes s’intitulent Predator, Au Revoir à Jamais, Le Dernier Samaritain (tiens, tiens on en reparle…) ou encore Last Action Hero. Excusez du peu…

S’ouvrant sur une scène tétanisante de froideur où une belle jeune fille, le sourire aux lèvres, se jette d’un building pour venir s’écraser sur le toit d’une voiture, L’Arme Fatale donne directement le ton : jusqu’au-boutiste. Et la suite sera à l’avenant, les passages violents étant légion, parsemant le film d’images crues et dures. Ainsi la longue séquence de torture des deux héros, très graphique, fait réellement mal.

Après une première partie de métrage plus calme, présentant les personnages et affinant leur relation, la seconde enchaîne les séquences badass et se ponctue par un mano a mano sec et violent entre Gibson et cette bonne vieille trogne de Gary Busey, toujours là quand il faut jouer les sales types. Leur affrontement sous un déluge provoqué par la rupture d’une bouche à incendie est un climax somptueux, la réalisation de Donner collant au plus près des corps sans jamais que la scène soit illisible.  

L’aspect « rentre-dedans » du film est bien évidemment surtout caractérisé par le personnage de chien fou de Mel Gibson. Dévasté par la mort de sa femme, cet homme n’est plus qu’une loque qui ne se raccroche qu’à son boulot et qui se fiche, semble-t-il, de la vie. La scène où il se met un pistolet dans la bouche, arrêtant son geste fatal au dernier moment ou encore celle où Murtaugh lui colle un flingue sur la tempe afin de voir jusqu’où il veut aller, sont d’une puissance évocatrice assez rare pour un film de ce genre. Et lorsque les scènes deviennent plus intimistes entre les deux personnages principaux, le jeu de Glover et Gibson sait aussi se faire plus fin, le premier jouant un rôle de grand frère pour le second et l’aidant ainsi à vaincre ses démons.

L’interprétation est, vous l’aurez compris, un des points forts du film. Le couple Glover-Gibson fonctionne à merveille tout comme celui des deux crapules en chef, composé de Gary Busey, déjà cité, et de Mitch Ryan. Leur relation mentor-soldat est également une des pièces d’achoppement du récit. Pas question de rigolade entre ces deux mecs, c’est un réel couple d’ordures qui n’est pas là pour balancer des vannes foireuses. Il faut également signaler l’apparition de l’excellent Tom Atkins, un des acteurs fétiches de Big John Carpenter, dans un rôle malheureusement assez court. Revoir cet excellent acteur est toujours un réel plaisir.

Premier volet d’une tétralogie, c’est aussi, à mon humble avis, le meilleur, même si le deuxième est également d’un très haut niveau (et puis le charmant minois de Patsy Kensit…love…) tandis que les épisodes trois et quatre, certes plaisants et loin d’être honteux, verseront un peu trop dans la gaudriole, éloignant furieusement l’ensemble de la noirceur du premier épisode.

L’Arme Fatale, plus de trente ans après sa sortie, reste un sommet du genre n’a pas vieilli d’un iota. Décidément, nous n’avons pas passé l’âge pour ces conneries…

de Richard Donner (1987) – Scénario de Shane Black

Avec : Mel Gibson, Danny Glover, Tom Atkins, Gary Busey, Mitch Ryan, …

Evil Ash
Possédé par le démon du cinoche et ses déclinaisons depuis que Jason étripe les ados en chaleur,je le kiffe sous toutes ses formes : généreuses,plantureuses ou plus fines. Tous les genres y passent et, comme avec un gros gâteau plein de crème (pas) fraîche, je n'en suis jamais repu ! J'en veux, encore et encore ! Bedeliaaaaa,je veux mon gâtôôôô !

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